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ENSEIGNEMENT AGRICOLE

L’enseignement agricole est actuellement donné en Algérie dans deux écoles : l’école pratique d’agriculture de Rouïba, dans le département d’Alger ; l’école primaire supérieure de Sidi-bel-Abbès, dans celui d’Oran. Cet enseignement sera prochainement donné dans une troisième école, actuellement en création, celle de Philippe ville dans le département de Constant ine.

A l’école pratique d’agriculture et de viticulture de Rouïba, les cours durent trois ans. La première année ne comprend qu’un cours préparatoire, dont peuvent être dispensés les élèves ayant subi avec succès un examen qui leur permet d’entrer d’emblée en deuxième année. Une moitié de la journée est consacrée à l’exécution de travaux pratiques sur le terrain, sous la direction des professeurs et des chefs de pratique agricole et horticole. L’autre moitié du jour est consacrée aux études et aux cours. Outre les chefs de culture, cinq professeurs composent le personnel enseignant :

Un professeur de français et de mathématiques ; Un professeur d’histoire naturelle ;

Un professeur de chimie et de physique ;

Un professeur d'agriculture ;

Un professeur de zootechnie et d’art vétérinaire.

L’école reçoit chaque année une quinzaine d’élèves, dont plusieurs, actuellement établis, ont fait d’excellents colons.

A Philippeville, le département a acquis un domaine sur lequel sera installée une école de viticulture. Cette école est surtout créée en vue de la reconstitution du vignoble constan-

tinois. La culture de la vigne, et en particulier de la vigne américaine, tiendra une place prépondérante dans l’enseignement qui sera donné dans cette école.

A l’école primaire supérieure de Sidi-bel-Abbès, un professeur spécial d’agriculture rétribué par l’État et un chef de travaux pratiques rétribué par le département et la commune donnent aux élèves dont les parents en font la demande un enseignement technique et pratique de l’agriculture. A l’école est annexé un champ de démonstration dont les élèves exécutent eux-mêmes les travaux. Cette organisation économique, qui a le don de développer chez les enfants le goût de l'agriculture et l’esprit d’observation et de progrès, a donné de si bons résultats que l’académie est sur le point de créer à l’école de Boufarik une section agricole analogue à celle de Sidi-bel- Abbès.

Outre cet enseignement secondaire de l'agriculture, trois professeurs départementaux, un par département, sont chargés de vulgariser parmi les colons tous les procédés ou les découvertes susceptibles de faire progresser l’agriculture algérienne.

L’enseignement des professeurs départementaux est un enseignement ambulant.

Un inspecteur d’agriculture, en résidence à Alger, est chargé de la direction et du contrôle de cet enseignement. 11 est en outre chargé de l’organisation des concours généraux agricoles et donne au Gouverneur général des avis sur toutes les questions intéressant l’agriculture.

Dans leur dernière session, les délégations financières ont insisté, par un vœu fortement motivé, pour qu’un cours élémentaire d’agriculture fut adjoint au programme des écoles primaires. En conséquence, les préfets des départements viennent d’adresser aux maires des communes une circulaire pressante pour inviter l’administration communale à mettre à la disposition des instituteurs et des élèves un champ destiné à compléter l’enseignement théorique par de véritables leçons de choses. Applaudissons à cette mesure qui répond à une nécessité urgente. On ne saurait trop le répéter, l’Algérie est, avant tout, une colonie où l’industrie agricole doit être prépondérante. On a donc le devoir impérieux d’initier, de préparer les enfants et les jeunes gens aux travaux de l’agriculture. Si nous pouvions détourner du fonctionnarisme encombré et des carrières libérales où la lutte, surtout ici, devient de plus en plus âpre, une bonne partie de notre jeune contingent pour le diriger vers l’industrie agricole, j’estime que de grands services seraient rendus aux familles françaises et à la colonie. Or, il faut bien avouer que, de ce côté, l’effort n’a pas été bien grand. Examinons les tentatives louables mais insuffisantes qui ont été faites jusqu’à ce jour : nous avons une école à Rouïba, une école de viticulture à Phil ippeville et une école primaire supérieure à Sidi-bel-Abbès ; à Boufarik, l’autorité académique

adjoindra à l'école primaire une section agricole ; à l'école normale de Bouzaréah, un professeur spécial donne aux futurs instituteurs un enseignement bien fait et bien compris. Dans les écoles indigènes, comme nous l'avons dit, le programme élaboré dans cet ordre d'idées est parfait. C'est tout : c'est déjà bien, mais c'est encore insuffisant. Dans nos écoles et dans nos lycées, les fils de colons sont en majorité. Parmi les colons, la plupart des pères aspirent au moment où leur fils pourra devenir le collaborateur utile et déjà préparé, théoriquement, à la culture. Généralement, ils ne demandent pas pour leurs enfants un enseignement compliqué et trop technique ; ils se contenteraient de notions élémentaires et nettement précisées, trop heureux encore si les éducateurs développaient chez eux le goût et les aptitudes pour les travaux agricoles. Dans les écoles primaires, le programme nouveau donnera satisfaction, nous F espérons, aux désirs des parents et au vœu des délégations financières. La mesure devrait être étendue aux lycées et collèges de F Algérie.

L'enseignement moderne, dont l'effectif croit de plus en plus, a été institué pour répondre aux nécessités urgentes de la vie moderne. Or, ne serait-il pas conforme au bon sens de modifier, dans cet ordre d'enseignement, les programmes applicables aux établissements de la colonie? Un enseignement approprié, à la fois théorique et pratique, serait un acheminement direct vers l'industrie agricole ou une préparation aux écoles d’agriculture et à l’Institut agronomique. Parmi les élèves, les uns, sans qu'il fût besoin de convoiter un titre d'ingénieur ou un diplôme de sortie, seraient en état, à la sortie du collège ou du lycée, de rendre de réels services ; les autres, une élite, après une solide préparation, iraient demander aux

établissements spéciaux des notions plus techniques et plus complètes.

Dans la colonie même surgiraient les éléments favorables au développement de la colonisation. Parmi cette belle jeunesse, la réserve pour P avenir, on trouverait de solides colons, habitués au climat, initiés à des procédés spéciaux de culture et d’élevage. Autour d’eux viendraient se grouper les émigrants venus de France et sûrs de trouver dans cette pépinière nouvelle des aides actifs et des collaborateurs éclairés.

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