Î. — NOTIONS PRÉLIMINAIRES. L
Etymologie. — Le Calendrier (Calendarium) prend son nom du mot alendæ, par lequel les anciens désignaient le premier jour de l'an ou du 1 L'étymologie en est douteuse. Quelques-uns le font dériver du mot xüew, je convoque (parce que, chez les Romains, un prêtre convoquait ssemblée du peuple au commencement de chaque mois, pour lui prendre quel jour le croissant commençait à paraître, et en même temps s jours tombaient les nones et les ides); d’autres du latin Cobo, « j’hoje solennise », par allusion à l’objet même du Calendrier, dont nous lerons tout à l’heure. C’est pourquoi le terme de Colendæ serait préféà Calendæ. Il est certain d’ailleurs que les expressions de Calendæ, fidarium, sont beaucoup plus en usage chez les Lalins que parmi les s. Dans le moyen âge, et surtout chez les auteurs ecclésiastiques, on contre rarement : Compotus et Computus sont plus connus.
bpet.— Le Calendrier ecclésiastique a pour objet d’indiquer pour toute ée les époques saintes, ainsi que les fêtes et la manière de les célébrer. admettre deux sortes de Calendriers ecclésiastiques : l'un, que l’on peler le petit, ne donnait qu'un aperçu général des fêtes et des ‘consacrées, sans indiquer la division de l’année en jours, semaines hois.Son usage ne s’étendait qu’à la liturgie ou aux pratiques intérieures ‘Bolise, telles que les offices, etc. Le grand Calendrier était divisé en emaines et jours. | lendriers des diverses Eglises. L’arrangement et la rédaction du Calencclésiastique faisaient partie des devoirs des prélats. Chaque Eglise avec soin le jour de la mort de ses évêques, ou les jours auxquels s Martyrs avaient souffert, en y ajoutant quelquefois de petits ou le genre de la mort. L’évêque chargeait à cet effet quelques clercs se de tenir note de ces jours et de lui communiquer leur travail. Il e que chaque province ecclésiastique devait posséder le Calendrier s M artyrs et Confesseurs. Le plus ancien que nous possédons est celui nt jésuite Bucherius (le Père Boucher), qui fut rédigé vers le milieu Il se compose de deux parties. La première contient le nom des saint Luce I°' (252) jusqu'à saint Jules 1% (337), prédécesseur ibère. Cependant les deux papes saint Sixte II (237-259), que l’on armi les Martyrs, et saint Marcel (304-310) y manquent. L'autre ent les Martyrs, parmi lesquels on trouve aussi les papes Fabien, ontien. Jean Fronto publia un autre Calendrier romain, moins 4 érité, qu'il avait'tiré d’un manuscrit du couvent de Sainteis. Nous en possédons un autre encore d'Edmond Martène,
lequel n’est peut-être pas aussi ancien qu'il le prétend. Les fragments % recueillis par Mingarelli ne sont pas moins importants. Le Calendrier carthaginois, découvert par Mabillon et publié par Ruinart, appartient aussi, suivant l’opinion de ces auteurs, au v° siècle ; Morcelli, qui le croit du vi° siècle, nous explique pourquoi les mois de mars et d'avril manquent : dans ce Calendrier. Comme c’est dans ces mois que viennent le jeûne de ” quarante jours et les fêtes de Pâques, il ne restait plus de place pourles. fêtes des Martyrs. Mais nous avons une plus grande difficulté à écarter relativement à ce Calendrier. On n’y trouve aucune fête dédiée à la Vierge Marie. Il n’est pas moins singulier que saint Augustin n’ait prononcé aucun . discours sur les fêtes de Marie. On pourrait supposer qu'alors on ne célébrait pas encore de fêtes de Marie en Afrique, quoique cette difficulté disparaisse si l’on veut réfléchir que dans les premiers temps les fêtes de Marie se célébraient en quelques pays simultanément avec celles du Seigneur, et comme les fêtes du Seigneur étaient marquées dans un Calendrier particulier, différent de celui des Martyrs, il est facile de voir pourquoi dans le Calendrier carthaginois, qui était uniquement destiné aux fêtes des Martyrs et des évêques, on ne cite aucune fête de Marie, ni du Seigneur. De même que Carthage, les autres Eglises d'Afrique avaient aussi leurs Calendriers particuliers. Saint Augustin nous apprend qu'on célébrait à Hippone quelques fêtes dont les noms ne se trouvent pas dans les catalogues cartbaginois.
Les Calendriers des Eglises d’Espagne et des Gaules différaient à leur tour des précédents. Comme ces Eglises avaient dans les premiers temps leur liturgie propre et leurs Martyrs particuliers, elles avaient aussi leur Calendrier à elles. Nous sommes redevables au savant espagnol François de Pisa d’un fragment de Calendrier gothique ou mozarabe ‘. Le Calendrier, cité par d’Achéry ?, appartient à l'Eglise des Gaules, et a été composé vers l'an 826. Mais comment se fait-il qu’il n’y soit question qu’une seule fois de la fête de la Chaire de saint Pierre, tandis qu’il est avéré que déjà dans le 1x° siècle on célébrait deux fêtes de ce nom dans la plupart des Eglises des Gaules, l’une à Antioche, et l’autre à Rome ? Serait-ce une preuve que, même en France, cette double fête ne fut pas adoptée partout en même temps ? Ce qui distingue ce Calendrier, ce sont les Zettres que saint Jérôme y à ajoutées et qui se suivent jour par jour dans un double ordre. La première série, depuis A jusqu’à G, indique les jours de la semaine. On y prend la lelttre dominicale. La seconde série comprend l’alphabet complet et
s'achève chaque fois sans interruption et sans se régler sur le commencement du mois. Par exemple : si le mois de janvier finit à la lettre L, le “4 mois de février commencera par M.
Le plus ancien Calendrier anglais se trouve dans Schulling * , Où on lit, sous le 21 octobre : X//7 kal. novembr. sanctarum virginum in colonia, sans indication précise du nombre de ces saintes Vierges.
Les Calendriers allemands ne dépassent pas le 1x° siècle. Gerbert #a publié trois Calendriers de cette époque et les a enrichis de notes savantes. Fa
1. Le Bollandiste Pinius à enrichi ce fragment de notes savantes, dans son Zrailé sur la Witurgie m zarabe (cap. 1x, $ v). Ce savant regrette à juste titre que François de Pisa ne nous en ait fourmi que deux mois, tandis que le tout, à cause de sa vénérable antiquité, serait d'une si haute importance POUE. l'histoire et la critique.
2. Tome x, page 130 du Veterum aliquot scriptorum qui in Galliæ bibliothecis, maxime Benedictorurn, | latuerant, Spicilegium (13 vol. in-4°, Paris, 1653-1677; réimprimés en 1723, 8 vol. in-folio). LUS
3, Bibliotheca ecclesiaslica, tome 1v, 2e partie, page 175,