ÉPILOGUE
pas demander une semblable pour lire avec profit la Vie des Saints, puisqu’elle est comme une parole de Dieu écrite, et qu’elle ne nous représente | autre chose que l'Evangile et les autres écritures de l’Ancien et du Nouveau Testament mis en pratique ? Cela étant, il est à propos que nous marquions en peu de mots quelle doit être la disposition de celui qui veut appliquer à la lecture de ce livre, pour le faire avec utilité et en tirer les motifs de son entière conversion et les instructions nécessaires à son avancement spirituel. ,
Comme nous parlons d’un véritable chrétien, qui ne porte cette auguste qualité que parce qu'il est fidèle, et qu'il croit indubitablement tout ce qui est compris dans la doctrine de l'Eglise catholique, nous devons plutôt supposer en lui la foi que la demander. Aussi un infidèle, s’il n’est dans la défiance de ses opinions et ne cherche à être éclairé d’une lumière céleste, n’est nullement capable de la lecture dont nous parlons, et elle Jui seraït plutôt une occasion de scandale et de blasphème qu’une source de grâce et d’amendement. Lorsqu'il verrait tant de Saints fouler aux pieds les richesses et les grandeurs, idoles du monde, pour suivre la doctrine et les maximes d’un Crucifié, et s’exposer hardiment, sans faire réflexion sur la noblesse de leur sang ni sur la délicatesse de leur complexion, aux plus grandes tortures et aux supplices les plus ignominieux, au fouet, à la roue, … au gibet ; consentir à être déchirés par les bêtes, brûlés, rôtis à petit feu, et hachés en pièces par tout le corps, pour demeurer constants dans le parti de ce Crucifé ; et de plus cette quantité de jeunes Vierges, douées d’une rare beauté, refuser des alliances qui leur mettaient le sceptre à la maïn et la couronne de l’empire sur la tête, pour conserver inviolablement la foi qu’elle avaient promise à l’'Epoux céleste, ce qui a souvent attiré sur elles toute la fureur des hommes et toute la rage des démons, et les a fait passer par des tourments et des outrages inexprimables; cet infidèle, disons-nous, voyant ces merveilles de la grâce crucifiante de Jésus-Christ, ne les regarderait-il pas comme des traits de folie et comme des effets d'un esprit extravagant ? Lorsqu'il verrait encore ces compagnies de Confesseurs se condamner eux-mêmes à une pauvreté et à une mortification continuelles, et ne faire guère moins de mal à leur corps que les tyrans et les bourreaux n’en faisaient souffrir aux Martyrs, et cela pour l'amour d'un Dieu qu’ils ne voyaient point, et dans l’espérance d’une vie et d’un bonheur qui ne tombaient point sous leurs sens; cet infidèle ne dirait-il pas que c’est là être ennemi de soi-même et agir contre les règles de la véritable sagesse ?
C’est donc avec sujet que nous supposons dans celui qui doit lire la We des Saints la soumission et la docilité de la foi chrétienne : d'autant plus que la conduite de ces grands serviteurs de Dieu étant l'ouvrage de la grâce, qui ne peut être connue par les seules lumières de la raison naturelle, il faut être éclairé d’une lumière supérieure, qui est celle de la foi, pour en juger sainement et sans erreur. Supposons-lui donc cette lumière qui fait la substance de l’homme chrétien, et sans laquelle il n’y a point d'intelligence des choses divines, selon cette parole du prophète Isaïe: "5: non credideritis, non intelligetis : « Si vous ne croyez pas, vous n’enlendrez pas ». Les autres dispositions qui lui sont nécessaires sont la pureté d'intention, l'humilité de cœur, la ferveur et le discernement. }
Il doit premièrement avoir l'intention droite, c’est-à-dire, ne lire ni par curiosité ni par étude, mais dans la vue de son bien spirituel, et pour trouver sujet de se confondre de ses négligences, de s’animer à une vie plus
ee OURS ET