‹ Les Petits Poèmes grecsChapitre 320 sur 395 · CHAIN T CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAIN T CINQUIÈME

Vous reconnaîtrez sans peine, ô mes souverains ! si vous prêtez quelque attention à ce que je vais mettre sous vos yeux , qu'il n'est rien qui résiste à l'industrie des hommes, ni sur la terre , celte mère commune , ni dans le vaste sein des mers : leur origine remonte sans doute à celle des dieux -, leur puissance seule esl inférieure. Soit donc que leur race, analogue a celle des immortels , ail été l'ouvrage du génie de Prométhée cl le fruit de l'heureuse association des substances solides et liquides , soit que leur cœur porte la trempe, l'empreinte de l'essence | divine et que leur existence tire sa source du sang illustre des Titans , car nul être n'est supérieur à Thomme, si l'on en excepte les dieux , nous ne cédons qu'a eux seuls. Que d'animaux féroces des montagnes, doués d'une force énorme, son courage n'a-t-il pas domptés! Que de races d'oiseaux élancés, errans dans les airs , à la hauteur des nues , ne sont pas tombées sous ses coups , quoiqu'il soit inhabile à s'élever de terre! Mi l'audace terrible du lion ne l'a mis a l'abri d'en être terrassé, ni le vol

: rapide de l'aigle ne l'a dérobé à sa poursuite.

Enchaîné par Thomme , le grand et noir qua- ' drupède de l'Inde a subi le joug , a courbé son ' dos sous les poids les plus lourds , s'est soumis | aux pénibles travaux du trait. Que d'immenses , cétacés viventdans les champs de Neptune! Loin d'êlre au-dessous des animaux terrestres par leur masse, ces monstres marins Temportenl de ' beaucoup par leur taille, par l'énergie de leurs muscles. On trouve sur le continent certaines espèces de tortues qui n'ont ni le pouvoir, ni le moyen de nuire-, on ne se présente point sans ! danger au milieu des flots devanl la tortue de mer. Les chiens de terre sont redoutables par leurs morsures ; aucun n'est comparable dans sa fureur, à ceux de l'empire d'Amphilritc. La panthère est une des bêles de terre les plus terribles ; celle des mers Test bien davantage. La lerre a sa cruelle hyène; celle des ondes est mille fois plus horrible. La première a ses béliers, animaux innocens des bergeries; ceux qui approcheront de ceux des eaux , n'auront point à se louer de leur douceur. Qui mettrait au même rang la férocité des sangliers et celle de l'exécrable lamie ? Qu'est le lion en proie à la rage la plus effrénée, à côté de l'affreuse zygène ? L'ours aux longs crins redoute même sur la lerre la violence plus cruelle des phoques , et s'il en est attaqué succombe inévitablement. Tels sonl les êtres à si grande puissance dont les mers sonl peuplées. Toutefois la race intraitable des humains met en usage les manœuvres les mieux combinées pour parvenir à leur ruine; ils sont vainqueurs dans les combats qu'ils engagent même avec les cétacés. Je vais dire les fatigans travaux de leur pêche. Célestes soutiens de la terre, ô mes souverains! prêtez-moi une oreille favorable.

Les cétacés vivent en grand nombre et de grande dimension dans le sein des plus hautes mers ; ils ne s'élèvent que rarement à leur surface , retenus dans le fond par Ténormilé de leur poids. Une faim toujours active , toujours impérieuse les tourmente sans cesse ; leur indomptable voracité ne connaît point de relâche. Quel serait le mets d'une grosseur suffisante pour combler le gouffre de leur vaste estomac, pour assouvir ce besoin toujours renaissant d'une nouvelle proie? Ils se détruisent mutuellement : le plus forl donne violemment la mort au plus faible ; ils se dévorent entre eux et se servent les uns aux autres de nour-

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