‹ Les petits Bollandistes (volume 5)Chapitre 19 sur 220 · DIX-SEPTIÈME ÉVÉQUE DE CHALONS-SUR-MARNE ET CONFESSEUR · texte numérisé non relu

DIX-SEPTIÈME ÉVÉQUE DE CHALONS-SUR-MARNE ET CONFESSEUR

Elaphe naquit à Limoges, et eut pour père Léon. Dès son enfance il s’adonna tout entier à la piété. 11 observait les lois divines avec une fidélité rare, et se conduisait avec tant de sagesse, qu'on ne remarqua jamais rien dans ses discours et dans ses mœurs qui fût inconvenant, ni qui se ressentit de la jeunesse. Quand il fut monté sur le trône épiscopal de Chälons (572), il se montra un modèle parfait de toutes les vertus, donna l'exemple de toutes les bonnes œuvres, se fit chérir des princes par sa science et sa sainteté. Sa renommée se répandit au loin. Son père étant mort, il était devenu maître de son héritage. Il voulut en faire un saint usage. De corcert avec son frère Lumier, déjà diacre, is dotèrent l'église de Saint-Etienne de Châlons de quaforze villages avec tous leurs droits et appartenances. Gilles, archevêque de Reims, souscrivit à cette donation. Embrasé du zèle de la gloire de Dieu et du salut des âmes, Elaphe songea à élever un monument digne de sa ville épiscopale. Il consacra de grosses sommes d'argent à bâtir une cathédrale proche des Sibylles, au lieu où elle est à présent. Mais il ne lui fut pas donné de couronner son œuvre.

Pendant environ quatorze ans qu'Elaphe fut évêque de Chälons, il remplit parfaitement les devoirs de bon pasteur. Il prêchait de paroles et d'exemples, assistait libéralement les pauvres de ses grands biens, allait même chercher les malades pour les soulager dans leurs infirmités, les consolait par de douces paroles et leur administrait les sacrements.

Saint Elaphe fut honoré d’une mission de confiance, mais qui lui devint fatale. La reine Brunehaut l’envoya en Espagne pour avoir des reliques de la vierge sainte Eulalie, et les rapporter en France. Mais une fièvre violente, causée par les fatigues du voyage et par les grandes chaleurs, le surprit en chemin et l’enleva à l'amour de son peuple. Son corps fut rapporté dans sa ville. Son décès est marqué le 49 août de l’an 587.

On l’enterra dans la nef de l’église de Saint-Jean-Baptiste, au côté droit du crucifix. Mais les miracles ayant continué d’attester sa sainteté, on plaça ses reliques dans une belle chäâsse, que l'on déposa dans l’église de Saint-Pierre, où il fut toujours révéré comme saint. Ce fut Guidon I, cinquante-deuxième évêque, qui en fit la translation en l’année 4145. Depuis la destruction de l'abbaye de Saint-Pierre, ces précieuses reliques furent transportées dans l’église du saint précurseur, ef c’est encore là maintenant qu’on les présente à la vénération des fidèles.

On célèbre la fète de saint Elaphe le 19 août.

Extrait des Beautés de l’histoire de la Champagne, par l'abbé Boitel.

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