‹ Les petits bourgeois (volume 2)Chapitre 4 sur 31 · A RS · texte numérisé non relu

A RS

— Elle en sort, dit Colleville en faisant allusion à sa femme, ce n’est pas pour y rentrer. ; . — M. Godeschal est d’ailleurs trop âgé pour Céleste, dit

Brigitte.

— Et puis, ajouta timidement madame Thuillier, ne faut-il pas la laisser marier à son goût et qu’elle soit heureuse ?

La pauvre femme avait aperçu dans Félix Phellion un amour vrai pour Céleste, un amour comme une femme écrasée par Brigitte et froissée par l'indifférence de Thuillier, qui s'était soucié de sa femme moins que d’une servante, avait pu rêver l’amour : hardi dans le cœur, timide au dehors, sûr de lui-même et craintif, concentré pour tous, s’épanouissant dans les cieux. À vingt-trois ans, Félix Phellion était un jeune homme doux, candide, comme le sont les savants qui cultivent la science pour la science. Il avait été saintement élevé par son père, qui, prenant tout au sérieux, ne lui avait donné que de bons exemples en les lui accompagnant de maximes triviales. C'était un

jeune homme de moyenne taille, à cheveux châtain clair,

les yeux gris, le teint plein de taches de rousseur, doué d’une voix charmante, d’un maintien tranquille, faisant peu de gestes, rêveur, ne disant que des paroles sensées, ne contredisant personne, et surtout incapable d’une pensée sordide ou d’un calcul égoïste.

— Voilà, s'était dit souvent madame Thuillier, comment j'aurais voulu mon mari!

* Vers le commencement de 1840, au mois de février, le salon des Thuillier contenait les divers personnages dont les silhouettes viennent d’être tracées. On approchait

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