‹ Les Petits Poèmes grecsChapitre 278 sur 395 · IV · texte numérisé non relu

IV

M ÉGARE , FEMME D'ilERCU LE.

« Ma mère , pourquoi Ion cœur affligé se consume-l-il en longs soupirs ? Les roses de tes joues sont effacées. Pourquoi l'abandonner si fort à la douleur ? Est-ce parce que ton illustre fils endure des maux innombrables sous un lâche, comme un lion sous un daim timide ? Hélas ! pourquoi les dieux immortels m'onl-il» couverte ainsi d'ignominie? pourquoi mes parens m'ont-ils donné le jour sous un astre aussi funeste? Epouse infortunée! j'ai partagé la couche d'un héros accompli Je l'aimais comme mes yeux (2) , je l'Iionorc et le respecte encore du fond de l'âme. Nul mortel ne fut plus malheureux que lui, et n'éprouva autant de peines , autant de maux. Le barbare > avec l'arc dont Phébus lui avait fait présent, cl avec les traits cruels ou d'une Parque ou d'Érinnys , a tué ses enfans, a Iranché leurs jours si chers. Furieux , il se baigne dans leur sang au milieu de son palais. Mère infortunée, j'ai vu de mes yeux ces enfans percés par la main de leur père, spectacle que l'on ne vit jamais ! pas même en songe. Malgré leurs cris touchans et réitérés , je n'ai pu secourir mes fils, ces malheureuses victimes d'une mort inévitable (3). Tel gémit un oiseau sur la perle de ses pelils nouvellement éclos, qu'un serpent furieux dévore au milieu d'un épais buisson : cette mère inconsolable voltige autour de leur nid, en poussant des cris aigus et douloureux ; mais elle ne peut les secourir, car elle craint d'approcher du monstre cruel. Telle, mère infortunée, déplorant la mort de mes enfans , je courais d'un pas furieux et égaré dans le palais. Que n'ai-je été moi-même étendue mourant avec mes enfans, le cœur frappé d'une flèche empoisonnée , ô Diane, puissante reine des faibles femmes! Alors, après nous avoir pleures, nos parens, de leurs mains amies nous couvrant â l'envi d'offrandes funéraires, nous auraient placés sur un bûcher commun ; après avoir recueilli nos cendres dans la même urne d'or, ils les auraient inhumées en ces lieux qui nous ont vu natlre. Maintenant , ils habitent Thèbes fertile en coursiers , cultivant la féconde glèbe des champs aoniens. Et moi , dans l'aride Tiryn-

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