L'EXPÉDITION
vrlrcz le palais d'Éétès el la forêt consacrée a Mare, dans laquelle la Toison d'Or est suspendue au haut d'un chêne. Un monstre horrible, un dragon furieux, veille sans cesse à sa garde; et jamais ses yeux ardens ne sont fermés par le doux sommeil. »
Le discours de Phinée remplit de terreur les Argonautes -, ils restèrent quelque temps muets et consternés. Jason rompit enfin le silence : « Respectable vieillard, dit-il, lu viens de nous conduire à travers mille dangers jusqu'au terme de notre navigation; tu nous as Tait connaître à quel signe nous devons hardiment traverser ces rochers redoutables qui défendent l'entrée du Ponl-Euxin. Mais pourrons-nous les éviter une seconde fois pour retourner dans la Grèce? c'est ce que je désire ardemment de savoir. Mais que dis-je ? et comment traverser lantde mers inconnues ? comment parvenir aux rivages de la Colchide qui touche aux extrémités de la terre et des mers ? — Mon fils , répondit le vieillard, dès que vous aurez heureusement passé les rochers redoutables, allez avec confiance ; un dieu vous ramènera par une autre roule; et pour arriver en Colchide, vous ne manquerez pas de conducteurs. Surtout , ô mes amis, lâchez de vous rendre Vénus favorable. C'est de celte adroite déesse que dépend le succès de vos travaux. Mais j'en ai dit assez , ne me demandez rien de plus. »
Le fils d'Agénor achevait de parler, lorsque les enfans de Borée , descendant du haut des airs, posèrent leurs pieds légers sur le seuil de la porte. A leur aspect chacun se leva , impatient de savoir ce qu'étaient devenues les Harpies. Zélhès, encore lout hors d'haleine, raconta jusqu'où il les avait poursuivies, comment elles avaient été sauvées de leurs mains par Iris, et s'étaient réfugiées dans un anlrc du mont Dicté ; enfin le serment de la déesse. Ces nouvelles remplirent de joie Phinée el les Argonautes : « Fils d'Agénor, s'écria Jason pénétré de la plus vive tendresse, un dieu sans doute a eu pitié de ta misère; c'est lui qui nous a conduits sur ces bords éloignés, pour te faire trouver des vengeurs dans les fils de Borée ; si ce dieu pouvait encore te rendre la lumière, je serais aussi sensible à ce bonheur qu'à celui de revoir ma patrie. — Fils d'Eson, répondit Phinée, le mal est sons remède, mes yeux sont éteints pour jamais. Que les dieux m'accordent plutôt une mort prompte, et je me croirai