SAINT RIGOMER ET SAINTE TÉNESTINE, SOLITAIRES
AU DIOCÈSE DU MANS (vi° siècle).
Rigomer naquit au diocèse du Mans, dans la partie connue sous le nom de Sonnois, où l’on voit aujourd'hui un bourg qui porte son nom (Saint-Rigomer-des-Bois, près de la forêt de Per seigne). Ses parents appartenaient à la classe des personnes libres, et, pour faire donner à leur fils une éducation conforme à ses pieuses inclinations, ils le confèrent, dès son enfance, à un saint prêtre nommé Launillus, sous lequel il fit de rapides progrès dans la piété et dans les lettres. Elevé à la prètrise par saint Innocent, évêque du Mans (532-543), il fut chargé d'annoncer la parole de Dieu. Rigomer se mit donc, avec un zèle infatigable, à prècher les vérités chrétiennes dans sa propre famille et dans toute la contrée du Sonnois, et à exhorter le peuple à quitter les usages superstitieux du paganisme. Ses discours, pleins d'une éloquente simplicité, et soutenus de l'éclat des miracles, opérèrent de nombreuses conversions ; une multitude d’infidèles renoncèrent au culte des idoles, et embrassèrent la religion de Jésus-Christ. Ayant appris, dans une de ses courses apostoliques, qu'il y avait dans la contrée un temple consacré au dieu Mars, il se hâta d’aller prècher dans ce lieu. Sa parole fut si efficace que les habitants détruisirent ce temple, et élevèrent sur ses débris une église où le vrai Dieu fût adoré. Telle fut l’origine de la ville de Mamers.
La réputation de sainteté dont jouissait Rigomer était telle, que, de toutes parts, on venait se recommander à ses prières ; une foule de malades et d'infirmes le conjuraient d’intercéder pour eux auprès de Dieu ; il formait sur eux le signe de la croix, et leur faisait une onction avec de l'huile bénite, et ils recouvraient la santé. Il guérit de la même manière une dame de naissance illustre, nommée Truda ; puis il lui adressa de pressantes exhortations à la piété. Elles firent la plus vive impression sur une jeune fille de la maison nommée Ténestine. Renoncant dès lors à tous les avantages du siècle, elle suivit Rigomer dans la solitude, et alla habiter une cellule voisine de la sienne, pour se perfectionner sous sa direction, dans la vie spirituelle. La calomnie poursuivit ces deux âmes si pures jusque dans le désert : mais Dieu prit en main la cause de ses serviteurs et se chargea lui-même de les justifier. Ténestine fit bâtir un oratoire avec un petit monastère près de la Sarthe, au lieu où fut depuis l’église paroissiale de Gourdaine. Pour Rigomer, il se retira à trois lieues et demie du Mans, dans un lieu solitaire et couvert de bois, là où se voit aujourd'hui la paroisse de Souligné-sous-Vallon (Sarthe, arrondissement du Mans, canton de la Suze). Elle doit, à son intervention miraculeuse, une fontaine dont l’eau très-limpide sert à l'entretien des habitants, et porte le nom de Saint-Rigomer ; elle n’a jamais tari, mème dans les plus grandes sécheresses.
Saint Rigomer mourut dans sa solitude, le 24 août. Son corps fut transporté au Mans, et on construisit une basilique en son honneur; mais elle fut depuis démolie et aujourd’hui on ne sait même pas le lieu où elle était construite. Plus tard, on transporta son corps avec celui de sainte Ténestine, dans l’abbaye de Maillezais, en Poitou, où longtemps ils furent honorés comme patrons. La paroisse de Souligné-sous-Vallon est sous le vocable de saint Rigomer ainsi que celles de Saint- Rigomer-des-Bois et de Saint-Rémi-du-Plain. L'église de Souligné possède une statue du Saint ; mais elle est privée de ses reliques.
Nous devons cette notice à l'obligeance de M. l'abbé Leguicheux, curé de Souligné-sous-Vallon.