‹ Les petits Bollandistes (volume 5)Chapitre 51 sur 220 · XXIV' JOUR D’AOUT · texte numérisé non relu

XXIV' JOUR D’AOUT

MARTYROLOGE ROMAIN

Saint BARTHÉLEMY, apôtre, qui prècha l'Evangile de Jésus-Christ dans les Indes, revint de Là dans la Grande-Arménie, où, après avoir fait plusieurs conversions, il fut écorché vif par les barbares, et, ayant été décapité sur l’ordre du roi Astyage, il acheva son martyre. Son saint corps fut apporté premièrement dans l’île de Lipari, puis à Bénévent, enfin à Rome, dans l’île du Tibre, où ii est honoré par la pieuse vénération des fidèles. Vers l'an 71. — A Carthage, trois cents bienheureux Martyrs, du temps de Valérien et de Gallien. Après plusieurs autres supplices, le président ayant ordonné d'allumer un four à chaux, et s'étant fait apporter des charbons avec de l’encens, leur dit : Choisissez l’un ou l’autre, ou d'offrir de l’encens à Jupiter sur ces charbons, ou d’être plongés dans cette chaux ; alors, armés de leur foi, et confessant que Jésus-Christ est véritablement le Fils de Dieu, ils se jetèrent tous ensemble dans le feu, et furent réduits en poudre dans les vapeurs de la chaux ; d’où cette blanche armée de bienheureux mérita d’être appelée la Masse-Blanche 1. 258. — À Népi, saint Ptolomée, évêque, disciple de l’apôtre saint Pierre, par

1. ! y avait à Utique une église en l'honneur de ces Martyrs : on l'appelait la basilique de la Masse Blanche. Saint Augustin y prononça un des sermons que nous ayons de lui sur les Psaumes (Ps. CXLIV) . il fait allusion au supplice de ces généreux athlètes de la foi. — Ils jouissaient aussi d'un culte particu— lier à Carthage, soit qu’on y eût transporté les ossements de plusieurs d'entre eux, soit que saint Cyprien, avant de mourir, les eût fait adopter par son Eglise, en considération de ceux d’entre eux qui étaient de sa ville épiscopale ou de son diocèse. — Baillet.

qui fut envoyé en Toscane pour prêcher l'Evangile ; il mourut dans cette ville en glorieux martyr de Jésus-Christ. 7 s.— À Népi, encore, saint Romain, évêque de la même ville, qui, étant disciple de saint Ptolomée, fut aussi le compagnon de son martyre. 1er s.— A Ostie, sainte Aurée, vierge et martyre, qui fut jetée dans la mer, avec une pierre au cou; son saint corps, que les flots avaient rejeté sur le rivage, fut enseveli par saint Nonne. 1119 s.— En Isaurie, saint Tation, martyr, qui, ayant été décapité durant la persécution de Dioclétien, sous le président Urbain, reçut la couronne du martyre. Vers 304. — Le même jour, saint Eutyche, disciple de saint Jean l’Evangéliste, qui, ayant souffert la prison, le fouet et le feu en différents pays, pour la prédication de l'Evangile, mourut enfin d'une mort tranquille. Fin du 1° ou commencement du 11° s. — De plus, saint George Limniote, moine, qui, ayant repris l’impie Léon, empereur, de ce qu’il brisait les images et brülait les reliques des Saints, eut, par son ordre, les mains coupées et la tête brûlée, et s’envola vers le Seigneur avec l'honneur du martyre. vire s. — À Rouen, saint OUEN, évêque et confesseur. 684. — A Nevers, saint Parrize ou Patrice 1, abbé. Vers 700.

MARTYROLOGE DE FRANCE, REVU ET AUGMENTÉ

À Desvres (Pas-de-Calais, arrondissement de Boulogne-sur-Mer), au diocèse d'Arras, sainte Avia ou Aurea, une des compagnes de sainte Ursule. L’embarcation qui la portait d'Angleterre en France fut jetée sur la côte : Aurea échappa au naufrage et alla s'établir dans la forêt de Desvres. Une irruption de barbares étant venue jusqu’à sa modeste cabane, la jeune vierge eut d’abord les yeux arrachés, puis la tête tranchée, en défendant sa chasteté. Des pèlerins nombreux allaient autrefois visiter l'antique demeure de la vierge martyre où une petite chapelle avait été construite en son honneur, avec une habitation pour un solitaire. Depuis la Révolution, le culte et le nom de cette sainte sont tombés dans un oubli complet. — Au diocèse d’Autun, saint EPTADE, solitaire à Cervon, près de Corbigny, au diocèse de Nevers. 525. — Au diocèse du Mans, saint RIGOMER et sainte TÉNESTINE, solitaires. Vie s. — Au diocèse de Cologue, le bienheureux SAUDRADE, abbé du monastère bénédictin de Gladebach /Gladbacense monasterium) et confesseur. 985. — Au diocèse d'Evreux, mémoire de saint Agofroi ou Godefroy, abbé du monastère bénédictin de La Croix- Saint-Leufroi (Crux sancti Leufridi, Crux sancti Audomi, Crux sancti Heltonis, Madriacum), au même diocèse 2. vix® s. — À Clermont, en Auvergne, sainte Supporine, dont le corps a longtemps été honoré dans l’église Saint-Artème de cette ville. Elle est citée déjà aux additions des Bollandistes, du 24 janvier. Après 395. — A Saint-Hubert, ville du Luxembourg belge, dans la forêt des Ardennes, le bienheureux THÉODORIC ou THLERRY, abbé du monastère bénédictin de ce lieu (Andainum, Andaginum sancti Petri). 1081.— Au diocèse de Cologne, saint Evergisile ou Evergiste, archidiacre de saint Seurin, puis son successeur sur le siège archiépiscopal de cette ville. Il est cité aussi au 44 septembre. ve s. — Dans l’ancien monastère de Maubeuge /Melbodiensis parthenon), au diocèse de Cambrai, sainte Ansoalde, vierge et religieuse. Sa douceur, son humilité, son esprit de recueillement faisaient l'édification de toutes ses compagnes. Une maladie douloureuse la consomma lentement et la conduisit enfin au repos du Seigneur. — Au diocèse de Verdun, à deux lieues de Saint-Mihiel (Meuse), dédicace de Notre-Dame de Benoitevaux (Benedicta Vallis). Cette chapelle conserve une image de la sainte Vierge que de nombreux miracles

1. Saint Patrice naquit en Auvergne de parents riches et de la plus haute distinction; il se retira du monde et se réfugia dans le monastère que saint Porcien venait de fonder, dans le lieu qui conserve encore son nom (Saint-Pourçain, Allier), afin de se former sous sa conduite à la pratique de toutes les vertus. Après vingt ans de profession, il se plaisait encore à se confondre avec les novices, se chargeant de tout ce qui aurait pu leur faire éprouvèr quelque répugnance. Sa charité allait si loin qu'il se levait au milieu de la nuit pour les délivrer d’une partie de leurs travaux, qu’il exécutait lui-même aux dépens de son sommeil. Dieu voulut le récompenser, même dès cette vie, de tant d'abnégation, en lui réservant la gloire de convertir à Jésus-Christ les habitants de la contrée du Nivernais située entre la Loire et J'Allier.

Avant 1793, ses restes précieux reposaient encore dans la crypte curieuse placée sous le sanctuaire de l'église qui a conservé son nom, quoique altéré (Saint-Parize, diocèse de Nevers), mais ils furent dissipés à cette époque de folie et d'impiété. — Mgr Crosnier, Zagiologie Nivernaise.

2. Agofroi était, dit-on, le frère de saint Leufroi, abbé du monastère de La Croix, près d'Evreux. Ce fut un personnage illustre par ses mérites et sa sainteté. Lorsque Gondbert, évêque d'Evreux, leva le corps de saint Leufroi, qu'on avait caché sous terre lors de la première incursion des Normands, pour l'exposer de nouveau à la vénération des peuples, il fit de même pour les restes de saint Agofroi. Plus tard, au temps de Rollon, duc des Normands (932), les moines de La Croix, abandonnant leur monastère à l'approche des barbares, s'enfuirent à Paris avec les reliques de leurs patrons. Robert, comte de Paris, qui était abbé de Saint-Germain des Prés, accorda dans son monastère un refuge à ces saintes reliques, savoir : celles de saint Ouen, de saint Leufroi, de saint Agofroi et de saint Thuriaf, évêque de Dol. Lorsque, après la conversion de Rollon, les moines de La Croix voulurent reprendre le chemin de leur pays, il fut convenu entre eux et les moînes de Saint-Germain, que, en mémoire de l’hospitalité qu'ils avaient reçue, ils laisseraient à Paris les corps de saint Leufroi et de saint Thuriaf, et ne remporteraient que les reliques de saint Ouen et de saint Agofroi. — Propre d'Evreuz.

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ont rendue fort célèbre, et l’on trouve en ce lieu une fontaine miraculeuse dont l’eau guérit de plusieurs infirmités. 1138 ou 1140. — À Frayssinet (arrondissement de Briançon), au diocèse ce Gap, Notre-Dame de Monthabor, sanctuaire bâti sur la plus haute des montagnes qui avoisinent le Piémont et la Savoie, dans un lieu où la rigueur du climat ne laisse paraître aucune trace de végétation, et où l’on n'arrive que par des chemins presque impraticables. Tous les ans, à pareil jour, et le dimanche suivant, la paroisse de Frayssinet s’y rend en procession, et, le long de la route, il se joint à elle un nombre considérable de pèlerins.

MARTYROLOGES DES ORDRES RELIGIEUX

Martyrologe des Franciscains. — Saint Hyacinthe, confesseur, dont la fête se célèbre le 416 de ce mois !, 1257.

Martyrologe des Carmes. — La translation du corps de saint Ange, martyr, de notre Ordre 2. 1228.

Martyrologe des Carmes déchaussés. — Saint Barthélemy, apôtre.

Martyrologe des Chanoïnes réguliers. — Chez les Chanoïines de Vienne : Quand la féle de saint Barthélemy est célébrée le 25, on lit en premier lieu : La Vigile de saint Barthélemy, apôtre ; ensuite : À Tagaste, en Afrique, etc., comme le 16 de ce mots, ensuite : À Carthage, ete, Quand elle est célébrée le 24, alors, le 26, on lit en premier lieu : À Tagaste, etc., ensuile ; À Rome, etc.

Martyrologe de l'Ordre de Saint-Benoît. — Dans les lieux où l’on célèbre la fête de saint Barthélemy le 25 de ce mois : La Vigile de saint Barthélemy, apôtre. — Le même jour, sainte Jeanne-Françoise Frémyot de Chantal, veuve, dont on fait mention le 24 août 3. 1641.

Martyrologe de l'Ordre des Camaldules. — De mème que chez les Bénédictins.

Martyrologe de l'Ordre de Citeaux.— De même que chez les Bénédictins et les Camaldules.

Martyrologe de l'Ordre des Ermites de Saint-Augustin. — À Todi, saint Philippe Béniti de Florence, propagateur de l'Ordre des Servites de la bienheureuse Vierge Marie, et que Clément X a mis au nombre des Saints. Sa fête se célèbre le 23 de ce mois, et se fait aujourd’hui dans notre Ordre +. 1285.

ADDITIONS FAITES D'APRÈS LES BOLLANDISTES ET AUTRES HAGIOGRAPHES

Au diocèse de Pistoie, en Toscane, la vénérable Marie de Popiglio, vierge. Elle mena dès l’enfance une vie pure et pieuse, s'éleva comme une humble fleur des vallées, pratiqua la vertu simplement et sans fard, fut bumble sans hypocrisie, dévote sans ostentation, obéissante sans réplique, sévère sans dureté, sérieuse avec les dehors de la plus douce gaité. Vers l’âge de trente ans, elle s’affilla au Tiers Ordre de Saint-Dominique, et fut une tertiaire parfaite, accomplissant la règle de pénitence qu’elle avait adoptée, avec la simplicité et la candeur d’un enfant. Dieu lui donna d’annoncer bien des fois les choses futures, de lire dans les consciences, et de faire des miracles pendant sa vie et après sa mort. 1547. — A Ostie, bourg et petit port des Etats romains, avec sainte Aurée, citée au martyrologe romain de ce jour, les saints martyrs Censorin, Félix, Maxime, Herculin, Vénère, Styracin, Cène, Commode, Hermès, Maur, Eusèbe, Rustique, Monagrée, Amandin, Olympe, Cypre, Théodore le Tribun, Sabin, victimes de la persécution de l’empereur Claude. Vers Je milieu du 1118 8. — À Antioche, les saints martyrs Zénobe, Capitulin, Emérite, Italique, Juvien et Jules, cités par les apographes de saint Jérôme. — Dans l'ile de Céphalonie (Cephalonia, Melzæna), une des loniennes, à l'entrée du golfe de Lépante, les saints Grégoire, Théodore et Léon, confesseurs. Vers 360. — En Ecosse, saint Irchard, évêque et confesseur, appelé aussi Erthade et Erchade. 11 naquit de parents idolâtres ; mais Dieu lui fit la grâce de lui découvrir la fausseté de la religion de ses pères. Dès son jeune âge, il eut en horreur les sacrifices détestables du paganisme, et s’appliqua à suivre les préceptes de Jésus-Christ. Assidu à l’oraison, il châtiait son corps par de sanglantes disciplines. Saint Ternan, évêque des Pictes (vers 450), frappé de si heureuses dispositions, l’ordonna prêtre et le fit son coadjuteur. Il remplit quelque temps cette charge avec beaucoup de fruit, puis se rendit à Rome pour y visiter le tombeau des saints Apôtres. Sa réputation de sainteté l'y suivit, et le pape saint Grégoire le Grand (590-604), qui gouvernait alors l'Eglise, lui donna la consécration épiscopale. Irchard revint ensuite en Ecosse, où il s’occupa de prédications, cherchant à gagner à Jésus-Christ les âmes égarées par l’idolâtrie. Parvenu à une grande vieillesse, il s’endormit doucement dans le Seigneur, après avoir prédit le jour de sa mort, VIS ou VII S.

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