‹ Les petits Bollandistes (volume 5)Chapitre 83 sur 220 · ZZ Paralip., xxix, 20 ad ultim · texte numérisé non relu

ZZ Paralip., xxix, 20 ad ultim

maître, et ils seront rendus à votre amour. Notre Dieu est le Dieu de la clémence et de la miséricorde, il se laissera toucher par votre repentir ». Ainsi parlaient les messagers d'Ezéchias, et ilsse hâtaient de passer de ville en ville, à travers les tribus d'Ephraïm, de Manassé et de Zabulon ; mais ils ne recueillaient la plupart du temps sur leur route que linsulte et l'ironie des peuples. Cependant il se trouva dans la tribu d’Azer, et même dans celles de Manassé et de Zabulon, quelques ÆIsraélites fidèles, qui accueillirent avec joie leur parole et prirent le chemin de Jérusalem 1».

La mission réparatrice qui échouaït ainsi devant l’obstination idolàtrique du royaume d'Israël fut au contraire accueillie avec enthousiasme dans celui de Juda. « La bénédiction du Seigneur se manifesta en cette circonstance et réunit tous les cœurs dans un sentiment unanime de foi et de piété. Une foule immense se rendit à Jérusalem de tous les points du royaume, à l’époque fixée pour la fête des Azymes. Les autels idolâtriques dont la présence souillait encore les rues et les places de la ville sainte furent détruits ; et tout ce qui avait été profané par l’encens d’un culte sacrilége fut jeté par le peuple dans le torrent du Cédron. Le quatorzième jour du second mois la solennité commença. Les prêtres et les lévites, sanctifiés selon les prescriptions de la loi, offrirent les holocaustes dans le Temple du Seigneur. Chacun d’eux accomplissait les fonctions de son ministère dans l’ordre établi par Moïse, l’homme de Dieu. Les prêtres recevaient de la main des lévites les victimes pascales qui devaient être immolées. On dut agir ainsi parce qu'il se trouvait dans la foule un grand nombre de familles qui n’avaient pas eu le temps de se purifier des impuretés légales; la famille sacerdotale se chargea donc d’immoler pour elles l’agneau pascal. Un grand nombre d'Israélites des tribus d’Ephraïm, Manassé, Issachar et Zabulon, dans leur empressement irréfléchi, ne tinrent pas compte des règlements de Moïse, et se crurent en droit de prendre part au festin de la Pâque sans avoir préalablement accompli les purifications rituelles. Ezéchias intercéda pour eux devant l’autel de Jéhovah : « Le Seigneur est clément », dit-il, « il usera de miséricorde en faveur de ceux qui cherchent dans la sincérité du cœur à revenir au Dieu de leurs pères, etil leur pardonnera d’avoir négligé les purifications prescrites ». En effet, ce Dieu de bonté exauça la prière royale et daigna pardonner au peuple. Pendant sept jours, la fête des Azymes fut célébrée avec allégresse par la multitude réunie à Jérusalem. Les louanges du Seigneur ne cessaient de retentir dans la ville sainte, et les chœurs des lévites faisaient entendre les chants sacrés comme à l’époque de David. Ezéchias, fier du succès de la restauration religieuse à laquelle il avait si puissamment contribué, s’adressa aux lévites les plus zélés, et leur demanda d’ajouter une semaine de plus aux jours prescrits par la loi. Tout le peuple accueillit cette proposition avec enthousiasme. : Le roi mit à la disposition de la multitude mille taureaux et sept mille brebis ; les princes de Juda donnèrent, de leur côté, mille taureaux et dix mille brebis. Les sacrifices et les festins sacrés qui les suivaient recommencèrent donc et se continuèrent pendant sept jours, au milieu des transports de joie des prêtres, des lévites et de la foule immense composée des prosélytes du royaume d'Israël et des fidèles habitants de Juda. Depuis les jours de Salomon, fils de David, Jérusalem n’avait pas été témoin d’une pareille solennité. L'assemblée du peuple se sépara, après que les prêtres eurent appelé

Page 1