TTC SUR LES CALENDRIERS ECCLÉSIASTIQUES
Hontheim ! en rapporte cinq dont le plus ancien appartient au x° sièele. Eckard ? en cite un du xt° siècle, destiné spécialement à l'Eglise de Frei- Singen, dans lequel on trouve quelques passages qui intéressent l’histoire critique.
Autorité des Calendriers ; réflexions critiques sur leur ancienneté. — Les Calendriers, par cela même qu'ils servaient principalement à diriger la Fa liturgie ecclésiastique, dépendaient uniquement de l’évêque ou de son 54 représentant. Une main étrangère ne pouvait pas y toucher, bien moins À encore les souiller par des interpolations arbitraires. Aucun changement
ne pouvait s’y faire sans l’autorisation du prélat auquel la direction de la liturgie était confiée; nulle altération, nulle addition n’eussent échappé au . clergé, l’ordre liturgique devant se régler sur le Calendrier.
On peut juger par là de la grande autorité dont jouissaient les Calendriers. Ils sont les premiers fondements des martyrologes, car ces derniers proviennent des Calendriers. Voilà pourquoi ils sont d’une plus haute valeur aux yeux de la critique. En outre, les martyrologes sont très-souvent composés par des savants particuliers, tandis que les Calendriers sont l’œuvre dé l'autorité publique. On peut donc les mettre au nombre des livres liturgiques proprement dits, conservés dans les premiers temps par les évêques ou par des fonctionnaires ecclésiastiques désignés à cet effet par eux. Dans Ja suite, les Calendriers firent partie des Sacramentaires et furent placés tantôt au commencement, tantôt à la fin de ces livres. Ceci montre de nouveau qu'ils étaient estimés beaucoup plus haut que les martyrologes; car ceux-ci n’eurent pas une aussi grande influence sur les Sacramentaires, attendu qu’ils renfermaient aussi des noms des Saints qui n'étaient nullement mentionnés dans la liturgie ni dans l'office du jour.
Plus le Calendrier est ancien, plus il est précieux pour l'archéologie ecclésiastique. Il n’est cependant pas facile de déterminer l'ancienneté d’un
2e Calendrier et l'église ou la province à laquelle il appartient. Nos critiques CE ont établi les règles suivantes pour l’appréciation de l’âge du Calendrier.
le Rècze. Ce qui caractérise l'antiquité, c’est une indication courte et simple de la fête. Les anciens évitaient les éloges et les titres étendus, se contentaient du simple nom, même les titres de Saint ou de Bienheureux, ° sanctus, beatus, étaient rares, Quelquefois tous les Martyrs d’une province Re sont énumérés sous une rubrique générale. Vu le grand nombre des Martyrs, plusieurs Calendriers latins n’en nomment qu’un, ou le principal, et ajoutent : ef sociorum ejus, ou, eË comilum.
1° Rècze. Le même jour il ne peut y avoir plusieurs fêtes à la fois. Dans les premiers temps, on ne célébrait dans chaque église qu'une seule fête par jour. Les Commemorationes étaient inconnues ou extrêmement rares. Il paraît que ce n’est qu’au 1x° siècle qu’elles se sont établies à cause de la multiplication des fêtes.
IIIe Réeze. L’antiquité connaissait peu de fêtes de la Vierge, parce que ces fêtes et celles du Seigneur étaient célébrées ensemble.
IV° Rècze. On ne céléhrait point de fêtes pendant les mois où se trouvaient le jeûne de quarante jours et les fêtes de Pâques. C'était l'usage des Eglises d'Orient et d'Occident.
4 V° RiGce. Avant le v° siècle, on ne célébrait aucune fête de saint évêque ni de confesseur, qui ne fût en même temps martyr. Si l’on trouve dans un Calendrier la fête d’un saint évêque, on peut en conclure avec certitude ou
% Prodromus historiæ Trevirensis, — 2, Conunentari de rebus Franciæ Qrientalis,
bien qu’elle y fut introduite après le 1v° siècle, ou du moins que le Calendrier même fut augmenté.
VI: Rèece. Moins on trouve de vigiles dans un Calendrier, plus on peut
croire à son ancienneté. Dans le Calendrier de Bucherius, cité ci-dessus, de même que dans celui de Carthage, on ne rencontre pas la moindre indication de Vigiles. Le Calendarium Frontonianum, au contraire, en a quatre, celui de d’Achéry cinq, et celui de Martène neuf.
Il est beaucoup plus difficile de déterminer la province ou l'Eglise à laquelle le Calendrier appartient. La connaissance des différentes époques où ces fêtes ont été instituées par les synodes ou les évêques peut faciliter cette recherche, mais nullement en garantir les résultats ; car les conciles ou les synodes s’occupent surtout des fêtes qui sont célébrées avec solennité dans les diocèses ; les autres, qui étaient pour l'office du chœur, étaient à peine mentionnées.
Quand les martyrs d’une province ou d’un diocèse se trouvent cités en grand nombre, on peut considérer cette circonstance comme une règle plus sûre. Chaque province, chaque Eglise, accorde à ses propres Saints une certaine préférence sur les Saints étrangers. Il est évident qu’on honorait plus volontiers les martyrs du pays que les étrangers. Ceci s’applique encore davantage aux évêques de chaque Eglise en particulier, lesquels caractérisent les Calendriers de la manière la plus sûre.
Dans quelques Calendriers on trouve indiqués le commencement et Ia fin des indictions : ce qui peut au moins faire connaître la province à laquelle ils appartiennent. Les éndictiones imperiales, qui ont été conservées en Allemagne, commençaient le 24 septembre ; les Romains commencent leurs indictions au 4° janvier.
Les remarques qui précèdent font voir suffisamment quelles sont les considérations qui doivent diriger la critique dans le jugement qu’elledoit porter sur un Calendrier. Ajoutez à cela que la plupart des anciens Calendriers ont recu des additions. À mesure que de nouvelles fêtes s’établissaient, on les insérait dans le Calendrier ecclésiastique sous leur jour respectif. On ne peut pas toujours distinguer avec certitude le style, Pécr
ture de l’interpolateur, ni l'encre. Celui qui possède lui-même le manus crit, ou qui peut faire les recherches à son aise, peut mieux juger de âge et des autres qualités, que celui qui doit se contenter d’une copie écrite
ou imprimée.
Etude des Calendriers. — Dans le moyen âge on s’appliquait davantage à la science du Calendrier /Computus) qu'aujourd'hui. Quand il s'agissait
de nommer un curé, la connaissance du Computus était exigée comme con"
dition essentielle. On enseignait le Calendrier en même temps que la gram-
maire, C'était alors d'autant plus nécessaire qu'on ne possédait pas de” Pe
Calendriers imprimés ni généraux. Les curés recevaient des évêques l'indication des Pâques ou d’une autre fête nouvelle; le reste, ils devaient le régler eux-mêmes, C’est ainsi que le synode de Ravenne ordonne aux curés de composer leurs Calendriers, d'inscrire convenablement les fêtes et de
les publier. Nous avons plusieurs ouvrages plus ou moins étendus du Ross
âge, de Computu ecclesiastico, qui font voir que cette partie était regar comme une des plus importantes pour les clercs. Le meilleur est celui (
Raban Maur, archevêque de Mayence. 11 témoigne de grandes connais-
sances astronomiques,
Calendrier romain, en usage dans l'Eglise, et tel que nous l’ont fait formes successives de Jules César et de Grégoire XIII, se divise en I es, jours, semaines, mois, années, dont la succession se calcule au moyen de types déterminés, âges, ères, cycles, etc. … Des Heures. — Le temps est la succession d’instants que mettent les oses créées à exécuter leur mouvement ou à fournir leur course. La première chose qui nous frappe dans le lemps, ce sont ces moments successifs dont la fugitive existence forme la trame de notre vie, Les peuples ont donné à ces instants différents noms et les ont soumis, suivant leurs nnaissances astronomiques, à divers classements. L’ Eglise, sans déroger ces institutions des peuples, a voulu cependant choisir, dans l’unité naurelle du jour, sept heures prédestinées, où … Le choix des sept heures liturgiques à d’abord pour objet de rappeler l'ineffable bienfait de la création. Dieu, dans sept instants solennels, a tiré " du néant les œuvres naturelles de sa sagesse, de sa puissance et de sa mté. Nous qui sommes associés à sa “toute- puissance créatrice, nous Mons aussi nos sept heures de fécondité. La fécondité de la pensée pour méditer, la fécondité du cœur pour prier, la fécondité des mains pour travailler : voilà les trois forces que l'Eglise convie, sept fois le jour, à . associer aux desseins du Très-Haut et à coopérer à ses œuvres. En second lieu, le choix des sept heures à pour but d'honorer les prin- € ipales circonstances de la restauration surnaturelle de l'humanité. Après chute, l'homme s’enfonça pendant quatre mille ans dans les ténèbres de u nuit. Au milieu de cette nuit honteuse et coupable, le Sauveur naît; le L atin, il ressuscite ; à la première heure, il se montre aux saintes femmes; troisième heure, le Saint-Esprit descend sur les Apôtres ; à la sixième re, lé Sauveur est crucifié ; à la neuvième, il meurt; l’heure du soir a figure de la fin du monde, où le Sauveur viendra triomphant juger vants et les morts ; l'heure de Complies, qui est le signal du repos, nce l'heureux instant où Notre-Seigneur dira aux élus : « Venez, les énis de mon Père, entrez dans la joie de votre Maître ». La glose, adoptant cette pensée, l’applique autrement à la Passion de s-Christ : « Voici », dit-elle, « les motifs pour lesquels nous prions à pt heures différentes : Matines lie le Christ, qui efface nos péchés ; Prime couvre de crachats ; Tierce donne la cause de sa mort ; Sexte l’attache à a croix ; None ouvre son côté; Vêpres le descend de la croix ; Complies le che au tombeau ».
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Hæc sunt septenis propter quæ psallimus horis, Matutina ligat Christum qui crimina purgat.
Prima replet sputris. Causam dat Tertia mortis, Sexta Cruci nectit. batus ejus Nona biperlit, Vespera deponit. Tumulo Completa reponit.
ne A die magnifique. L'office de nuit, c’est le temps 6 notre naissance, l’heure où, ensevelis encore dans le sein de
nos mères, nous devions offrir à Dieu nos premiers tressaillements. Laudes, s qui se récite aux douteuses lumières de l'aurore, c’est l'heure de l'enfance pendant laquelle la raison jette à peine quelques pâles lueurs. Prime, qui se récite aux premiers rayons du soleil, c’est l'adolescence où la raison commence à comprendre les vérités qu’expose l’enseignement. Tierce, qui se dit à l’instant où le soleil monte dans l’espace et verse des torrents de lumière, de chaleur et de vie, c’est bien la jeunesse inconsidérée, bouillonnant sous le feu des passions et dans les emportements de l’activité. . Sexte, qui se chante au moment où le soleil est au milieu de sa course, c’est l’âge mûr arrivé à l’apogée de ses forces physiques et morales. None, qui se récite lorsque le soleil descendant sur l'horizon perd de la vivaeité de sa lumière et de sa chaleur, c’est la vigoureuse vieillesse descendant vers la tombe, perdant chaque jour quelque chose de son énergie. Vèpres, qui se dit à l'instant où le soleil disparaît sous l'horizon, c’est la vieillesse décrépite, courbée sous le poids des ans vers la terre où elle doit bientôt rentrer. Complies, qui se récite quand l’obsourité a déjà envahi la terre, c’est la mort, c’est le tombeau. Ainsi chaque jour est l’abrégé de la vie,*et les sept heures qui en marquent les points de repère sont le mémorial de tous nos devoirs.
Le premier de ces devoirs, pour l’homme pécheur, c’est la réparation de ses fautes. Or, il est écrit que « le juste péchera sept fois et sept fois se relèvera ». Si le juste pèche sept fois, combien plus celui qui n’est pas entré dans la justice ! Au juste et au pécheur les sept heures rappellent donc l'obligation toujours pressante d’expier son péché et fournissent l'occasion toujours bénie de mettre dans l’autre plateau de la balance, avec le
mérite de ses prières, la grâce de ses bonnes œuvres. La vie, à côté de ses 5 perpétuelles faiblesses, offre ainsi de perpétuels rachats ; d’un côté, des a fautes ; de l’autre, des œuvres saintes; et, dans ce contraste, s'avance le Re
travail ardu de la sanctification. 4 En même temps qu’il travaille à sa sanctification personnelle, l'homme
doit offrir à Dieu le tribut de ses adorations. L’instrument de ces adora-
tions, c’est la prière. Un précepte divin nous oblige à prier toujours, et 5
sur quels graves motifs ne s'applique pas le précepte du Seigneur ! Dans
l’ordre de la nature, la vie et tous les biens nous sont conservés par un
acte continu de la Providence. Dans l’ordre de la grâce, nous appartenons
entièrement à Jésus-Christ, puisqu’au prix de son sang il nous a rachetés
de la servitude du démon. Nous devons donc sans cesse adorer, remercier,
prier. Les sept heures sont les sept voix de la prière. Car le nombre sept
est le nombre parfait par excellence ; il figure une période de temps com-"
plète et constitue un tout dans les choses d’ici-bas. Sept, en effet, est"
composé de quatre et de trois, et, comme tous les nombres sont pairs ou 0
impairs, sept, qui les réunit tous les deux, représente implicitement la
totalité. En priant sept fois, à l'exemple de David, nous prions en tout”
temps et, sans relâche, nous offrons à Dieu l'hommage de nos adorations:
Ainsi l’ont pensé les saints Pères, les docteurs de l’Eglise, les écrivains du
moyen âge, précédés, en cette matière délicate, par l’école de Pythagore
et par la Dlupart des anciens philosophes. \ Voilà sans doute pourquoi Dieu se plaît à mettre partout sous nos vase
ce chiffre fatidique. Dans la nature, dans l’histoire, dans l’ordre de Éve Ra
partout le nombre sept. Sept jours pour l’œuvre de la création, sept jours
dans la semaine, sept tons musicaux, sept couleurs solaires ; la lune met
quatre fois sept jours (vingt-huit jours) à parcourir le zodiaque ; si y a “ES
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sept principales époques dans la vie humaine. Dans le temple des Juifs, le chandelier d'or a sept branches, l’année sabbatique arrive tous les sept ans,
l'année du Jubilé tous les sept fois sept ans (quarante-neuf ans) et elle est annoncée par sept trompettes; les Juifs sont septante années dans l’exil à Babylone. Dans la loi nouvelle, septante jours de jeûne (de la Septuagésime à Pâques), sept semaines de Pâques à la Pentecôte. Il y a sept sacrements, Sept dons du Saint-Esprit. Le livre éternel est fermé de sept sceaux et Pagneau qui les rompt a sept yeux et sept cornes ; il y a sept Eglises, sept anges, etc., etc.; il y a sept vertus, sept péchés principaux, sept parties principales dans l'Oraison dominicale.
Du jour et de la nuit. — Les sept heures choisies sont pour nous des heures signilicatives, des points de repère pour l’activité et la pensée. La durée du jour que ces heures représentent a d’ailleurs, par elle-même, un sens ; et dans son opposition à la nuit, et dans le cadre que l’un et Pautre offrent à l'expansion de l’âme humaine, il y a matière à de graves réflexions.
Il y à, en effet, entre l’âme, d’une part, et le jour et la nuit, de l’autre, des rapports intimes, profonds. Les sentir est aisé, les interpréter est plus difficile ; pourtant, c’est un devoir ou, du moins, une bonne fortune, d'y trouver un mobile de conduite et des bénéfices pour la vertu.
4 1 n’est pas inutile de dire qu'il y a deux jours : le jour naturel et le jour artificiel. Le jour naturel est le laps de temps pendant lequel la terre tourne sur elle-même dans son mouvement de translation autour du soleil. Le jour artificiel est l’espace de temps pendant lequel le soleil demeure à notre horizon depuis son lever jusqu’à son coucher. Ce dernier s'entend ainsi pour le distinguer de la nuit, et la nuit et le jour, en se réunissant, forment le jour astronomique.
Deux choses distinguent profondément le jour et la nuit. Le jour, c’est le temps de la lumière ; la nuit, c’est le temps des ténèbres. Le jour, c’est
“le temps du travail ; la nuit, c’est le temps du repos.
Dans la lumière et dans les ténèbres, au milieu du travail et au sein du repos, c’est une vérité vulgaire que Dieu est présent à l’âme de l’homme,
e qu'il l'influence diversement par sa présence, et que l’homme, soumis à . celte impression divine, doit et lui obéir, et en agrandir, par son libre con- … cours, tous les bienfaits.
Les liturgistes, avec leur sagacité ingénieuse et parfois sublime, ont
distingué, dans le jour et dans la nuit, indépendamment des heures réser- …vées pour la prière, certains moments, où ils pensaient mieux reconnaître Pinflux divin sur les âmes et le concours réfiéchi ou spontané des âmes à cette action de Dieu.
D’après saint Isidore, il y a, dans le jour, trois parties : le matin,
quand l'aurore n'existe plus, et que l’homme, rafraîchi par le repos,
— s'élance au travail avec l’élan de la puissance ; le midi, c’est-à-dire le mi- - lieu ou la moitié du jour, l'instant où la lumière est plus pure, la chaleur plus ardente, l’activité déjà épuisée ; le soir, l’heure où, à la lumière dé- … croissante, l’âme passe de l’activité du travail matériel au travail plus élevé de la contemplation.
Durand de Mende ‘ compte dans la nuit sept parlies : Vespera, l'heure
qui précède les ténèbres ; crepusculum, l'instant douteux entre la lumière et les ténèbres; conticinium, le temps le plus calme de la nuit; én/em-
1 D de-Durand, évêque de Mende, né vers 1232, mort en 1296. Ses ouvrages principaux son le Speculum judiciale (Miroir du Droit), et le Aationgle divinorum officiorum,
| Vies DES SAINTS, — TOME XVII. 2
pestum, le temps où la nuit est plus dangereuse ; PA le où chante le coq ; matutinum, le point du jour ; et déluculum, ou le com: cement de l’aurore. ,
La nuit est l’époque des profondes méditations, des sublimes ravissements, des élans divins. La nuit est surtout favorable à la prière : d'un côté, notre esprit, notre cœur et nos sens sont plus libres, plus dégagés des occupations terrestres ; d’un autre côté, le solennel repos de la terre, Pimmensité du ciel qui s’ouvre à nos regards, le doux et tranquille éclat des astres, au milieu des ténèbres de la nuit, quoi de plus capable de porter nos pensées et nos affections vers le maître de la nature, vers l’inépuisable source de l'amour et de la lumière ! Aussi David, plein d'idées qu'il ne tenait d’aucun homme, ne cesse d’exhorter l’homme à lever ses bras vers Dieu au milieu des nuits ; il croyait que le silence auguste de la nuit prétait une : force particulière aux saints désirs. Ailleurs, il dit : «J’ai conversé avec mon … cœur pendant la nuit. Je m’exerçais dans cette méditation et j'interrogeais + mon esprit ». En songeant d’autres fois à certains dangers qui, dans les temps antiques, devaient être plus forts que de nos jours, il disait dans sa, re conscience victorieuse : « Seigneur, je me suis souvenu de ton nom pendant CR : la nuit et j'ai gardé ta loi ».
Les premiers chrétiens priaient souvent la nuit et même les chrétiens me a de Rome, enfermés dans les catacombes, avaient fait de leur vie une éternelle nuit. L'Eglise, s'inspirant de ces faits et adoptant ces usages, a voulu … que la plupart de ses prières liturgiques fussent faites pendant la nuit. Ma-" tines, Laudes, Vêpres et Complies, sont des prières nocturnes, au moins en vertu de l'institution ecclésiastique. Au crépuscule, à la première heure. des ténèbres, à minuit, au lever de l’aurore, l'Eglise nous appelle à la prière 7 pour rendre à Dieu les hommages qui jui sont dus, pour nous unir aux prières de Jésus-Christ, pour sanctifier le travail et le repos, pour nous $ armer contre les milices infernales et faire de nous d'invincibles soldats.
Va A *
tique, ces sept jours de la semaine sont désignés par sept lettres, les premières de l’alphabet : on appelle lettre dominicale celle qu corresponde orne APE l'HtEuER du none, les jours ont reçu leurs noms
jours ne sont pas rangés, dans la semaine, suivant le même ordre que. planètes le sont dans le ciel, mais selon l'influence plus ou moins sensible que les gentils attribuaient aux planètes.
Au premier abord, il semble que l'Eglise, devenue maîtresse et régule trice du monde, eût dû faire RRparenre de la pisse et des mœurs des Ê
à son esprit. el fut aussi toujours son désir. Si elle ne l’a pas réal qu’il n’est point dans sa nature de procéder par la violence pour arrivt ses fins. Elle aime mieux y tendre par une action douce et ferme tout. fois, retranchant sans pitié tout abus dangereux, mais tolérant avec tience d’une mère tout ce qui peut subsister sans crime ; plus sage que ses violents détracteurs qui, dans ces derniers temps, ont te
elle- même; et pour la piété de ses enfants, des noms pieux ent au cœur chrétien et y réveillent une foule de pensées salu-
ar distinguer les jours, l'Eglise a adopté le mot de «férie». Ce plein de sens et de beauté. Il signifie repos, fête : repos du travail e l’iniquité, fête dans l’allégresse du Seigneur. Chaque j Jour, pour le étien, doit offrir, en effet, cet heureux mélange de joie et de quiétude ; e que tous les jours appartiennent à Dieu qui les a créés; parce que sles jours doivent être consacrés à Jésus-Christ qui nous a sauvés, et
ébtion particulière dont le souvenir seul fût un encouragement à la vertu. C'est dans ce but qu ‘elle a consacré à la sainte EURE la première
as assurer par nous- mêmes, elle nous appelle à elorifier en ce jour, par culte particulier, la puissance, la sagesse et l'amour du Père, e Fils et aint-Esprit, en qui nous avons la vie, le mouvement et l’être
C'est de plus un devoir pour tous les chrétiens d’implorer l'E sprit- -Saint commencement de toutes leurs actions, qui, sans lui, ne peuvent leur
ne se e reposent ni le jour, ni la nuit? De CH la pensée de ie euves que nous subirons peut-être bientôt nous-mêmes, suffit pour donàänotre conduite, pendant le reste de la semaine, une direction sée, et à chacune de nos prières cet esprit de ferveur que dissipe trop
Ange de sa cour, qu’elle a attaché à notre personne. Nos pères dans qui savaient que la reconnaissance multiplie la grâce autant que bude la fait tarir, consacrèrent le mardi au culte des saints Anges,
prits célestes qui, tout rayonnants de gloire au ciel, s’empressent de la voix de l'Eternel, s'attacher aux pas et préparer les destinées des rlels qu’ils prennent au berceau pour ne plus les quitter qu’à la
détails, l'histoire du dimanche, dans le volume spécial que nous avons consacré e xVI, pages 115-119).
cel exemple, nous inspirer à tous une tendre dévotion pour :
RL Ur tombe. De quel respect, de quel amour un pareil dévouement doit péné cd trer tout cœur chrétien ! are
Qui ne louerait aussi l'Eglise de sa sollicitude à rappeler au moins une fois la semaine à l’homme qui l’oublie, le souvenir de la mort et desangoisses qui l’accompagnent. Ce moment est à craindre, et tout esprit sage le redoutera toujours; car c’est de lui que dépend notre éternité. Or, il. est au çiel un Saint dont le nom invoqué pendant la vie sera pour “mous alors comme le gage certain d’un heureux trépas. Le plus heureux des mortels sur Ja terre, puisqu'il fut le chef de la sainte famille, le“chaste époux de la plus pure des vierges, le père nourricier de l’enfant Jésus, et le représentant le plus vrai du Seigneur, vénéré des anges, qu'il égala en pureté et chéri des hommes dont il éprouva toutes les misères, saint Joseph est devenu pour le chrétien, non-seulement le modèle achevé de la vie cachée, mais aussi le pieux et puissant patron de la bonne mort, depuis le jour où il rendit le dernier soupir entre les mains sacrées du Rils de Dieu et de sa très-sainte Mère. Aimons donc à lui rendre nos RER 4" dans ce jour du mercredi que la religion lui a dédié.
Comme ce jour et les trois suivants virent consommer l’œuvre /sanglante de notre rédemplion, ils furent dès les premiers siècles consacrés à. honorer les douloureux mystères de la passion du Fils de Dieu. C'est le mercredi, en effet, que les Juifs conçurent et arrêtèrent l’horrible projet de le faire mourir. C'est le jeudi que Jésus, prévoyant sa mort, institua la divine Eucharistie. C’est le vendredi qu'il expira pour nous au milieu de cruelles angoisses. C’est le samedi que son corps, descendu au tombeau; en" éprouva toutes les horreurs, sauf la corruption qui ne pouvait atteindre sa chair divinisée. Aussi l'Eglise, pour expier les crimes qui le firent condamner à tant de cruelles ignominies, prescrivit-elle à ses enfants Le jeûne et l’abstinence pour le mercredi et le vendredi; plus tard, la piété s’affaibliss sant dans les cœurs, l'obligation du jeûne cessa partout, et l’abstinence du mercredi passa peu à peu au samedi, pour honorer les vertus de la sainte Vierge, à laquelle Urbain I dédia ce jour dans le xr° siècle, afin d'aturer par elle sur les croisades les bénédictions du ciel. *
Des mois. — Le mois est un espace de temps où la lune s’éloignant du ñ soleil, en apparence du moins, vient se réunir à lui après avoir termiméson cours. Mois, en latin mensis, vient de mensurare, parce que le mois sert de mesure à l’année. Romulus, le fondateur de Rome, divisa l’année en dix mois auxquels il donna des noms particuliers, tandis que les Hébreux et d’autres nations les désignaient par des nombres. I1 donna le nom de Martius au premier mois, en l'honneur de Mars, son père ; il nomma le second Aprilis, en souvenir d’Aphrodite ou Vénus; le troisième Maius, de la nym= phe Maïa, mère de Mercure; le quatrième Junius, probablement de Ia déesse Junon. Les six autres prirent leurs noms de l’ordre dans lequel ils se suivaient : ainsi le cinquième fut nommé Quintilis, le sixième Sextidis, le septième September, le huitième October, le neuvième November, le dixième. December. Jules-César et Auguste changèrent les noms de Quintilis et Sextilis en Julius et Augustus. À ces dix mois, Numa en ajouta deux autres: Januarius, de Janus, et Februarius, de Februaria, ou plutôt des sacrifices expiatoires qu’on faisait pendant ce mois. Les deux mois ajoutés par Numa finissaient l’année, qui n’étaient plus composée de dix, mais de douze mois ou 354 jours. Mais afin de se conformer à la croyance nationale, qui regardait le nombre impair comme d’un heureux augure, il ajouta encore un