‹ Les petits Bollandistes (volume 5)Chapitre 84 sur 220 · II Paralip., xxx · texte numérisé non relu

II Paralip., xxx

sur elle la bénédiction céleste. Dieu exauça la voix de ses ministres, et leur prière parvint jusqu’au pied de son trône.

Après la grande solennité pascale, le peuple quitta Jérusalem et retourna dans ses foyers. En arrivant dans les différentes villes non-seulement du royaume de Juda, mais dans celles d’Ephraïm et de Manassé, les pèlerins détruisirent les hauts lienx, mirent le feu aux bois sacrés des cultes idolàtriques, renversèrent les autels des faux dieux, et reprirent ainsi, par un retour sincère à Jéhovah, possession de leur patrie. Ezéchias en avait donné l’ordre et l'exemple. Le Serpent d’airain dressé, par Moïse au désert était

devenu dans les derniers temps, pour les fils d'Israël, l’objet d’un culte idolâtrique. Ils brûlaient de l’encens devant cette statue. Le roi la fit mettre en pièces en disant : « Ce n’est qu’un vil métal! »

Tout était à réorganiser dans le culte de Jéhovah, depuis que la désastreuse apostasie d’Achaz avait introduit l’idolâtrie dans le Temple de Jérusalem. « Ezéchias eut donc à reconstituer les familles sacerdotales et lévitiques dans les fonctions de leur ministère et les degrés de leur hiérarchie, pour établir l’ordre dans les holocaustes, l’immolation des victimes pacifiques et. le chant des hymnes sacrés. A l'exemple de David et de Salomon, le roi voulut fournir lui-même la graisse de ses troupeaux pour l’holocauste quotidien du matin et du soir; pour celui du Sabbat, de la Néoménie, et des fêtes solennelles fixées par la loi de Moïse. Il remit en vigueur les prescriptions légales, et ordonna aux habitants de Jérusalem de fournir aux prêtres et aux lévites les dimes et les prémices qui leur étaient dévolues, afin de leur permettre de se consacrer exclusivement à l'étude de la loi du Seigneur. Aussitôt que le décret royal fut parvenu à la connaissance du peuple, les habitants de Jérusalem s’empressèrent d'offrir les prémices du froment, du vin et de l’huile, et la dîme de toutes les productions de la terre. Dans les autres villes de Juda, on imita ce pieux zèle, en envoyantau Temple la dîime des bœufs, des brebis, et des autres produits du sol. De tous les points du royaume on multipliait ces religieux convois, en sorte que les prêtres se virent dans la nécessité de réunir en énôrmes monceaux les grains de toutes sortes et Les olives ainsi sanctifiés. Depuis le troisième mois (Sivan) jusqu’au septième (7ïsr1), les offrandes ne discontinuèrent point. À la vue de ces montagnes de gerbes et d'olives, témoignage de la foi nationale, Ezéchias et les princes de Juda remercièrent le Seigneur et bénirent le peuple d'Israël. Pourquoi, demanda Ezéchias aux prêtres et aux lévites, laissez-vous ainsi ces monceaux en plein air ? Le pontife Azarias, descendant de Sadoc, répondit au roi : « Depuis que l’on a recommencé à apporter les prémices au Temple du Seigneur, nous y avons trouvé une ressource plus que suffisante pour tous nos besoins. Jéhovah a manifestement béni son peuple. Ce que vous voyez est le reste des offrandes que nous n’avons pu consommer ». Ezéchias donna immédiatement l’ordre de préparer de nombreux greniers pour y déposer ces richesses. Ce fut ainsi qu’on réserva pour.les besoins de l'avenir les dons de la piété et de la foi. Le lévite Chonénias et son frère puiné Séméï furent préposés à leur garde. Ils avaient sous leurs ordres Jahiel, Azarias, Nabath, Asaël, Jérimoth, Josabad, Eliel, Jesmachias, Mahath et Banaïas, qui relevaient directement de leur autorité, Les deux intendants généraux référaient de toutes les choses importantes au roi lui-même et au grand prêtre Azarias. Outre le tribut obligatoire des prémices et de la dîme, les fils d'Israël apportaient spontané ment au Temple un grand nombre de dons et d’offrandes, pour accomplir des vœux personnels. Le lévite Coré, fils de Jemma, gardien de la Porte

Orientale, fut chargé de recueillir ces offrandes spéciales. Il eut sous ses ordres Eden, Benjamin, Jésué, Séméïas, Amarias et Séchénias, qui, répartis dans les villes sacerdotales, veillaient à ce que les distributions faites aux lévites fussent en rapport avec les besoins des familles et la dignité hiérarchique de chacun d’eux. Tel fut l’ordre qu’Ezéchias rétablit dans le culte de Jéhovah, selon les préceptes et les rites de la loi mosaïque. Il l’appliqua à tout le royaume de Juda, et son administration fut celle d’un prince pieux et sage qui cherchait dans la sincérité du cœur à marcher dans les voies de la vertu et de la justice ‘».

Dieu fut avec lui et lui donna la sagesse pour diriger toutes ses entreprises. Il fit sentir aux Philistins le poids de ses armes victorieuses, et les repoussa jusqu’à leur ville maritime de Gaza. Confiant dans la bonté du Seigneur, dont il avait eu tant de preuves, il se résolut à secouer le joug du roi d’Assyrie. Sennachérib, fils de Sargon, avait succédé à son père sur le trône de Ninive. Toutefois, pour lutter avec quelque avantage contre ce redoutable ennemi, Ezéchias compta trop sur les appuis d’une politique tout humaine. Par ses ordres, les chefs de Juda se rendirent à Tanis, dans la basse Egypte, pour renouer avec le Pharaon une alliance qui avait si mal réussi au dernier roi d'Israël. La parole d’Isaïe ne tarda pas à s’élever contre cette démarche que le Seigneur n’avait point autorisée. « Voici la parole de Jéhovah », dit-il. « Malheur aux enfants déserteurs de ma loi, qui ont délibéré sans moi dans le conseil ; qui ont ourdi la toile, sans s’inspirer de mon Esprit et qui ont ajouté une faute nouvelle à toutes celles du passé; quiont pris la route d'Egypte, sans avoir interrogé mon oracle, mettant leur confiance dans le secours du Pharaon, et dans le fantôme de la puissance égyptienne. Le Seigneur inclinera la main, et l’allié tombera; celui dont on implore le secours sera renversé, et tous périront dans sa ruine ».

Cependant Sennachérib, roi des Assyriens, entra en Judée, la quatorzième année du règne d'Ezéchias; il vint mettre le siége devant les principales cités duroyaume de Juda et s’en rendit maître. Alors Ezéchias députa à Lachis des messagers chargés de dire au monarque assyrien :« J’ai péché contre vous en rejetant votre alliance, mais indiquez vous-même le tribut que vous désirez ; je m'y soumettrai. À ce prix, consentez à éloigner votre armée de mon territoire ». Sennachérib fixa l’impôt à trente talents d’oret trois cents d'argent. Pour réaliser cette somme, Ezéchias prit tout l’argent déposé dans les trésors du Temple et dans ceux du palais. Il fut même contraint de briser les lames d’or dont il avait fait recouvrir la porte du sanctuaire, et les envoya au roi d'Assyrie. Sennachérib se contenta pour le moment de cette soumission. Ezéchias profita de cet intervalle pour fortifier Jérusalem. « Des mesures de défense furent concertées dans le conseil royal, formé des princes de Juda et des plus babiles guerriers. A l’unanimité on résolut d’obstruer les sources extérieures qui arrosaient la contrée. Une nombreuse multitude fut réunie pour détourner ainsi l’eau de toutes les sources, et celle du torrent du Cédron qui, avec ses affluents le Gehon et la fontaine du Siloë, baigne les murs de la ville. Ezéchias fit travailler activement à la réparation du mur extérieur, dégradé sur plusieurs points ; il y fit ajouter de nouvelles tours et éleva un second rempart en avant du premier. La vallée de Mello, reliée à la colline de David par le pont de Salomon, fut garnie d’ouvrages défensifs. Les arsenaux du roi furent remplis de boucliers et d'armes de toute espèce ; et on mit à la tête des corps d'armée des chefs expérimentés.

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