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CHAPITRE II

DE LA SOUMISSION QU'ON DOIT AUX JUGEMENTS DE BÉATIFICATION ET DE CANONISATION.

Célébrer les vertus des Saints par les hommages d’un culte public? .

respecter leur mémoire, les monuments de leur piété, les restes de leurs dépouilles mortelles ; implorer avec confiance leur intercession auprès de Dieu, c’est donc une des premières leçons que l'Eglise catholique donne à ses enfants depuis l’établissement même du christianisme. On a vu de temps en temps des sectes hérétiques, envieuses de la gloire dont les Saints jouissent sur la terre, attaquer ouvertement ou s’efforcer de saper en secret le dogme précieux de notre croyance. Des anathèmes multipliés ont repoussé ces entreprises audacieuses. Les Pères du concile de Trente n’ont fait que répéter contre cette impiété les condamnations portées par ceux de Chalcédoine, de Constantinople, et par le second de Nicée. On ne pourrait donc, sans être ennemi de la foi, refuser aux Saints ces honneurs et nous enlever leur secours. Mais ne faudrait-il pas être insensé pour contester aux premiers pasteurs de l'Eglise le droit de décerner ces triomphes et de prononcer sur la sainteté qui les mérite? Ne serait-ce pas le comble du désordre que d'attribuer à la multitude un pouvoir dont il lui serait si facile et si funeste d’abuser ? Ne faudrait-il pas être aveugle pour méconnaître dans les règles établies par la cour de Rome tous les moyens que la sagesse humaine, animée de l'esprit le plus pur de la religion, est capable de suggérer, afin d'éviter jusqu'aux moindres soupçons de fraude ou de méprise ? On pourra s’en convaincre dans cet abrégé même, qui ne les représente qu’imparfaitement.

Il faudrait, en effet, supposer par une défiance criminelle que le Saint- Esprit manque à l'Eglise de Jésus-Christ dans une décision où la pureté du culte est si fort intéressée, pour croire qu’il ne prend aucune part à des conseils où l’on invoque si souvent ses lumières, avant d'inscrire de nouveaux noms dans les fastes sacrés. Tout le monde catholique convient que c’est une indécence scandaleuse, une témérité pleine d’injustice, d’affecter des doutes, et d’exciter des disputes en cette matière ; que c’est alarmer sans raison la piété des fidèles, attenter à la gloire des Saints, et autoriser l’impiété des hérétiques qui s’en déclarent les ennemis.

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