ACTE PREMIER
pas, je serai peut-être forcé de suspendre mes paye-
ments.
BLANDINET. Oh! mon Dieu, mon pauvre ami! ...
et combien? . . . combien te faut-il ?
AUBERTIN. Il me fallait une somme énorme . .. 5
BLANDINET. Enorme ?
AUBERTIN. J'ai fait flèche de tout bois! ... et il me manque encore 50,000 francs ! 4
BLANDINET. Ah! merci! ... tu m'as fait peur.
AuBErTIN. Quoi donc? 10
BLANDINET. Je craignais de ne pas pouvoir te les prêter.
AuBerTix. Comment! toi!
BLANDINET. Parbleu !
AugerTIN. Eh bien! non!... non, je ne veux 15 pes !
BLANDINET. Pourquoi ?
AUBERTIN. Parce que . . . si mon navire n’arrive
pas, je ne suis pas sûr de pouvoir te les rendre . . BLanniNeT. Où serait le mérite si tu étais sûr de 20 me les rendre? Autant? prêter à la Panurie de France
alors ! .
AUBERTIN. Mais .
BLanpiNeT. Voyons! mon ami... Gustave! ...
pas d’enfantillages ! 25 AUBERTIN (souriant). Gustave ! 5 BLanpiNer. C’est le nom que je te donnais autrefois .à la pension ...t’en souviens-tu? . .. En |
it
vieillissant on perd son petit nom . . . On a peur d’être
ridicule . .. Mais quand on se trouve seul . . . sans 30
1J'ai... bois. ‘I have left no stone unturned.” Cf. Tout bois n'est pas bon à faire flèche; Ne sa voir plus de quel bois faire flèche. 2 Autant. ‘As well.”
témoin ., . . avec un vieil ami . . . c'est si bon de s'appeler comme autrefois! . .. Dis donc . ..il n'y a personne . . . appelle-moi Edmond . . . ça me
fera plaisir .
5 AUBERTIX (lui sautant au cou). Edmond !
BLANDINET. (Gustave! (Zls s'embrassent.) Ah!ça me rajeunit !
AUBERTIN. Quel ami tu fais !
BLANDINET. Gustave, ne dis donc pas de bêtises ! 10 Je vais consulter mon portefeuille . . . etaprès-demain, à midi, tu auras ton affaire . . . Quant à ton coton, il arrivera . . . il passera à la barbe! des Américains ! On leur en passera bien d’autres, aux Américains ! ? (IL sort par la gauche.)