‹ Les petits Bollandistes (volume 5)Chapitre 207 sur 220 · NOTRE-DAME DE BENOÎTE-VAUX, AU DIOCÈSE DE VERDUN · texte numérisé non relu

NOTRE-DAME DE BENOÎTE-VAUX, AU DIOCÈSE DE VERDUN

l’histoire complète de cette chapelle nous échappe non moins que son origine. Cette histoire existe cependant, composée par la foi de nos pères et la miséricordieuse puissance de notre Mère du ciel. Les Anges la savent. Pour nous, réduits à des soupçons qui sont encore pleins de charmes, nous voulons dire au moins ce que nous avons retenu des anciennes traditions de notre pays et ce que nous ont appris quelques rares documents et surtout un précieux manuscrit de 1713, dû à la pieuse érudition d’un vénérable curé de la paroisse d’Allauch.

Dès les premiers âges de l'Eglise, les religieux Cassianites vinrent établir au quartier de Saint-Pierre un couvent, autour duquel ils attirèrent bientôt un certain nombre de cultivateurs qui défrichèrent les terrains de cette localité. Les fils de saint Cassien, frappés de la beauté du site où s'élève aujourd’hui le sanctuaire de Notre-Dame du Château, fondèrent sur ces hauteurs un modeste oratoire en l’honneur de la très-sainte Vierge. C’est là qu’ils se rendaient, à certaines époques de l’année, avec tous leurs sujets, pour offrir à la Reine des cieux, avec le tribut de leur foi et de leur amour, d’humbles, mais sincères offrandes.

Peu à peu les habitants de Saint-Pierre, ainsi que les paysans de la vallée de l’'Huveaune, ou quartier de Laza, suivant les goûts ou cédant aux nécessités de ces temps encore barbares, abandonnèrent la plaine et vinrent fixer leurs demeures au pied de la chapelle de Marie. Ils devaient, en changeant de position, changer aussi de maîtres. Le vénérable chapitre de la Major ne tarda pas, en effet, à succéder aux religieux de Saint-Pierre dans la possession de ce territoire. Le nouveau seigneur bâtit, sur la montagne, un château flanqué de tours et entouré de remparts, dont on retrouve encore aujourd’hui des vestiges à demi effacés. Cette grandiose et formidable demeure, où les membres du sacré Chapitre venaient s’abriter au temps des vacances, fut placée sous la protection de celle que l’Eglise appelle la Tour de David. Le modeste oratoire des Cassianites fut remplacé par la chapelle actuelle qui dominait le château et toute la contrée environnante. Depuis cette époque, Marie a toujours été invoquée dans ce sanctuaire sous le titre de Notre-Dame du Château, et sa fête est restée fixée au 8 septembre, jour où l'Eglise célèbre sa glorieuse Nativité.

Nous devons cette notice à l'obligeance de M. Antoine Ricard, chanoine honoraire de Marseille.

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