‹ Les Petits Poèmes grecsChapitre 302 sur 395 · AP0L · texte numérisé non relu

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cotés, Il compAlit à mes maux , les soulage et ne s'éloigne de moi qu'avec peine. »

Parébius arriva dans ce moment , amenant avec lui deux béliers. Le jour venait de finir , Jason cl les fils de Borée offrirent un sacrifice, par l'ordre de Phinée , à Apollon auteur des oracles. Les plus jeunes de la troupe apprêtèrent le repas, après lequel chacun se livra au sommeil*, le» uns sur le rivage et prés du vaisseau, les aulrcs dans la demeure de Phinée.

Le lendemain matin, les vents qui commençaient à souffler les empêchèrent do se rembarquer-, c'étaient les vente étésiens, dont le souffle se fait sentir sur loutc la terre. Jupiter les envoya jadis aux mortels pour les soulager d'un terrible fléau.

La belle Cyréne, fuyant le commerce des hommes, et résolue de demeurer toujours vierge, faisait |ialtre ses troupeaux sur les bords du fleuve Pénéc. Apollon la vil et en devint amoureux, et, l'ayant enlevée, la transporta loin de la Thcssalic pour la confier aux nymphes qui habitent la Lyhie, prés du mont Myrtose. Va fut la qu'elle mit au jour Aristée , que les Thessaliens invoquent comme le dieu lulé- Jaire des campagnes et des troupeaux. Apollon pour prix des faveurs de Cyréne , lui accorda l'immortalité et lui soumit les vastes campagnes de la Lybie. Aristée Tut transporté par son père dans l'antre de Chiron pour y être élevé. Lorsqu'il eut atteint l'adolescence , les Muses lui choisirent elles-mêmes une compagne. Elles lui apprirent l'art de guérir , celui de lire dans l'avenir , et lui confièrent le soin do leurs nombreux troupeaux , qui paissaient dans les champs de Phlhie, prés du mont Othrys et du fleuve Apidan. Aristée faisait son séjour dans ces contrées , lorsque les rayons brûlans deSirius ayant desséché les Iles autrefois gouvernées par Minos, les habitans, qui depuis longtemps ne connaissaient plus aucun remède a leurs maux, curent recours à lui pour chasser la peste qui les tourmentait. Aristée obéit A son père, et passa dans l'Ile de Céos avec une colonie de Pharrasiens descendans de Lycaon. La sécheresse était l'origine du mal ; pour la faire cesser, il éleva un grand autel A Jupiter, principe de l'humidité des corps , et sacrifia sur les montagnes à Sirius et au fils de Saturne.

Depuis ce temps , les vents étésiens rafraîchissent la terre pendant quarante jours , et les

prêtres de Céos offrent tous les ans dos sacrifices avant le lever de la Canicule.

Les Argonautes, ainsi retenus parmi lesTbyniens, reçoivent d'eux chaque jour de nouveaux présens pour le service qu'ils avaient rendu à Phinée. Les vents ayant cessé de souffler , ils construisirent sur le rivage un autel en l'honneur des douze dieux, y offrirent des sacrifices et se rembarquèrent sans oublier la colombe, qu'Euphémus tenait dans sa main.

Leur départ n'échappa point A Minerve '. Empressée de les secourir, elle monte sur un nuage léger qui la porte en un instant aux bords habités par les Thy nions. Ainsi lorsqu'un mortel errant loin de sa patrie , par un malheur trop commun , songe A la demeure chérie qu'il habitait, la distance disparaît tout A coup A ses yeux -, il franchit dans sa pensée les terres et les mers, et porte en même temps ses regards avides sur tous les objets de sa tendresse.

Parvenus nu détroit tortueux bordé d'écueils menaçans, les navigateurs s'avançaient on tremblant au milieu du courant qui les repoussait sans cesse cl entendaient déjà le bruit des rochers qui se heurtaient. Euphèmus tenant In colombe monte sur la proue, et chacun, excité par Tiphys , rame avec ardeur. Après avoir franchi le dernier détour , ils aperçurent ce qu'aucun mortel ne devait voir après eux. Les rochersCyanées s'ouvrirent et demeurèrent écartés l'un de l'autre. A ce spectacle la frayeur redouble: Euphémus lAche la colombe; chacun lève la (êle et la suit des yeux. Tout A coup les rochers se rapprochent et se joignent avec un bruit épouvantable : l'onde jaillit au loin , l'air frémit , la mer se précipite en mugissant dans le creux des rochers, le rivage est couvert d'écume et lo vaisseau tourne plusieurs fois sur lui-même. Cependant la colombe échappe au péril , ayant seulement perdu , par la renconire des rochers, l'extrémité de sa queue. Les Argonautes poussèrent aussitôt des cris de joie. Tiphys les excita de plus en plus A faire force de rames, afin de passer rapidement en- Ire les rochers qui s'ouvraient de nouveau. Chacun obéit en tremblant, lorsque tout A coup les flots qui venaient se briser contre le rivage les poussèrent en refluant au milieu du passage fatal , où la mort, suspendue sur leurs têtes, et l'immensité de la mer qui s'offrit A leurs re-

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Virgil., jCn. I, 130.

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