‹ Les petits côtés de l'histoire: notes intimes et documents inédits, 1870-1884Chapitre 8 sur 27 · PIÈCES JUSTIFICATIVES · texte numérisé non relu

PIÈCES JUSTIFICATIVES

Après avoir fait imprimer à dix exemplaires les feuillets qu'on vient de lire, je m'empressai d'en

faire parvenir une épreuve à M. le comte de Paris, pensant que mon devoir était de soumettre cet écrit au chef de la famille d'Orléans.

Voici un fragment de la réponse du prince qui s'était mépris sur mes intentions. Je n'avais, en effet, nul désir, alors, de publier ces notes.

Château d*Eu, 25 octobre 1877.

Mon cher comte,

J'ai reçu l'épreuve d'une brochure que vous vous proposez de publier. Â vous dire vrai, il me semble que le public a été accablé par tant de professions de foi, de lettres, de réponses, de manifestations, etc., que les meilleures choses se présentant sous forme d'imprimé risquent de passer inaperçues.

Veuillez me croire votre affectionné

LOUIS-PHI LIPPE-d'oRLÉ ANS.

Après avoir reçu la lettre ci-dessus, la pensée me vint aussitôt d'adresser ces mêmes feuillets à M. le comte de Chambord. Mon but était, non pas de contrôler les récits du docteur X..., de la véracité duquel je n'avais jamais douté, mais de savoir si sa

mémoire avait été fidèle et si la substance des faits si importants, relatés dans cette conversation, était exacte.

Le 20 novembre 1877, le comte de Blacas voulut bien me faire remettre la lettre suivante en mains propres :

Le comte de Blacas au comte d'Ideville.

Monsieur,

Je suis chargé par M. le comte de Chambord, de vous accuser réception de votre lettre, de la petite brochure qui l'accompagnait, et de vous en remercier.

Monseigneur a été extrêmement sensible aux hommages dont vous lui avez fait parvenir l'expression, et a fort apprécié la profession de foi monarchique qui ressort de chaque ligne de votre écrit et que vous formulez, d'ailleurs, en termes exprès.

Vous rendez complète justice. Monsieur, à ses sentiments au sujet de l'union de la Maison de France qu'il a toujours désirée, qu'il a accueillie avec joie, et sur laquelle il n'a cessé de compter depuis le mois d'août 1873.

Les inexactitudes de détail qui peuvent se trouver dans le récit par lequel se termine votre opuscule, ne portent pas sur la réalité du fait qui est et reste vrai^.

Agréez, monsieur le comte, la parfaite assurance de la considération bien distinguée de votre... etc^

Le comte de blâgâs.

Copie de la lettre du comte de Blacas fut transmise par moi à Monseigneur le comte de Paris, qui répondit par les mots suivants :

Château d'Eu, 1" décembre 1877.

Moucher comte, Je vous remercie de la communication que vous

1. Cette affirmation de M. le comte de Chambord qui, après avoir lu les notes intimes ci-dessus, non seulement ne s'inscrivait pas en faux contre leur teneur, mais daignait me faire remercier de cette communication par le premier de ses gentilshommes, est caractéristique et concluante.

« La lettre que vous a écrite M. de Blacas, en 1877, dictée par M. le comte de Chambord, nous disait dernièrement un haut personnage, est la réponse la plus péremptoire qui puisse être faite aux ridicules et misérables inventions mises en avant en 1884 pour dénaturer les sentiments et les relations qui unissaient si étroitement M. le comte de Chambord à son héritier M. le comte de Paris. »

me faites de la lettre de M. de Blacas, et j'y vois une nouvelle preuve de sentiments dont je n'ai, d'ailleurs, jamais douté.

Les dernières élections ont prouvé que, malgré la défaveur qui devait naturellement suivre Téchec de la campagne monarchique en 1873, les monarchistes ont sur le corps électoral plus de crédit aujourd'hui que les bonapartistes. C'est un symptôme encourageant pour l'avenir, quoiqu'il ne faille pas l'exagérer à l'heure actuelle.

Veuillez, etc.

LOUIS-PHILIPPE d'ORLÉANS.

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