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CONSTITUTION GÉOLOGIQUE DU SOL ET VINIFICATION

Il est bon de consulter les ouvrages spéciaux relatifs à ces questions, et, en particulier, les travaux remarquables de MM. Trabut, Lecq et Bivière, et l’étude sur les vins de l’Algérie, due à la collaboration de MM. Lecq, inspecteur de l’agriculture, A. Turlin, J. Dugast, Saliba, Flamand et Accardo, ouvrage déjà ancien, mais qui n’en offre pas moins un vif intérêt.

Si, dans l’antiquité, l’Algérie a pu être appelée le cellier de

Rome, en raison de la grande production de céréales qui alimentaient la capitale et les principales villes de l’Italie ancienne, l’Algérie moderne, dans un avenir rapproché, ne sera pas moins célèbre par l’extension de ses vignobles, la quantité et la qualité de ses. vins.

D’après les spécialistes sur l’autorité desquels je m’appuie, notre grande colonie réunit à souhait toutes les conditions favorables à la culture des plants les plus variés : la nature du sol, les altitudes, les expositions et le climat.

Le vignoble algérien, d’après M. Flamand, est cultivé sur des terrains dont la constitution varie beaucoup.

1° Sur toute la zone littorale et dans l’Est se développent les terrains les plus anciens : gneiss, micaschistes, schistes (massif de Bouzaréah, Bône, Philippeville, Djidjelli) ;

2° Les terrains secondaires jurassiques, composés de calcaires dolomitiques de marnes et de grès, se trouvent surtout dans le sud-ouest du département d’Oran (Tlemcen, Lamoricière, le Télagh, les vallées de l’oued Mekarra et de Saïda) ;

3° Les terrains secondaires crétacés s’étendent dans l’est du département d’Oran et dans le département d’Alger (la région de l’Atlas et du Dabra au nord et une partie du massif kabyle). Ils sont formés tantôt d’argiles schisteuses et de quartzites (Miliana, Blida), tantôt de calcaires crayeux ou d’assises calcaréo-marneuses (Aïn-Bessem, Aumale, Bougie) ;

4° Les terrains tertiaires éocène et oligocène dans le département de Constantine, miocène et pliocène dans les départements d’Alger et d’Oran, forment, dans la colonie, la presque totalité des terres de culture (le Sahel, la zone

bordant les Hauts-Plateaux, Téniet-el-Haâd et Taza ; les belles régions de Tlemcen, de Sidi-bel-Abbès, de Mascara, de Médéa, etc., etc.) ;

5° Et enfin les dépôts quaternaires anciens et récents et les alluvions constituent les plaines et les grandes vallées (Chéliff, Mitidja, la Soumam, la Seybouse, etc., etc.).

Dans ces terrains, de constitution géologique si variable, on obtient des crus très différents les uns des autres, que bon commence déjà à classer. Quoi qu'il en soit, viticulteurs et œnologues sont encore dans la période d’essais.

Avec le temps, on arrivera bien à établir, pour les vins algériens, une classification nettement déterminée.

Ils pourront avoir quelque analogie avec des crus similaires de la France, de l'Italie ou de l'Espagne. Mais ils auront et ils ont déjà leur caractère propre. Ce qui n'empêchera pas que, par la couleur, le bouquet et le degré alcoolique, on pourra les mettre en parallèle avec les produits les plus recommandables des autres pays.

Les progrès réalisés dans l'art de la vinification sont des garanties de succès et de bonne conservation. L'emploi du réfrigérant pour ramener les fermentations des moûts à une température normale et constante, un matériel vinaire plus complet entretenu dans un état de propreté absolue, l’exposition mieux comprise et l'aération des caves, la cueillette du raisin faite seulement après maturité complète contribuent de plus en plus à une vinification qui ne laisse rien à désirer.

Certaines caves peuvent être citées comme des modèles.

L’Algérie peut fournir à la consommation toutes les catégories de vins :

Les vins rouges ;

Les vins b] ancs déjà si renommés ;

Les vins rosés très recherchés en Suisse, en Belgique et en Allemagne ;

Les vins blancs doux, dits muscats, qui pourront rivaliser avec les meilleurs crus de la Sicile et de l'Espagne quand l’alcoolisation sera faite plus lentement et de façon plus méthodique.

Faut-il parler des vins mousseux algériens, déjà si estimables par la fabrication que le jury, à l'Exposition d’Anvers, n’a pas hésité à les placer immédiatement après les crus de Champagne?

Le vignoble algérien

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