MINES
| Acide carbonique
— sulfurique
— sîlicique
— chlore
— potasse
traces
— soude
— chaux.
— magnésie
— peroxyde fer
traces
— alumine
Malgré tout, à entendre le docteur Renard, très compétent dans cette matière, les eaux thermo-minérales d'Hammam- R'irha ne contiennent aucune trace de produits sulfurés, et il le déclare hautement pour ne pas « induire en erreur les médecins qui ont des malades à envoyer à cet établissement ».
D’après des prescriptions médicales très nettes, l'eau thermale ne doit jamais être ingérée en boisson. Elle est lourde et peu digestible. Au contraire, sous forme de douches et en bains, elle produit les effets les plus salutaires. La durée du bain ne doit pas excéder 10 minutes. Il faut entrer dans beau progressivement. Le docteur Renard, qui, pendant 34 années, a enre-
gistré des observations multiples, classe de la manière suivante les maladies qui sont traitées avec avantage dans cette station :
1° Les arthrites, traitées avec une efficacité remarquable ;
2° Les hydarthroses d’origine traumatique ;
3° Les entorses souvent guéries ;
4° Les rhumatismes, cas très fréquents parmi les malades ;
5° Les affections des centres nerveux (névroses, névralgies) ;
G0 Les maladies des voies digestives surtout traitées par l’eau ferrugineuse et les douches froides ;
7° Les maladies des voies urinaires traitées également par l’eau ferrugineuse et les douches froides.
Pour les blessures et les lésions traumatiques, les eaux thermo-minérales sont assurément moins efficaces ;
8° La source froide gazeuse et ferrugineuse est située à 1,500 mètres de rétablissement, dans un village qui rappelle assez, par son aspect riant et sa belle verdure, le village de France. Elle a été découverte, en 1846, par le docteur Panier, que j’ai eu le plaisir de connaître et qui, en dépit des ans, demeura jusqu’à la dernière heure un philosophe érudit, un sociologue et un causeur disert. La thermalité de cette source est de 18°. Elle renferme en assez notable quantité du bicarbonate de fer et de l’acide carbonique. Elle est légèrement acidulée et agréable à boire. Deux ou trois verres avant chaque repas produisent un excellent effet, soit par l’assimilation du fer dans l’organisme, soit par l’action stimulante de l’acide carbonique. L’appétit se réveille, l’estomac se réconforte, la circulation est plus active et les fonctions digestives se régularisent.
C’est un complément très appréciable clans le traitement général.
On peut dire hardiment qu’à Hammam-R'irha la pureté de l’atmosphère, les eaux chaudes, le traitement par l’hydrothé-. rapie et l’eau ferrugineuse contribuent, de la façon la pl us heureuse, à la reconstitution de l’organisme ;
9° Le domaine , la ferme et les jardins. — Après le traitement, les malades peuvent, à loisir, faire ample provision d’oxygène pur et se promener dans les jardins où l’eau chaude, qui coule à travers les plantes, entretient une végétation inconnue partout ailleurs. Le parc, qui a quatre hectares, est complanté de palmiers, de phénix, de pins, d’eucalyptus,* d’araucarias, de thuyas et de caroubiers.
Il serait impossible d’énumérer les plantes et les arbustes à fleurs qui ornent les massifs.
Les amateurs d’horticulture trouveront dans les plates-bandes 500 variétés de rosiers environ.
Les jeux en plein air ne laissent rien à désirer, et peuvent satisfaire les fervents du foot-ball et du lawn-tennis.
La ferme « Mont-Rose », admirablement située, renferme une basse-cour, une bergerie et une vacherie.
Mais ce qui fait vraiment le charme de cette nature c’est la forêt de pins qui s’étend le long des contreforts de la colline, jusqu’au pied du Zaccar : cette montagne domine le paysage à 1,500 mètres d’altitude. Ceux qui aiment la solitude, les sensations douces, les peintres et les rêveurs seront heureux d’y égarer leurs pas.
1° La forêt d'Hammam-Iî irha. — Le train s’arrête à Rou-
Medfa, et l’on franchit en voiture les douze kilomètres qui séparent la station de rétablissement thermal. En suivant les lacets qui serpentent sur les flancs des premiers contreforts, on s’élève peu à peu au-dessus de la vallée de l’Oued-Djer. Le panorama se développe et la vue s’étend sur le premier plan de collines aux tons fauves et roux. Le paysage avec ses lignes de montagnes qui se superposent, dans une atmosphère de mélancolie douce, n’est pas dépourvu de grandeur. Là-bas, de l’autre côté du val, c’est Vesoul-Benian, avec son petit clocher et une agglomération de maisons dont la couleur semble se confondre avec les tons jaunes du sol. Vesoul-Benian, village fondé par des colons francs-comtois, nom bien français qui s’unit à un vocable arabe, mot en lequel se perpétue sur la terre algérienne le souvenir de la patrie absente !
Au loin, vers le sud, pareil à un entablement gigantesque, dans une coloration bleue, le massif du Guntass. A droite, les collines de Tizi-Franco et les contreforts verdoyants du Zaccar qui, avec sa coupole majestueuse, domine les vaux abrupts où s’épand la verdure veloutée et claire des pins serrés.
Je ne sais rien de plus délicieux qu’une promenade à travers cette forêt qui avoisine l’établissement. On y a, surtout au printemps, la sensation bienfaisante du calme et de la fraîcheur. En général, la forêt algérienne, complantée de chênes, de cèdres ou de pins, ne ressemble pas à la forêt de France où la variété a un si grand charme, où les saisons apportent tour à tour leur note caractéristique, le printemps les verts délicats ' des premières pousses et les frissons du renouveau, F automne les ors des feuilles qui meurent et l’hiver le charme mélancolique au milieu des arbres qui sommeillent. Ici, au contraire, comme une compensation à la sécheresse des champs brûlés
par la canicule, la forêt est toujours verte, immuable dans sa forme et dans sa vie.
Le sentier qui surplombe la vallée et contourne à mi-flanc la montagne semble, dans la monotonie exquise du paysage et l'apaisement des choses, ne devoir jamais aboutir à un terme. Les pins l'ombragent, et longtemps les pins se succèdent avec les mêmes tons, les mêmes contours. Uniformité de sensation où s'abolit le labeur de la pensée. A peine deux ou trois clairières d’où l’on aperçoit d'abord les parois violettes du Zaccar et ensuite, presque au terme de la promenade, dans l'échancrure des monts jaunis, une portion de mer pareille à une vapeur bleue.
Dans ces futaies où flottent des senteurs balsamiques, ce sont des fleurettes délicates, des bruvères à fleurs roses et des genêts
piquetés d'or qui égayent les sous-bois. Au-dessus, dans un ciel très léger, des palombes passent comme des flocons blancs.