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LES FORÊTS

Les forêts de l'Algérie occupent une superficie d'un peu plus de trois millions d'hectares.

Elles sont réparties de la façon suivante :

Forêts domaniales du Tell définitivement classées dans le domaine de l'État 1.549.591 h.

Forêts domaniales possédées par l'État en vertu de la loi du 16 juin 1851 199.331

Forêts confiées à la surveillance de l'autorité militaire en territoire de commandement 744.356

Total des forêts domaniales 2.493.278 h.

Forêts communales soumises au régime forestier 76.583

Boisements appartenant à des particuliers. . . 480. 123

Total général 3.049.984 h.

Avant, la conquête, il n’y avait pas chez les musulmans de régime forestier ; et les agents turcs du « Bit-el-Mal '> n’ont jamais fait mention des forêts dans le domaine beylical. Les forêts classées parmi les terres vagues dites « terres mortes » servaient, d’après les commentaires de Bou-Khelil, au pâturage des troupeaux et aux besoins des propriétaires voisins.

La loi du 16 juip 1851 détermina, pour la première fois, les droits de l’État : « Les bois et forêts, sous réserve des droits de )) propriété et d’usage, régulièrement acquis avant la promul- » gation de la présente loi, font partie du domaine de l’Etat. » A la suite de l’arrêt rendu par la Cour de cassation, le 15 janvier 1883, il est admis aujourd’hui qu’un massif boisé est, de plein droit, soumis au régime forestier.

D’après le rapport très complet du service des forêts auquel nous empruntons ces renseignements, les forêts domaniales de l’Algérie sont divisées en sept catégories :

1° Forêts définitivement soumises au régime forestier avant 1863 par arrêtés ministériels ou gouvernementaux ;

2° Forêts définitivement classées dans le domaine de l’État à la suite des opérations du sénatus-consulte de 1863 à 1870 et à partir de 1887 ;

3° Forêts provenant des divers séquestres ;

4° Forêts réunies au domaine de l’État à la suite de l’application des lois des 26 juillet 1873 et 16 février 1897 ;

5° Terrains domaniaux affectés à l’administration des eaux et forêts par arrêtés du Gouverneur général ;

6° Forêts demeurées litigieuses, à la suite des opérations du sénatus-consulte ; ^

7° Forêts qui ne sont pas encore définitivement classées dans

le domaine de l’État, qui les possède en vertu de la loi du 16 juin 1851.

On appelle bois communaux des massifs boisés abandonnés aux douars ou concédés, par des dotations forestières, aux communes européennes et aux centres de colonisation.

Coefficient de boisement suivant les régions

Tell Algérien 16 pour 100

Province de Gonstantine (partie centrale). 3 — —

Province d'Oran (littoral) 7 — —

Entre Philippe ville et Djidjelli • 60 — —

Constitution de la forêt algérienne

Les forets sont constituées par des chênes-liège, des chêneszéens, des chênes-affarès, des chênes-verts, des cèdres, des pins d'Alep, des pins maritimes, des thuyas, des genévriers, des oliviers, des frênes, des ormes, des peupliers, des aunes. Les hautes broussailles sont composées de lentisques, de genêts, de myrtes, de bruyères, d'arbousiers, etc., etc.

L'arbre le plus exploité et dont le rapport est le plus fructueux est le chêne-liège; les premiers essais d'exploitation furent tentés en 1846 aux environs de la Galle. Le liège, avec des bois servant à la fabrication des cannes et des parapluies, est le seul produit forestier qui soit exporté.

En 1897, le démasclage de 452,000 chênes-liège a coûte 23,587 francs.

Chênes dèmasclês dans les forêts domaniales

Conservation d’Alger 275.000

— de Constantine 170.000

— d’Oran 7.000

Les prix de vente ont varié entre 50 et 21 francs le quintal. Le prix moyen est de 33 francs; quant aux recettes, elles ont été établies officiellement de la manière suivante:

Années Quintaux vendus Recettes

Dans l’ensemble, la vente des produits forestiers a donné les résultats suivants :

ANNÉES

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