‹ Les petits BollandistesChapitre 40 sur 281 · DU DEGRÉ D'HÉROÏSME NÉCESSAIRE AUX VERTUS DES SAINTS · texte numérisé non relu

DU DEGRÉ D'HÉROÏSME NÉCESSAIRE AUX VERTUS DES SAINTS

C'est dans l’empire de la religion qu’il faut chercher les vrais héros, L’antiquité païenne se vante, il est vrai, d’en avoir formé par l’amour de la gloire ou par les leçons sublimes de sa philosophie. Nous n’envions point aux hommes illustres de la Grèce et de l'Italie la grande réputation dont ils jouissent depuis tant de siècles. Leurs vertus, hélas ! si souvent stériles, et la grandeur d’âme qui les a distingués méritent nos regrets et notre admiration. C’est un sentiment que l’humanité nous inspire et que la foi ne désapprouve pas.

Mais cet éclat si vifque jettent tant de guerriers et de législateurs, dans les fastes d'Athènes, de Lacédémone et de Rome, s’éclipse bientôt en présence de nos héros du christianisme. C’est au milieu des croix, des brasiers ardents, des ongles de fer, qu’il faut chercher dans nos martyrs cette fermeté réfléchie qui se joue des plus affreux supplices, et qui brave l’appareil d’une mort lente, cruelle, ignominieuse, appareil plus terrible que le trépas même. C’est dans le fond des déserts arides de la Thébaïde, dans ces tombeaux obscurs où nos saints pénitents s’ensevelissaient tout vivants,

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