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quelques légers morceaux , jusqu'à ce qu'il ait fait disparaître entièrement les maux et les douleurs qui l'accablaient, de môme les pagures n'osent point se hasarder avec leur peau trop nouvelle, dans la crainte que quelque choc fâcheux ne l'entame cl ne l'offense.
D'autres animaux rampans vivent dans le sein des mers : le poulpe aux bras nombreux ', le scordyle % la scolopendre exécrée des pécheurs et l'osmylc tous sont amphibies. Il est sans doute plus d'un habitant des campagnes qui, en soignant ses plantations sur le bord des rivages, a vu la poulpe et l'osmylc enlacés dans des rameaux chargés de fruits, s'occupanl d'en faire un doux repas : on y voit aussi la rusée sépie 4, entraînée par les mêmes goûts.
Une immense quantité d'animaux à coquille habite au milieu des eaux , sur les rochers et dans les sables : les nériles , les strombes , les pourpres , le solcn , si bien nommé le manche a couteau », les chéruques (ou buccins) , les myes °, les hutlrcs aquifères et les échines ( les oursins) â pointes aiguës. Si vous coupez l'un de ces mollusques en un petit nombre de parlies, et que vous les jetiez à la mer, vous les verrez bientôt se rassembler et le mollusque reprendre une vie nouvelle. Les carkinas ( les bcrnard-l'ermite ) , en venant au jour, n'ont point de test : ils naissent nus et sans défense ; leur corps débile en rcvôl un qui n'est pas le leur. Lorsqu'ils aperçoivent une coquille vacante cl privée de son maître que la mort a moissonné , ils s'y placent , se l'approprient, la dirigent de l'intérieur et parcourent ainsi les mers sous un abri étranger ; ils s'inquiètent peu s'il a été la dépouille d une nérile, d'un buccin ou d'un strombe ; ils préfèrent même celles de ce dernier, parce qu'elles ont le double avantage de la grandeur et de la légèreté. Lorsque
1 Le grec d'il paLipos, qui signifie à plusieurs pieds ou bras. Pour être tidèJe au plan que j'ai suivi dans cet ouvrage , Je devrait meure dans le texte le mot polype ; mais comme ce nom désigne chez nous un animal bien différent, j'ai cru, pour éviter toute méprise , devoir faire exception i la règle que je me suis prescrite , et devoir donner â cet animal son véritable nom, poulpe, sous lequel nous le connaissons.
• Une espèce du genre poulpe.
1 Autre espèce de poulpe qui sent le musc, non-seulement , dit Rondelet, lorsqu'il est vif, mais aussi mort et dessèche.
• La sèche.
• C'est le nom que nous lui donnons en langue vulgaire. Le mot grec sMtn veut dire plus particulièrement un tube creux, nn tuyau.
• Rondelet dit que ce sont les moules, et non ce que nous entendons aujourd'hui par mye s ; d'autres entendent par ce mol les murex.
les carkinas en grandissant ont rempli leur demeure , ils ne continuent plus de l'occuper', Us l'abandonnent pour se mettre en cherche et se revêtir d'une plus ample. Ces coquilles sont souvent pour eux un grand sujet de débal et de guerre -, le plus fort en chasse le plus faible, et s'arrange dans cette maison usurpée qui est â sa convenance.
Il est un mollusque enfermé dans une coquille univalve et profonde dont l'animal ressemble assez aux poulpes, qu'on nomme avec raison le nautile, â cause de son adresse à naviguer : il habite le fond des mers sablonneuses; quelquefois il s'élève à leur surface , mais à la renverse, le corps tourné vers la terre, afin que sa coquille ne soit pas submergée. Dès qu'il est parvenu a la hauteur des ondes, il se retourne et la dirige de la même manière qu'un pilote dirige un vaisseau. Il dresse et élève deux de ses pieds en forme de mâts ; il déploie dans le milieu une membrane mince en guise de voile, et la présente au vent; deux autres de ses pieds, tournés en bas et s'cnfonçanl dans les eaux, lui tiennent lieu de rames cl font marcher à la fois la coquille , la nacelle , l'animal. Survicnl-il quelque danger, il ne met point son salut dans la fuite ou dans le secours des venis ; il retire et rentre â la hâte les mâts, les voiles , les rames \ un vaste volume d'eau remplit enfin la coquille : ce poids trop lourd l'affaisse et l'cntratne au fond des mers. O dieux ! qui donc a trouvé le premier l'art de la navigation ? Est-ce quelqu'un des immortels qui en a révélé les lois ? Est-ce quelque homme d'un génie hardi qui a osé le premier se hasarder sur les flots, ou plutôt ne serait-ce point que ce mollusque aurait servi de modèle et d'exemple, soit pour la construction d'un navire , du gouvernail et des rames, soit pour l'usage des mâts et des voiles ?
On ne voit point sans effroi ces énormes cétacés , ces monstrueuses merveilles de l'Océan, ces immenses masses vivantes qui ont aussi une force immense : toujours en proie à une rage effrénée et meurtrière, ils vivent en grand nombre dans le vaste domaine des eaux, et de préférence dans les parties les plus reculées et les moins connues de l'empire de Neptune. Peu quittent la haute mer pour se porter sur les ri-*' vages qu'ils font gémir de leur poids; de ce nombre sont le féroce lion •, la terrible zy-
1 Serait-ce le grand phoque , ou plutôt n'est-ce pas le pliyseter microps >
LA PÊCHE
gène la redoutable pardalis1, l'impétueux physsale \ la race robuste des melanthons % la farouche pristis l'épouvantable lamie à gueule effroyable, la malthe % ainsi nommée de son humeur moins sauvage; de ce nombre sont encore les béliers cruels •, l'hyène • au poids énorme, les chiens marins10, si impudemment ravisseurs, dont on forme trois races : l'une fait partie des terribles cétacés-, les deux autres sont du nombre des poissons les plus forts. Les uns sont la centrine " , ainsi nommée de ses noirs aiguillons-, les autres sont appelés d'un nom commun , les galées (ou chats) qui fournissent plusieurs espèces, les skymnes •», les leïcs •% l'acanthias «\ la riné », les alopés •• (ou renards), et ceux de ce genre a diverses couleurs,T : les chiens marins (ou squales) ont tous les mêmes mœurs et les mêmes formes -, ils vivent et se nourrissent ensemble.
Les dauphins se plaisent sur les rives résonnantes et dans le sein des profondes mers; aucune n'en est dépourvue -, ils sont chers à Neptune depuis le jour qu'ils lui révélèrent le lieu caché du palais de l'Océan, dans lequel le fille de Nérée, la belle et jeune Amphitritc, se te-
1 Le squale marteau.
' La panthère. C'est sans doute quelque squale roehier ou roussette .
1 II n'est pas hors de toute vraisemblance qu'Oppien désigne ici le cachalot macrocéphale. ( l'oyei la remarque du premier chant qui correspond a cet article. )
* Ce sont sûrement ceux que rite Itondelel, liv. XVI , prem. part., cliap. 19, sous le nom de mélanlhycs, qui ne différent pas beaucoup de celui d'Oppien , melanthuno». N'e serait-ce pas quelque espèce du genre nombreux des dauphins > Leur grosseur les rendait dignes chez les anciens de trouver place parmi les célaci s ; ils auraient pour nous un litre bien plus caractéristique pour en faire partie : ce serait celui d'être
' Le squale scie.
* Je crois qu'il s'agit de la lamie, et qu'il but lire lamié* au lieu de tamnét , ou bien que les deux noms désignaient le même pot-son : c'est alors notre squale requin.
' \a lamiole de Rondelel, le squale milandre de Lacép.
* Je ne vois que le narwal , parmi les cétacés , a qui oo puisse donner ce nom.
* N'est-ce pas la baleine Tranche ? Le poids énorme que le poète lui attribue , donne de la vraisemblance i cette conjecture.
Diverses espèces de squales.
" Le squale humanlin.
Le squale roussette.
" Le squale émissole.
" l.e squale aiguillât.
" Le squale ange.
" Le squale renard.
" Le grec dit poikiloi. Certains auteurs ont pris ce mol pour celui d'un nom propre; je ne suis pas de cet avis, et je penso que c'est le pluriel de l'adjectif poikilot, qui veut dire bigarré. Il me parait que celle épilhéte pourrait convenir aux squales rousseuct, qui sont comme tigrés.
nait cachée , rebelle à son amour, pour se dérober à sa poursuite et à son hymen. Ce dieu aux beaux cheveux noirs ravit aussitôt la déesse et triompha de sa résistance; elle devint son épouse cl la souveraine des ondes. Ce bon office des fidèles dauphins leur valut la bienveillance de leur maître et l'honneur insigne qui est, pour ainsi dire , imprimé à leur race.
Il est de ces terribles cétacés qui sortent des mers et s'avancent sur le sol nourricier de la terre; on voit ainsi s'arrêter assez longtemps sur les rivages ou sur les terrains qui les avoisinent , les anguilles , la tortue cuirassée et les castors funestes et de mauvais présage, qui menacent le* hommes de leur voix fatale cl funéraire. Le mortel dont les oreilles sonl frappées de ces sons lamentables, de ces tristes gémissemens, ne tardera point à être précipité dans la tombe : ces lugubres accens lui annoncent la fin prochaine de sa destinée. Oo assure que l'énorme phaleinc ' vienl également sur le rivage pour y jouir de la douce influence du soleil. Les phoques sortent toujours de la mer pendant la nuit; souvent aussi, durant le jour, ils restent paisiblement sur les rochers ou sur le sable ; ils s'y abandonnent au sommeil.
Puissant Jupiter, tout est en loi et par loi , soit que tu habiles dans les régions supérieures de l'élher, ou que lu sois partout (car nul mortel ne peut le dire). Avec quelle ingénieuse complaisance tu as limité, séparé les masses éthérées, l'air, l'eau, la terre mère de tout, et chaque chose de toutes les autres , en les enchaînant néanmoins toutes dans les liens d'une harmonie commune , en leur imposant le joug nécessaire d'une mutuelle dépendance ! L'élher ne peut exister sans l'air, ni l'air sans l'eau, ni l'eau sans la terre. Ils se fondent le* uns dans les autres, ils parcourent tous le même cercle, ils éprouvent tous la même vicissitude. C'est ainsi qu'ils se sont, en quelque manière, donné des gages et des otages réciproques dans les amphibies. 1x8 uns, en effet, se portent de la mer sur la terre; les autres, du haut des airs, se précipitent au sein des eaux ; les légers laros les gémissans alcyons : les robustes et voraces aigles de mer et tous les oiseaux pêcheurs qui ne vivent que de poissons.
Ceux-ci , quoique nés dans les eaux, fendent
' Ê phbka'ma d'Aristole ; le dauphin marsouin. * Le gavla des Latins, le goéland ou la mouette , oiseau palmipède a bec fort, long , pointu, et arqué a l'extrémité.