LE BIENHEUREUX GUERRIC DE TOURNAI, ABBÉ D’IGNY
AU DIOCÈSE DE CHALONS (vers 1157).
Le bienheureux Guerric était de Tournai, ville forte de Belgique, dans le Hainaut ; il devint chancine et écolätre de cette ville. Entendant parler de saint Bernard et des merveilles de Clairvaux, il voulut voir par lui-même ce qui en était et partit en 4134 pour se rendre à ce monastère. Son dessein était de retourner ensuite dans sa patrie. Mais la parole de saint Bernard fil sur son cœur un effet merveilleux. Il embrassa la vie monastique et devint l’un des premiers disciples de Fabbé de Clairvaux. Humbert, abbé d'Igny, au diocèse de Chälons, s’élant démis de sa charge, ce
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fut Guerric qui vint le remplacer en 1138. Le nouvel abbé, à l'exemple de son maître, s’appliqua surtout à instruire ses frères par ses paroles et à les édifier par ses exemples. Il montra une patience admirable dans de longues et cruelles maladies qui vinrent l’assaillir. Quand il sentit sa fin approcher, il se fit apporter un recueil d’homélies qu'il avait composées et le mit au feu. 11 craignait de transgresser la règle qui défend de rien publier sans l’assentiment du conseil général. Mais ses disciples en avaient des copies, et ces copies ont été imprimées et ont prouvé le talent du bienheureux Guerric. Ses œuvres offrent une morale solide, des pensées souvent neuves et des traits sublimes. Le bienheureux Guerric mourut le 49 août 1157.
Ses Sermons ont eu plusieurs éditions. Jean de Gaigny, chancelier de l’Eglise et de l’Université de Paris, donna, par ordre de François Ier, une de ces éditions, d’après un exemplaire de l’abbaye de Vaulaisant, sous ce titre : Divi Guerrici abbatis Igniacensis sermones antiqui, eruditionis et consolationis pleni, Paris, 1539, in-8o : elle fut reproduite en 1547, et suivie d'une traduction française par le même. Une autre édition de ces Sermons, corrigée sur d’anciens manuscrits, parut à Anvers en 1546; une troisième fut imprimée à Paris en 1563 ; une quatrième à Lyon en 4630. Le texte de celle d'Anvers a été inséré dans les grandes Bibliothèques des Pères de Cologne et de Lyon, et dans la Bibliothèque des Prédicateurs du Père Combeñs. Trithème attribue au bienheureux Guerric un volume de Lettres, Sanderus des Commentaires sur les Psaumes, et le Père Lelong un Commentaire sur saint Matthieu.
Cf. Continuateurs de Godescard.