SAINT ÉTIENNE DE CHATILLON, ÉVÊQUE
peu de temps. Dieu, voulant terminer son laborieux pèlerinage et l’introduire dans l’héritage de la céleste patrie, lui envoya une maladie qui changea en tristesse la joie que son Eglise avait de le posséder. L’amour que son clergé et les laïques lui portaient, parut dans les soins que chacun voulait lui prodiguer, et vint adoucir les souffrances qu’endurait ce saint pasteur. Il avait annoncé l’heure de sa mort, et en l’attendant avec une tranquillité admirable, il bénissait son peuple et son clergé, les exhortait à vivre dans une grande concorde, priait avec ferveur et donnait ses avis sur ce qu’il y aurait à faire quand il ne serait plus parmi eux. Pendant qu’on lui administrait les derniers-‘sacrements, qu'il reçut avec la plus touchante piété, une femme malade et abandonnée des médecins, lui demanda une bénédiction particulière. Le moribond étendit vers elle une main défaillante, et appela sur sa tête les dons du ciel qu’elle réclamait pour sa guérison. Au grand étonnement de tous les assistants, cette femme, pleine de foi, s’en retourna comme celle qui avait mis tant d’empréssement à toucher les habits de Jésus-Christ. C’est ainsi que cet homme de Dieu rendit la santé aux autres, tandis que lui-même, affaibli par la maladie, s’en allait mourant ; mais il ne demandait point pour lui la même faveur, car il témoignait par ses vœux le désir qu'il avait d’aller bientôt finir dans le ciel cette longue prière qu'il avait commencée sur la terre. Ce moment heureux pour lui arriva le ‘7 septembre 1208. Il était âgé de cinquante-trois ans, et en avait passé vingt et un dans la Chartreuse de Portes et six dans lépiscopat. Sa dépouille mortelle fut ensevelie dans la chapelle dédiée à la sainte Vierge, dans sa cathédrale.
Saint Etienne est ordinairement représenté en chaire, et tandis qu’il prêche on voit apparaître des démons au milieu de l'auditoire. Le Saint les avait forcés de venir rendre témoignage par leur présence à ses parolessur la sanctification du dimanche méprisée et profanée par le peuple.
CULTE ET RELIQUES
Aussitôt après sa mort, des guérisons miraculeuses se firent tous les jours à son tombeau et engagèrent l'archevêque de Vienne et ses suffragants à écrire au pape Grégoire IX pour lui demander que le saint évêque fût inscrit au catalogue des Saints. Le souverain Ponlife permit de rendre un culte public au saint thaumaturge et d'implorer sa protection. Dès lors la foule des solliciteurs redoubla, et le tombeau du’ saint Evèque devint si illastre que chaque nouvel évèque de Pie y allait faire une prière avant de prendre possession et jurait sur la relique de respecter les exempüons du chapitre. Cependant le Calvinisme s’élant introduit dans Le Dauphiné, pénétra dans la ville de Die, et dès lors la dévotion à saint Etienne diminua avec la foi aux vérités saintes. La rage des Huguenots les porta à détruire les églises et à brûler les reliques des Saints. Maitres de Die, ils ouvrirent le tombeau de saint Elienne; son corps, qu'ils trouvèrent encore entier comme au moment de sa mort, ne sut pas commander leur respect. Ils l’enlevèrent et le jetèrent au feu, l'an 1561.
Mgr Devie, voulant faire honorer dans son diocèse un si puissant protecteur qui lui appartient par sa naissance, a fait insérer son nom dans le calendrier, et ordonné que l'office en serait fait désormais le 7 du mois de septembre.
Extrait de l'Æistoire hagiologique du diocèse de Belley, px Mgx Depéry. — Cf. Surius; Acta Sanetosum; Gallia Christiana ; De rebus gestis episcoporum Diensium, par Jean Colombi; Chronicum eharlusia num, par Pierre Dorland, chartreux ; Æphémérides de l'Ordre des Charlreux, par Dom Levasseur; es Y'Æislotre de Bresse, par Samuel Guichenon.
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