‹ Les petits Bollandistes (volume 5)Chapitre 168 sur 220 · LE VÉNÉRABLE ALVISE, ÉVÊQUE D’ARRAS ET CONFESSEUR · texte numérisé non relu

LE VÉNÉRABLE ALVISE, ÉVÊQUE D’ARRAS ET CONFESSEUR

Alvise naquit dans l’ancien diocèse de Thérouanne, à la fin du onzième sièele, et entra, jeune encore, à l’abbaye de Saint-Bertin pour s'y former à la science et à la vie religieuse.

Il devint prieur de Saint-Vaast d'Arras. Après deux années de séjour dans cette abbaye, les religieux d'Anchin, vivement solhcités par l’abbé de Saint-Bertin d'adopter la réforme de Cluny, élurent Alvise pour les gouverner (1112). Il emporta les regrets unanimes des religieux d’Arras, et lai-même abandohna avec beaucoup de peine cette communauté. Bientôt on vit briller à Anchin, coinme à Saint-Vaast d'Arras, toutes les vertus monastiques.

Depuis près de vingt années déjà l’abbaye d’Anchin prospérait sous la sage direction d’Alvise, lorsqu'il fut élu évêque d'Arras, en 4134. Il lémoïigna, en apprenant son élection, de vives répugnances, et répondit par un refus. Il fallut que le pare Innocent H, qui se trouvait alors à Pontoise, lui enjoignit de se soumettre et d'accepter. Le roi de France, Louis le Gros, lui écrivit aussi pour le presser de permettre qu’on lui imposât les mains. Il écrivit en même temps à Thierry d'Alsace, comte de Klandre, ainsi qu'au clergé et au peuple d'Arras, pour les féliciter sur cette élection. Dès la première année de son épiscopat, Alvise s’appliqua à réformer les maisons religieuses, persuadé que leur bonne direction est de nature à procurer l'édificalion publique et à attirer sur un diocèse les bénédictions du ciel. En 1134, il se rendit, avec son métropolitain, l’archevèque de Reims, au concile de Pise où se lrouva saint Bernard, et qui eut pour résultat l’excommunication de l’antipape Anaclet, compétiteur d’Innocent IL. En revenant en France, l'évêque d'Arras fut arrêté et maltraité par des gens du parti de l’antipape. Plusieurs autres prélats furent saisis en même temps et partagèrent sa captivité. Cette arrestalion ne fut point de longue durée.

Ami et compatriote du célèbre Suger, abbé de Saint-Denis, Alvise fut invité par cet homme d'Etat (1144), à assister à la consécration de l’église de son monastère, monument non moins remarquable par le style de son architecture et la richesse de sa décoration, que par sa destination à devenir la sépulture des rois de France. Dans la croisade prèchée par saint Bernard et conduite par Louis VE, Alvise fut envoyé, comme ambassadeur, près de l'empereur grec Manuel Comnène, pour lui demander passage sur ses Elats; mais il tomba malade à Philippe et y mourut (1147). Son corps fut inhumé hors de la ville, dans l’église de Saint-Georges, devant l'autel, où son tombeau devint un objet de vénération.

Parenty, chanoine d'Arras, dans le Zégendatre de la Morinie.

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