SUR LES CALENDRIERS ECCLÉSIASTIQUES
nées l'une, un nouveau mois, afin que l’année lunaire s’accordât avec l’année solaire : on nomma ce mois Mercedonius où Mensis intercalaris. On le plaçait entre le 23 et le 24 février, et le Pontife l’allongeait ou le raccourcissait à son gré au moyen des 40 jours, à heures et 49 minutes restant de l’année solaire.
Cet état de choses dura jusqu’au règne de Jules-César (1014-44 av. J.-C.) qui, pour détruire la confusion qui régnait dans la chronologie, fit venir à Rome le célèbre astronome Sosigène d'Alexandrie, et le chargea, ainsi que le secrétaire Flavius, de déterminer l’année d’après le cours du soleil. Par ce moyen, chaque mois eut autant de jours qu’il en a encore aujourd'hui. Sosigène prit pour base de son nouvel ouvrage le cours du soleil dans l’écliptique évalué à 365 jours 6 heures. Il commit en cela une légère faute, puisque, d’après les observations des astronomes postérieurs, la révolution du soleil s'opère en 365 jours 5 heures et 49 minutes. Ce qui fait une différence de onze minutes par an où d’un jour sur 134 ans. C’est ce qu’on appelle le C'alendarium J'ulianum ou la Période Julienne.
. À l’époque du concile de Nicée(325), oùil fut question de la célébration de Ja fête de Pâques, on remarqua déjà une légère déviation, sans toutefois en reconnaître la source, parce qu’on était persuadé que le cours dusoleil s’opérait en 365 jours et 6 heures. Le peu de temps qui s'était écoulé depuis l'établissement de la Période Julienne fut cause que l'erreur dont il s’agit ne fut pas très-sensible. Depuis l’an 325 où fut tenu le concile de Nicée, jusqu’au seizième siècle, l’avance produite par cette erreur était déjà de dix jours entiers. L'erreur était généralement reconnue, mais il s'agissait de savoir qui la corrigerait, Plus on différait celte correction, plus la confusion s’augmentait.
Comme dans toutes les matières importantes qui ont quelque influence
sur les affaires ecclésiastiques, on résolut aussi de décider celle-ci dans un
concile général, afin que ce qui devait servir au bien-être de toute l'Eglise fût aussi décidé en commun. Les évêques s'étant donc assemblés en concile dans l’église Saint-Jean de Latran à Rome, l’an 1512, Paul de Middelbourg proposa de corriger les défauts du Calendrier existant. Mais les Pères se séparèrent sans avoir mis la main à l’œuvre. Ils ne comprenaient peutêtre que trop les plaintes que feraient naître dans ces temps de confusion et de troubles l’amélioration et plus encore l'adoption du Calendrier corrigé ; ils considérèrent sans doute aussi les conséquences qu’entrainerait pour toutes les parties de la Liturgie cette correction du Calendrier ; d’ailleurs le nouveau Calendrier rendait nécessaires de nouveaux missels, martyrologes, etc., et l'importance de la chose exigeait une longue préparation et un examen sévère. Il fut de nouveau question de cette affaire au concile de Trente (1545-1563), mais elle n’eut pas de suite, attendu qu’elle fut écartée par l'abondance des questions dogmatiques qui intéressaieni
… l'Eglise. On jugea à propos de charger le Pape de cette affaire.
" Les papes précédents, Nicolas V (1449-1455) et Sixte IV (1471-1481) avaient déjà songé sérieusement à la rectification du Calendrier, et, pour cet effet, ce dernier avait fait venir à Rome Jean Regismontanus, habile mathématicien. Nous ne savons pas quels progrès cette entreprise fit sous eux; Grégoire XIIT (1572-4585) montra plus d'énergie et fut plus heureux dans
… l'exécution. Peu de temps après son avénement, il s’entoura dans ce but des
hommes les plus célèbres et les chargea de la correction du Calendrier. Les principaux d’entre eux furent Ciaconius, prêtre de Tolède, Christophe Clavius, jésuite de Bamberg, et Louis Lilius ou Lilio, mathématicien et mé-
parce qu’elle mettait fin à la confusion dont on sentait depuis si longt les déplorables effets. Les protestants seuls s’y opposèrent, non que le vail fût manqué, mais parce que le Pape en était l’auteur.
Rome fit frapper, pour perpétuer le succès de cette entreprise, im telle d’ailleurs par elle-même, une médaille à l'effigie du Pape, avec ce légende : Gr egorius AI Pont. Maxim. On voyait sur le revers une tête: de bélier couronnée de quatre étoiles, au-dessous de laquelle se trouvait un
pagni ou de Grégoire). Sur le cordon on lit : Anno restiluto mpLxxxur. C'est” pourquoi le Calendrier corrigé reçut le nom de Calendarium Gregorianum ou Calendarium novum atque perpeluum.
Afin que l’équinoxe de printemps se trouvât de nouveau au 21 ma comme au temps du concile de Nicée, on retrancha dix jours en octobr 1581. Le Pape plaça de préférence dans ce mois le commencement des système de réforme, parce qu'il ne renferme pas de fête mobile et peu de fètes capitales. Toutefois, cette suppression de 40 jours ne fut pas suffisante. On découvrit bientôt, par un calcul approfondi, qu’il restait enco quelques minutes qui, à la longue, devaient occasionner une nouvelle con fusion. On institua donc un jour bissextil à ajouter tous les quatre ans au mois de février. C’est de ce jour que l’année reçut le nom de bissextile, ‘an nus bissextulis, ou, à l'instar de la dénomination romaine, bissexto calendas: Marti, non que le ue six fût multiplié, mais parce que le jour désigné par les mots sexto calendas Marti était répété, Ceci ne suffit pas encore entièrement, puisqu'il restait encore quelques minutes qui, au bout de cent ans, formaient de nouveau un jour ; c’est pourquoi ce jour intercalaire fut omis la première année des trois premiers siècles ; ce qui fait que Îles années 4600, 1700 et 4800 qui devaient être bissextiles d’après la place qu Le: occupent, sont restées des années ordinaires de 365 jours. H y a, dans chaque mois, trois jours remarquables, les calendes,« nones et les ides. Les calendes sont les premiers jours du mois; les none sont les quatre ou six jours de chaque mois qui suivent les calendes; etles: ides sont les huit jours qui suivent les nones. Les jours se comptent: premier, le second, etc. d'avant les ides, les nones ou les calendes, Outre ces trois jours, il y a par mois deux autres jours que les anciens appelaient égyptiens, comme qui dirait jours néfastes. L'Eglise, qui répu \ les préjugés de l’idolâtrie, a pourtant gardé cette dénomination, en sou nir des plaies dont Dieu frappa l orgueil de l'Egypte. Me À la consécration des jours de la semaine, l'Eglise a ajouté celle mois. Les Gentils, dans l’origine, avaient connu les rudiments de la véri € mais ils n'avaient su les conserver pus ni dans leur “esprit ni dans.
mais à l’état de putréfaction. Dans ce sens intime et faux qu’ils avaie ÈS vrai, les païens avaient consacré les mois à des puissances supérk
Aphrodke Maïa, mère du dieu des voleurs, : SR Junon En | n pris possession des quatre premiers mois de l’année romaine. Les autre mois avaient éLé consacrés à des dieux ou à des princes que l'idolàt i
ces aveugles et malfaisantes de la nature, les instincts bas et groses sens avaient nn he là, tantôt une reconnaissance on se tan-
L 140 par re fait ‘de son ‘établissement, substituait à la reconnais- … sance officielle des passions, la proclamation des vertus; et, par ses pro- … grès dans les âmes, frappait de déchéance la notion païenne des mois. Tout “en conservant ces noms, inoffensifs désormais, l'Eglise voulut sanctifer “chacun de ces mois par un culte ou du moins par une dévotion particulièvre. Janvier fut consacré à la sainte Enfance de Jésus; Février aux douleurs de la sainte Vierge; Mars à saint Joseph; Avril aux grands mystères de ca D nmption; Mai à Marie; Juin au Sacré ce de Jésus; Juillet au
se saint Michel; Octobre aux Saints Anges; Heniee aux âmes du purga- | Aoire; Décembre à l'Immaculée Conception.
De l'Année. — L'année, dans l'hypothèse de la gravitation universelle, … est l’espace de temps que met la terre dans son mouvement de translation autour du soleil. Elle renferme douze mois, cinquante-deux semaines ou … trois cent soixante-cinq jours.
y à trois sortes d'années : l’année solaire, l’année lunaire et la grande année.
La grande année s’accomplit quand toutes les planètes reviennent au lieu de leur création, ce qui n’a pas lieu en moins de cinq cent trente ans. L'année lunaire est réglée sur le mouvement de la lune autour de la terre. À l’aide de nombres réguliers, de l’épacte, du nombre d’or, des embolismes, comme on le verra plus loin, on connaît l’âge de la lune, ses hases, le terme pascal et les révolutions d’un cyele particulier. … L'année solaire a divers commencements. Les Arabes et les Egyptiens commencent à partir de septembre, parce qu’on lit qu'au commencent du monde les arbres portèrent du fruit, et que les arbres se couvrent fruits mûrs à cette époque. Les Romains commençaient l’année en janer, parce qu’alors le soleil, suivant son mouvement apparent, commence à se rapprocher de nous. Les Juifs la commençaient en mars, parce que le -monde fut créé en ce mois. Ceux qui s’occupent de Comput imitent tous
tembre les nombres réguliers lunaires, les embolismes, les épactes et tes les années lunaires ; ils commencent, à partir de janvier, le nombre d'or et certaines lettres dominicales : à partir de mars, les nombres réguiers solaires, les nombres concurrents et certaines lettres dominicales. Dans le cours de cette année, le soleil paraît parcourir un cercle nommé zodiaque et traverser douze stations marquées de signes naturels. Tout le monde connaît ces signes : le Bélier, le Taureau, les Gémeaux, le Cancer,
Lion, la Vierge, la Balance, le Scorpion, le Centaure, le Capricorne, le au et les Poissons.
liquent par leurs fonctions. Le printemps tire le sien ‘de la fécondité nature; us rene le sien aux chaleurs; l’automne, à Le matu-
irer sur la terre les bénédiction du ciel, l'Eglise, à chacune de ces saierve un jeûne de trois jours, ce qu’on appelle le jeûne des Quatrepions du printemps se trouve dans la première semaine de