DU CULTE AUTORISÉ PAR LA BÉATIFICATION ET LA CANONISATION
On a réduit à sept articles tous les honneurs que l’Eglise fait rendre . aux Saints canonisés : 4° Leurs noms sont inscrits dans les calendriers ecclésiastiques, les martyrologes, les litanies et les autres diptyques sacrés ; 2° on les invoque publiquement dans les prières et les offices solennels ; 3° on dédie sous leur invocation des temples et des autels ; 4° on offre en leur honneur le sacrifice adorable du corps et du sang de Jésus-Christ ; 5° on célèbre le jour de leur fête, c’est-à-dire l’anniversaire de leur mort; 6° on expose leurs images dans les églises, et ils y sont représentés la tête environnée d’une couronne de lumière qu’on appelle auréole; 1° enfin, leurs reliques sont offertes à la vénération du peuple, et portées avec
pompe dans les processions solennelles. C’est dans tout l’univers chrétien ê
que ce culte est autorisé par le décret de leur canonisation. Quand le souverain Pontife a proclamé leur sainteté, c'est un devoir pour tous les fidèles de la reconnaître et de leur payer le juste tribut de respects dus à cette qualité sublime.
La béatification, au contraire, n’est regardée que comme le prélimipaire d’une canonisation. C’est une espèce de permission provisoire, restreinte par sa nature à l'étendue des lieux ou à la qualité des personnes. Les serviteurs de Dieu reçoivent, en conséquence de ce jugement, le titre de Bienheureux. Une ville, une province, un Ordre, un diocèse peuvent alors les honorer sous ce nom. Quelquefois on approuve un office particulier, qui ne se récite qu’en secret, sans préjudicier à celui du jour. Mais il faut un indult du Pape pour ériger des autels en leur nom, et même pour exposer dans une église ou leurs portraits ou leurs reliques.
Un décret du pape Alexandre VII, de l’année 1659, défend absolument d'étendre aux béatifiés les honneurs qu’on rend légitimement aux Saints canonisés.