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pèles et par les volcans. Si l'on n'examine celle description que sous le rapport poétique, on avouera qu'Hésiode n'a pas seulement brillé dans le genre tempéré, comme le dit Quinlilicn : « In mediocri illo dicendi génère » , mais que sa Muse s'est élevée juqu'aux plus sublimes hauleurs. Cet ébranlement de la terre, du ciel, de la mer et du Tarlare, ce déchaînement des vcnls, ces éclairs qui se croisent, celle foudre qui érblc, ce désordre convulsif qui agite le monde et semble le replonger dans le ebaos, toutes ces images élevées, fortes, terribles, rendent ici Hésiode l'égal d'Homère lui-même. La fameuse tbéomachie du vingtième chant de Y Iliade , n'offre rien de plus poétique.
(43) On voit qu'Hésiode plaçait le Tarlare non dans l'intérieur mais au-dessous de la terre, en des espaces vides et obscurs donl les anciens ne pouvaient se former une idée précise a cause de leur ignorance de la véritable forme de la terce, qu'ils croyaient non l>as spbérique et partout environnée d'air, mais appuyée à sa Iwse sur le Tarlare et sur le Chaos et inaccessible aux rayons du soleil.
(44) Ici semble commencer un nouveau poème, qui contient la description des enfers. I.e poêle nous parle encore de cet espace vide sur lequel reposent les fondemens du Tarlare, de la terre, de la mer cl du ciel ; gouffre immense assiégé d'horribles tempêtes , chaos infect et ténébreux dont on ne pourrait toucher le fond, même après y avoir roulé pendant une année entière : c'est là qu'est le séjour de la Nuit ; c'est là que demeure Atlas, soutenant le ciel sur sa tète cl avec ses mains. On comprend pourquoi l'Atlas, montagne de l'Afrique occidentale, passa à litre de personnification dans la mythologie grecque : celte montagne semblait porter le ciel, parce qu'elle étail située à l'extrémité de l'occident, où les anciens plaçaient l'empire du la Nuit cl le chemin qui conduisait aux enfers ; PAllas était comme une borne posée aux dernières limites du monde antique.
Wolf doute comme Heyne que cette inscription soit (oui entière l'ouvrage d'Hésiode : elle offre plusieurs répélilious inutiles ; le vers 739, copié textuellement d'Homère (Iliade, ch. 20, v. 65), est le même pour le sens que le vers 74 1 ; en général la confusion des idées parait s'èlre communiquée à la manière de |cs rendre.
(45) La Mort et le Sommeil, qu'Hésiode représente pomme frères, selon la tradition homérique, sont tous deux fils de la Nuit ; leur séjour est celui des ténèbres.
Hésiode fait contraster le charme que répandent les doux bienfaits du Sommeil avec la cruauté de la Mort , qui renferme dans sa poitrine un cœur d'airain et inspire de l'horreur à ceux mêmes sur
qui elle n'exerce poinl d'empire , c'est-à dire aux dieux immortels. Tout le passage de la Théogonie relatif à la description de la Nuit et du Jour, du Sommeil et de la Mort, nous semble non-seulement porter une date postérieure au siècle d'Homère, mais encore présenter des idées et des expressions plus ingénieuses qu'on n'en trouve dans la manière ordinaire d'Hésiode : peul-êlre est-il l'ouvrage des rhapsodes.
(4C) On ne peut douter, ce nous semble, que Slyx, fille de l'Océan, ne soil ici la personnification de la fontaine dont parlent Hérodote et Pausauias.
Le premier dit (liv. c, c. 74) que «Cléomène, élant arrivé dans l'Arcadic, trama de nouvelles entreprises, souleva les Arcadicns contre Sparte, et, entre autres sermens qu'il exigea d'eux , obtint celui de le suivre partout où il les conduirait. Il désirait en outre mener dans la > ille de Nonacris les Arcadicns les plus puissans pour leur faire prêter serment par l'eau du Slyx : c'est dans celte ville que , suivant les Arcadiens , le peu qui parait de l'eau du Slyx coule d'un rocher dans un bas-fond entouré d'un cercle de murailles. Nonacris, dans laquelle se trouve cette source, esl une ville d'Arcadie voisine de Pbénéc. »
Le second , après avoir placé la fontaine du Slyx près des ruines de Nonacris, ajoute (Arcadie, c. 18) : « L'eau qui distille du rocher près de Nonacris tomlie d'abord sur un autre rocher Irès-élevc, le inverse cl se jette dans le fleuve Cralhis ; celte eau donne la mort aux hommes et à tous les animaux. »
Slrabon nous a laissé de celte fontaine une description semblable (liv. 8, p. 389). Son eau était regardée comme mortelle et comme sacrée : c'est peut-èlre pour ce motif que les poêles en ont placé la source dans les enfers. Lorsqu'Uomère (ch. 2, v. 755) dit que le Tartare s'échappe du Slyx , on doit entendre, comme le remarque Dugas-Montbel (Observations sur l'Iliade, tome i, p. 1 28), que le Slyx était renfermé dans les entrailles de la terre, puisqu'il n'y avait pas de fleuve de ce nom dans la Tltessalie , où coule le Titarèse. Homère le place positivement dans les enfers (ch. 8, v. 3CC). Hésiode et les autres mythologues grecs et latins ont suivi celte tradition. La description que fait Hésiode de la source du Slyx tombant d'un rocher est conforme au sens des paroles d'Homère lorsqu'il l'appelle to caléibomenon slugos hudôr (ch. 15, v. 37J. Les colonnes d'argent qui soutiennent sa grotle représentent, d'après Bergier, ces colonnes de pierre stalactite qui se forment dJbs les endroits où l'eau se cristallise en coulant du haut des rochers. Quant au serment prêté sur l'eau du Slyx, on voit déjà dans Homère qu'il était le plus redoutable et le plus solennel de tous : les dieux mêmes trcmWaicnl de le prononcer. Hésiode nous trace un tableau menaçant des souffrances réservées aux parjures pour effrayer les mortels par l'exemple des dieux : ces menaces semblent annoncer une époque