NOTRE-DAME DE BON-ESPOIR, A DION
L'église Notre-Dame de Dijon est aux yeux de l'artiste un chef-d'œuvre d'architecture. Rien de plus élégant que son péristyle, autrefois peuplé de statues, décoré d’emblèmes et d'inscriptions, peint et doré ; rien de plus hardi que sa voûte aérienne « qui se soutient d'elle-même et semble dédaigner tout autre appui ». On la dirait suspendue aux mains des anges. Rien de plus gracieux que ses colonnettes fuselées qui découpent les galeries du chœur, de la grande nef et du portail, ou s’élancent en faisceaux jusqu’à la voûte, et là se courbent en délicates nervures. C’est un bijou. Aux yeux da
chrétien c’est plus encore, c’est un monument de la piété de nos pères et de leur dévotion à l’image miraculeuse de la Vierge-Noire, Notre-Dame de Bon-Espoir.
Cette image, vénérée, dès le xr° siècle, sous le titre de Notre-Dame de Bon-Apport, dans la chapelle de Notre-Dame du Marché /de Foro), hors des murs de Dijon, attirait tant de pèlerins que des chanoines de Saint-Etienne firent une œuvre pie en bâtissant un hospice pour les héberger. En 1252, soit que ce sanctuaire fût devenu trop étroit pour contenir la foule, soit qu'il menaçât ruine, les Dijonnais élevèrent pour le remplacer l’église, actuelle de Notre-Dame, et y disposèrent, afin de recevoir la sainte image, une chapelle voûtée, sans fenêtres, haute de vingt pieds et couronnée d’une galerie circulaire. Cette chapelle fut aussitôt la plus fréquentée : le peuple y suivit sa Reine, se pressa aux pieds de son trône de grâces et couvrit les murs d’ez-voto, témoignages plus nombreux chaque jour de sa gratitude et de la bonté de Marie. C’étaient des lampes en vermeil et en argent, qui brülaient nuit et jour ; des flambeaux, symboles d’une ardente dévotion; des tableaux qui rappelaient les grâces obtenues ; des mains, des bras en argent ou en cire, des béquilles sans nombre... Aux colonnes qui soutenaient la voûte, comme à la tour de David, pendaient des boucliers, des écus, des épées, des armes de toute espèce, des étendards consacrés à la sainte Vierge par des héros et des ducs de Bourgogne, comme des trophées que lui érigeait la reconnaissance.
L'un des tableaux représentait Philippe Pot, seigneur de la Roche-Nolay, grand champbellan de Bourgogne et chevalier de la Toison-d’Or, à genoux devant Notre-Dame de Bon-Espoir avec sa devise Zunt L vaut, en souvenir d’une grâce merveilleuse dont il se crut redevable à Notre-Dame. Entraîné par le zèle de la religion et l’amour de la gloire si naturel aux nobles cœurs, il était allé au secours de Constantinople assiégé par les Turcs. Trahi par la fortune, il tomba aux mains des janissaires qui le conduisirent à Mahomet IT et lui racontèrent combien vaillamment ce gentilhomme s’était battu. Le sultan admira son air noble, son courage et sa fierté, et essaya de l’attirer à son service. Philippe, en vrai chevalier chrétien, résista aux promesses et aux menaces, aux égards et aux mauvais traitements. Mahomet dépité lui dit : « Si tu peux vaincre l’ennemi que je t’opposerai, je te renverrai dans ta patrie ». Philippe tout joyeux invoque Notre-Dame de Bon-Espoir dont il porte l’image sur lui et attend le combat. Le jour venu, on l’amène dans une espèce de cirque, en présence du sultan entouré de sa cour, on lui donne un cimeterre, et on lâche contre lui un lion furieux et affamé. A la vue de cet adversaire, le héros chrétien lève son regard vers le ciel, invoque la sainte Vierge et s’écrie : Tant L vaut. Le lion rugit et s'élance, mais d’un coup de cimeterre il lui coupe les deux pieds de devant, d’un autre coup lui enlève la langue, et le perce au cœur en répétant son cri de victoire : Tant L vaut! Mahomet tint parole ét le renvoya libre.
Un autre tableau en tapisserie qui orne maintenant l'Hôtel de Ville atteste la protection dont la sainte Vierge entoura Dijon, en 1513. Assiégée par quarante mille Suisses, la cité avait jeté vers Louis XII un cri de détresse ; mais le roi, obligé de défendre ses frontières du nord contre l’empereur et le roi d'Angleterre, et de veiller sur la Guyenne menacée par les Espagnols, ne put envoyer que six mille hommes, sous la conduite de la Trémouille. La place n’était pas en état de défense et, malgré les prodiges de valeur, elle allait succomber. La Trémouille demanda à capituler ; les conditions qu’on lui fait sont inacceptables.… Dans cette détresse la population entière accourt