‹ Les Petits Poèmes grecsChapitre 366 sur 395 · PAR M. PERRAULT-MAI NAND · texte numérisé non relu

PAR M. PERRAULT-MAI NAND

r OLYMPIQUE PREMIÈRE.

(1) A Hiéron, tyran de Syracuse. Hiéron , premier du nom , fils de Dioménès et frère de Gélon et de Thrasybulc , succéda à son frère Gélon dans la souveraineté de Syracuse, la troisième année de la soixante-quinzième olympiade , environ 478 ans avant Jésus-Christ. Ce prince, sensible aux éloges de Pindare, l'appela à sa cour avec Simonide et Épicharme. Ses liaisons avec ces grands hommes adoucirent la rudesse de son caractère et la sévérité de son gouvernement. Il se déclara le protecteur des arts et des sciences et Gl le bonheur des Syracusains. Il mourut après un règne de huit ans et laissa le trône à Thrasybulc son frère.

Cette ode fut chantée a Syracuse, dans le palais d'Hiéron, pendant les fêtes qu'il donna à l'occasion de sa victoire. Pindare était présent.

(2) Au Cilié. Le Célès ou cheval de selle. Cette victoire était inférieure à celle des chars. Dans le texte grec , après Kelili , sous-entendez nikésanti.

Élien raconte qu Hiéron , au commencement de son règne, en la soixante-quinzième olympiade, étant arrivé a Pise avec un superbe équipage, Tbëmistocle, qui présidait à ces jeux comme l'un des Ampibtryons nommés par le peuple d'Athènes, proposa de l'exclure pour n'avoir pas pris parti dans la guerre des Grecs contre les Perses. Cet affront , joint à la satiété du trône, fut la source des ennuis dont parle Pindare. Depuis ce temps, le roi de Syracuse et les autres souverains ne se hasardèrent plus a disputer eux-mêmes la victoire aux jeux de la Grèce ; ils 6e contentaient d'y envoyer leurs écuyers et leurs chevaux. C'est pour celle raison que Pindare , tout en louant Hiéron sur sa justice, la sagesse de son gouvernement et son goût pour la musique et les arts, fait partager au coursier Pbérénice (pherô nikin — je porte la victoire) l'honneur de cette journée.

(3) L'eau est considérée ici comme élément et principe vital de l'univers, selon la cosmogonie de Thalès de Milel : « Udôr pantôn archi » , disait ce philosophe. Cette opinion , qui avait eu cours longtemps avant lui et qu'il ne fit que mettre dans un plus grand jour, avait porté les poêles dès les premiers temps à regarder l'Océan comme le père et des

dieux et des hommes et de tous les êtres en général , c'est ce qui a fait dire a Orphée :

Okeartte, thtàn gennetin, Iknétôtu' anlkrôpin . - El l'Océan, origine de* dieux cl de» mortel*. -

cl a Homère :

....... Votautoio wcttq

Okeanou otper gènes ii panieui teiukiai. ■ Lot flou de l'Océan, source do tout ce que renferme U nature. »

Un poète de l'Anthologie avait mis ceUe jolie inscription au haut d'un bain :

Ailhe te, Pindare, ma lion emolt ekathera reethroit, kal ken ariston udàr t'oumon cphéslha tuonou.

été d'elles seule» que tous cusaiei dil qu'il n'y a rien de plut excellent que l'eau. «

Cyrus, autre poète dont l'Anthologie nous a conservé plusieurs pièces, éleva près d'une fontaine une statue à Pindare et mit au pied ces deux vers :

Plndaron imeromia par' udeut Kuros egeirei Oumka phormtzôit eipcn, ariston udor.

« Sur le bord de ces eaux , Crrua éleva une statue a Pindare pour avoir dit dam une de ses ode» que l'eau est la phis excellente chose du monde. «

(4) Maie ô ma muse. Le grec porte philon itàr, qu'il faut prendre toi dans une signification un peu différente de ceUe qu'ils ont coutume d'avoir: pour commencer d'abord par le mot philon, on sait qu'il veut dire cher, tandis qu'il signifie ici mon, c'est ce qu'ont remarqué les meilleurs grammairiens. Nous en avons un exemple dans Q. Calaber. Ce poète, parlant des femmes de Lemnos qui avaient trempé leurs mains dans le sang de leurs époux , dit :

Philowi ma dômai' aloitat Ktetnonanekgeài

« Elle* remplirent leur* maisons de ramage cl égorgèrent impitoyablement loir* rearia. »

Homère , dans le 2* chant de 17/tade, met ces paroles dans la bouche d'Ulysse lorsqu'il s'emporte contre Thersitc :

Ué€ eii telcmackoio patér ktkltmtnot eifn ht me cgô \c laiwn upo men phi tu tnnatn (tuait.

•• Que Je ne soif plus le père de Tétemaquc si te saisissant moi-même je n'arrache les rétemeu. «

636 NC

l)e même , au 3* chant, il a dit en parlant de Paris saisi de frayeur a la vue de Ménélas :

Kalcpléqe philon C(or.

« 11 Tut frappé d'épouvante dans «on cœur.

(5) Si lu veux chanter. Il semble qu'après avoir énoncé les deux premières comparaisons à peu près en ees mots : « L'eau est le premier des élémens , l'or est le plus précieux des mélaux , » Pindare devait naturellement ajouter : « et le soleil est le plus lumineux de tous les astres. » Nos poêles d'aujourd'hui n'eussent pas manqué de s'assujettir à cette exactitude. Mais au gré du poële grec, un arrangement si méthodique et si uniforme eut senti la prose et la monotonie. Il s'abandonne donc à son enthousiasme , et par un tour extraordinaire, auquel on ne s'attend point , il rend son lecteur attentif, et il se sauve lui-même de la langueur où il serait nécessairement tombé par trop de symétrie. Cependant un tour si poétique et si beau n'a pu échapper à la censure; on a trouvé cet endroit oliscur. Mais « lorsque Pindare débule par des comparaisons , sa coutume est de n'en pas faire d'abord l'application , mais d'insérer quelque image lumineuse qui mette encore dans un plus grand jour l'excellence de la chose comparée et de passer ensuite aux rapports qu'elle peut avoir avec les choses auxquelles il la compare , » ce qui lui arrive parce qu'il est comme entraîné par le feu de son imagination et par la fécondilé de son génie : « Eihos de esti Pindarô, tné ois prooimiazetai sugkritikois % toutois ta sugkrinomena eutheés epagein .- alla tnetaxu tina eikona apodeiktinén lit beltiôséos parentithetai, kai outâ ton sugkrisin ejnpherei. Poiei de touto, thermos Us On kai polunous epi ta noémata. »

(Schol. Pisd.)

(c) Aux doctes en fans de la sagesse, c'est-a-dirc aux poëtes. Les anciens regardaient la poésie comme une espèce de philosophie.

(7) Ta lyre dorienne. Pindare écrivait dans le dialecte dorien.

(«) Le stade était bali tout près des rives du neuve Alpltéc.

(ft) De ce Lydien. Pélops élait fils de Tantale, roi de Lydie. Son père, ayant reçu les dieux chez lui, voulut par un forfait inouï éprouver leur divinité : il tua son fils Pélops et le leur servit avec d'autres viandes qu'il leur présenta à sa table. Les dieux, ayant connaissance de ce crime, ne touchèrent point aux mets. Cérès , absorbée par la douleur que lui causait la perle de Proscrpinc sa fille , fut la seule qui on mangea. Jupiter rendit la vie à Pélops cl lui remil une épaule d'ivoire à la place de celle que Cérès avait

mangée. Tantale, après le meurtre de son fils, fut précipité dans les enfers et Pélops se retira chez VEnoniaus, roi de Pise. Plus tard il soumit |»r les armes plusieurs peuples voisins et donna son nom au Pcloponèse.

( 1 0) Sipyle. Ville de la Lybie, au nord-ouest, près du Méandre, primiitvcmcnt nommée Céraunie de keraunos (foudre), parce que la hauteur du mont Sipyle sur lequel elle est située y attirail souvent la foudre.

(11) Ganymêde, fils de Tros, élail d'une si grande beauté que Jupiter l'enleva pour en faire son échanson a la place d'IIébé, déesse de la jeunesse.

(1 2) En morceaux. Le texte porte ampAi deutala, que Breckh et d'autres interprètes traduisent par frusta (morceaux). En effet, quand on découpe une forte pièce de gibier, on commence par retrancher les gros membres , puis on découpe le reste du corps en plusieurs parties auxquelles on f;iil subir une troisième dissection, etc. De telle sorte que, d'après l'expression de Pindare, on pourrait appeler la première disseclion des membres ta prôla kreôn , la seconde ta deutera kreôn, et toutes celles qui s'ensuivront ta deutata , les parties plus que deuxièmes.

(13) Les dieux admirent Tantale à leur table avant qu'il eût commis son crime.

( 1 4) Ces trois grands criminels sont Ixion, Sisyphe et Tilyus.

(1) Cette ode fut chantée à Agrigente, en Sicile, dans les fêles qui suivirent la victoire de Tbéron.

(2) Ce prince était fils d'OEnésidamc, de Béotie , descendant de Cadmus , fondateur deThèbes. Il lient un rang considérable dans l'histoire de Sicile. Il donna sa fille en mariage à Gélon, tyran de Syracuse, et épousa lui-même la fille de Polyzèle, frère d'Hiéron. Celle double alliance forma d'abord une étroite amitié entre les deux maisons-, mais lorsque Gélon fut mort , Hiéron lui succéda dans le gouvernement de Syracuse. Ce prince ayant conçu des soupçons contre son frère Polyzèle, Théron prit le parti de son beau-père et il s'éleva à ce sujet de grands et de longs différends entre le lyran de Syracuse et celui d'Agrigenlc; mais ils se terminèrent par la sage entremise du poële Simonide. Pour rendre leur lionne intelligence plus durable , ces princes la cimentèrent d'une nouvelle alliance : Iliéron épousa la sœur de Thcroo.

(3) Agrigente ou Acragas (de akra extrémité gis de la terre , ou mieux prémices de la terre , à cause de la fertilité de son territoire), ville de SicUc, au nii-

à dix-huit sladcs de la mer. Elle était célèbre par ses richesses et sa nomlircusc population , qui s'élevait à deux cent mille âmes. Vers l'an 408 avant Jésus- Christ, les Carthaginois la prirent et la saccagèrent.

(4) Oucm virum aul heroa Irrâ, vcl acri Tibia aames, celebrare Clio , Quem Dcum r (Horacb.)

La gradation de Pindare est plus juste et plus naturelle que celle du poëte latin.

(6) Des prémices , etc. Ilercule , au rapport de la fable, fonda les jeux olympiques des prémices du butin qu'il fit sur le roi Augias. On .sait que ce roi injuste lui avait refusé la récompense promise pour avoir nettoyé ses étantes.

(6) Hospitalier. Pindare ne manque jamais de louer ses héros de leurs vertus hospitalières il était souvent admis à leur table.

lieu de la côte méridionale, sur le mont Acragaset \ d'Adrasle, roi d'Argos, dont il épousa la fille, et

marcha contre Thèlics a la tète d'une armée commandéc par six autres braves capitaines. Etéocle confia la défense de la ville à un pareil nombre de guerriers et se chargea lui-même de combattre son frère. Enfin les deux frères convinrent de terminer leur querelle par un combat singulier , où ils se battirent avec tant d'acharnement qu'ils se portèrent l'un à l'autre un coup mortel.

(11) Tbersandre , fils de Polynice , était un des sept Epigones qui mirent le siège devant Tbèbes. Longtemps après il alla au siège de Troie. Il avait épousé Dérnonasse, fille d'Ampbiaraus.

(12) Tu partageas encore la gloire. C'est le sens qu'indiquent omoklaron et plus bas koinai , qui montrent évidemment qu'il y a une double victoire et que chacun des deux frères remporta la sienne , l'un à Olympie, l'autre dans l'Isthme et à Delphes.

(13) Cette réflexion profonde Le texte porte

(7) Les rives sacrées. Agngentc fut nommée la merimnan agroteran (une méditation de chasseur, ville satnle à cause d'un temple de Proscrpme qui ^-iHlire d'homme qui semblable au chasseur songe s'élevait sur les bords du fleuve Acragas lorsque aux moyens de s.assurer de M proie); agroteran les aïeux de Tbéron fondèrent leur colonie. rappd|e |c mot ,aUn WJwr|. ^ vehe

(8) Non lamcn irrilum

Quodcutnque rétro esl officiel {Jupiter) nequo Dittienget, infeclutnque reddel , Uuod fugwns aefltcl lion vexit.

(Iloft*»., lib. 3, Od. 39.)

(«) Les filles de Cadmus. Elles étaient quatre , mais Pindare ne parle ici que de Sémélé et d'Ino. Sémélé, poussée par la jalouse Junon, demanda à Jupiter qu'il se monlr.1t à elle dans tout l'éclat de sa gloire. Le père des dieux la satisfit à regret et parut devant elle armé des éclairs et de la foudre. Sémélé fut aussitôt consumée par le feu. Mais Jupiter la mit au rang des immortelles sous le nom de 'JTiioné.

Junon haïssait Ioo parce qu'elle était sœur de Sémélé. Celte déesse implacable ordonna à llsipbone de troubler l'esprit d'Alhamas, époux d'Ino. Ce prince dans un transport de fureur ayant tué son fils Léarque, Ino pour se dérober à la fureur de son mari se précipita dans la mer avec Mélic.'i te , son autre fils. Les dieus, touchés de son sort, la changèrent en une déesse marine sous le nom de Leucothoé. Mélieerte fut de même changé en un dieu marin sous le nom de Palémon.

(to) Et leurs mains fratricides. Étéocle et Polynice étaient fils d'OEdipc. Après la mort de leur père, ils convinrent de régner alternativement une année. Étéocle monta le premier sur le tronc par droit d'aînesse -, mais lorsqu'il eut goûté pendant un an les douceurs de la royauté, il ne voulut plus céder la couronne à son frère. Polynice implora le secours

(M) Habitèrent trois fois , etc. Pindare veut ici parler de la métempsycose ou transmigration des âmes , dont Virgile et Ovide ont exposé le système :

Anime quibu* altéra fato

Corpora dcbenlnr

Seilicct immeraorca aupera ul conrcia révisant , Iluntu et incipianl to corpora vclle reverti.

que priore rclicU vivuolque babilanlque vieiaaim.

(Ovjdb Mtiam. is.)

es tris a é\ idcmmcnl rapporté aux lr»is difleïens passages qu'après la mort subissait l'âme de l'homme dans les corps des animaux terrestres, aquatiques et aériens .- elle employait trois mille ans & cette triple transmigration, après quoi elle revenait animer le corps de l'homme.

(li) Dans ce» ilcs fortunées. Les Canaries , Iles de la mer Atlantique, à l'ouest de la Mauritanie. Les anciens n'en eurent jamais qu'une faible connaissance. Scion Plularque, ils y plaçaient les Champs-Elysées.

(16) Que la nature a instruit par ses leçons. Horace dit :

OiwMtum «I. Ego Dec atodiiiin aine divile ' Kcc rude quid proait video ingeniuoi , altcriua aie Altéra poscit opem rea, et conjurai ainirc.

{Art poétique.)

NOTES

(17) Dont le» bruyants» clameur». Il est évident que Pindare désigne par ces paroles ses jaloux détracteurs, Simonide et Vachyiide son neveu. Ces deux poëtes s'efforçaient par tous les moyens possibles d'affaiblir l'estime qu'on faisait des ouvrages de Pindare, et il paraît qu'à son tour celui-ci ne les épargnait pas.

(18) De» hommes comblés de ses fateur». Capys et Hippocrate, proches parens de Théron et même comblés de ses bienfaits, prirent les armes contre lui et engagèrent un grand nombre de personnes dans leur révolte ; mais Tbéron battit les rebelles et les fit rentrer dans le devoir.

( 1 9) . . . Seque miin numéro compreaderc refert. Quem qui «cire velU, Libjei relit «quorit idem Dicere quàm mulu Zephiro lurbcutur aren»-.

(Vue. G€org. 2.)

(I) Recckh prétend que cette ode fui chantée à Agrigentc à peu près dans le même temps que la précédente et pour la même victoire. Théron était occupé à célébrer les Théoxénies lorsque ses chevaux revinrent couverts de branches d'olivier. Pindare en prend occasion de raconter comment Hercule obtint l'olivier sauvage des Hyperboréens quand il alla sur les bords du Danube chasser la bkbc aux cornes d'or

Les Théoxéme» étaient des fêtes que les Grecs célébraient en mémoire des dieux qui autrefois avaient été leurs hôtes. Le seboliaste de Pindare en attribue l'origine à Castor et Pollux :« Kai ouloi aph' eautvn tnetenoitan Panégurin , Theoxenia para to dokein tote xenizein tous Theout.» C'est pour cela que les sacrifices qu'on faisait aux fils de Léda s'appelaient Xenitmoi.

(i) Le» fil» de Tyndare. Castor et Pollux, fils de Tyndare, roi de Sparte et de Léda, suivirent Jason a la conquête de la Toisoo-d'Or et devinrent tous deux célèbres, Pollux à la lutte et Castor dans l'art de dompter les chevaux. Après leur mort on leur rendit les honneurs divins sous le nom de Diotcwe» (Dio» de Jupiter, et houroi fils). Ils furent même comptés par plusieurs villes au nombre des grands dieux de la Grèce. Agrigeoteles honorait d'un culte particulier, et voila pourquoi , entre autres raisons , le poêle dédie son ode à eux plutôt qu'à Jupiter.

(3) Un citoyen d'tiiolic. Hercule nomma Oxyllu», Étolien , juge des luttes olympiques. Depuis ce temps les Étolieos ou Éléens, habitans de l'Elide, pour les distinguer des Acbéens , habitans de l'Achaïe, demeurèrent en possession du droit de choisir

les juges ; d'abord un seul , ensuite deux , enfin jusqu'à neuf '• trois pour les courses des chars, trois pour les cinq autres genres de combat, trois pour la distribution des prix. Aristodème, roi de Lacédémooe, en ajouta un dixième qui élait comme le président. Ces juges prêtaient serment de juger avec équité.

(4) Qui le premier apporta cet arbre. Pindare attribue ici à l'Hercule grec ce qui, selon Pausanias, appartient à l'Hercule idéen ou de Crète.

(&) Pré» des source» ombragée» de l'/tter. L'Ister, maintenant le Danube, nn des plus grands fleuves de l'Europe et qui prend sa source dans la forêt Noire.

(6) Des peuples hyperboréens. Cest ainsi que les Grecs nommaient tous les peuples septentrionaux par rapport à eux , tant de l'Europe que de l'Asie, ce qui comprend la Scythie, la Tartarie européenne et asiatique , les monts Ripbées , le pays des Abiens qu'Homère nomme le» plu» juste» de» homme» , pays alors couverts de forêts. Il serait trop long de raconter toutes les fables qu'ils ont débitées sur ces peuples; je ne citerai que Pline le naturaliste : « Près des monts Ripbées, dit-il, au delà de l'aquilon, habile un peuple heureux, si nous les en croyons, qu'ils nomment Hyperboréens ; ils vivent longtemps et sont célèbres par de fabuleuses merveilles. C'est là qu'on croit que sont places les pôles sur lesquels roule l'axe du monde : c'est l'extrémité de la terre, le terme de la course des astres. Le soleil est pour ces peuples pendant six mois sous l'horizon : ils n'ont qu'un seul jour d'un semestre entier, non comme disent les ignorans depuis l'équinoxe du printemps jusqu'à celui d'automne, mais un seul solstice éclairé du soleil pendant six mois, remplacé pendant six mois par une nuit profonde, température douce et heureuse. Les souilles impétueux des passions ne troublent pas le repos de ces nations exemptes de crimes ; les bois, les antres des forêts leur servent de maisons; ils rendent aux dieux en public et en particulier un culte religieux ; la discorde et les maladies de toute nature leur sont inconnues ; la mort ne les atteint que lorsque , rassasiés de la vie, de repas, de fêtes, les vieillards se précipitent d'eux-mêmes d'une roche élevée dans la mer , genre de mort qu'ils regardent comme la plus heureuse. — Poné eos monte», (Ripheot) ultrà aquilonem, gens felix, « credimu», çuas Hyperboreo» appell avère, annoto degil œto,fabulo»i» celebrata miraculi». Ibi creduntur este cardine» mundi, extremique siderum ambitut, umestri luce , et unâ die solis averti; non ut imperiti dixére , ab equinoxio verno in autumnum: temel in anno tolstitio oriuntur eit soles, brumdque temel occidunt •. regio aprica , felid temperie , animi afflatu noxis carens. Domus iis nemora, lucique et deorum cultu» tiritim, gregatimque , diteordia

quâdam in mare salie ntibut; hoc genus sepulturœ bealissimum. » (Pline, liv. \, ch. 12.) Vossius établit savamment que la région qu'ils habitent doit être située dans l'occident méridional, par exemple en Portugal, où la douceur du climat favorise la culture de l'olivier. Ce qui n'a pas empêché Heyne de taxer

ignola et œgritudo omnit; mors non niti satietate I loin que le souffle de Borée, elle en est donc à l'abri. vitœ, epulis delibutisque senibus /iuru , ex rvpe J

(13) Où douze contours égaux. Voyez la Dissertation sur les jeux olympiques.

(M) Il ne s'agit point ici des jeux olympiques, maïs des Tètes Théoxénies, que Théroo célébrait alors dans le temple de Castor et PoUux.

(15) Les Bmménidet. La tribu des Emménides, à Agrigente, remontait à Télémacus qui, ayant tué le tyran Phalaris, s'empara du trône; il eut pour fils Emménides, duquel est issu Œnésidame, père de Tbéron.

(16) Jusqu'aux colonnes d'Hercule. Expression figurée pour marquer que Théron était au comble de la gloire. Ce mot est devenu proverbial comme le sidéra ferrie d'Horace. Mais ici, le sujet même de l'ode en grande partie consacrée à Hercule donne à à cette formule une application particulière.

(7) Fidèles adorateurs d'Apollon. « Ces peuples, dit le même Pline, adoraient le soleil et envoyaient tous les ans par de jeunes filles leurs offrandes au temple de ce dieu, à Délos. »

(s) Du Cronium. Colline au pied de laquelle était blti le stade.

(0) Les ordres d'Eurysthée. Jupiter ou , selon d'autres, Tbérais ayant prédit qu'il naîtrait bientôt un enfant qui commanderait un jour à tous les hommes, Junon,qui préside aux enfantemens, retarda l'accouchement d'AIcmène et avança celui d'Arrm'ppe, femme de Sthénélus roi de Mycènes; de sorte qu'Eurysihée vit le jour avant Hercule et que celuici lui fut assujetti : de la sont venus les douze travaux d'Hercule, si fameux chez les poêles :

« Ote gar Éraklês emelle gennasthai, Zeus en theois ephé, ton apo Perseôs gennilhisomenon tote basileuein Mukénôn .- ira de dia ton zélon Eileithuian epeisen, ton men Alkménés tokonepischein, Eurustkea de ton Stencloupareskeuase gennélhénai eptaméniaion onta. ■ (Apollod., lib. 3.)

« En effet Hercule étant prêt à voir le jour, Jupiter dit en présence des dieux que celui qui allait naître de la race de Persée régnerait à Mycènes. Junon par jalousie engagea Lucine à retarder l'accouchement d'AIcmène et a (aire naître sur-le-champ Eurysthée, fils de Stbénélus, quoiqu'il n'eût que sept mois. »

(io) Que Taygéte avait, etc. Taygète, fille d'Atlas et de Pleïone , poursuivie par Jupiter, fut changée en biche par Diane, qui lui rendit sa première forme quand le péril fut passé. Celle nymphe, en reconnaissance, consacra à la déesse une biche dont elle fit dorer les cornes et qu'elle ornait de bandelettes. Cesi cette biche qu'Hercule rapporta à Euryslbée et qui fait l'un de ses travaux.

(i 1 ) Diane V Orthosienne. Diane était ainsi appelée du mont Orthosius , en Arcadie , où die chassait. C'est la Diane à qui l'on immolait des victimes hu-

( 1 2)Que Borée ne tourmenta jamais, etc. Le texte porte pnoias opithen Borea (en arrière du souffle de Borée) .Si celte contrée est en arriére, c'est-a-direp/tw |

(t) Camarina , ville de Sicile fondée par les Syracusains l'an 136 de la fondation de Syracuse. Elle était voisine d'un lac du même nom dont il est parlé ode 6*.

Cette ode fut chantée a Olympie , comme le prouvent les vers * » 5 et fl , en la quatre-vingt-deuxième olympiade. Psaumts était un riche citoyen de Syracuse ; oo pense qu'il était lié avec Piodare.

(3) Ce titre est défectueux, à ce que Bœckh prétend, et il le prouve par l'emploi que fait le poète dans la suite de l'ode du mot ochos, qui signifie proprement un char attelé à deux mules. Il est certain que les médailles frappées en mémoire de cet événement représentaient des mules au lieu de chevaux. Heyne et M. Boissonade maintiennent cependant la leçon ippois que nous avons aussi cru devoir conserver.

Apini exprime proprement la course des chars attelés de mulets.

(3) Les Heures, Us filles. Les Heures , filles de Jupiter et de Thémis, étaient chargées d'ouvrir et de fermer les portes du jour. On les représentait ordinairement avec des ailes de papillon. Hygin (fable 1 83e) nous a conservé les noms des déesses qui présidaient aux heures du jour ; il dit en effet : « Alii auctores tradunt decem his nominibus ■■ i° Auge (Augé) , l'aurore ou le point du jour ; 2° Anatole (Anatole] , le lever du soleil ; 3° Musœa (Mouseiafi, l'heure des Muses, c'est-à-dire celle des études; 4° Gymnasia (Gumnasia), l'heure du gymnase ou des exercices, elle suivait immédiatement celle des Muses ; &° Nympha (Numphai), l'heure des Naïades, c'e

CAO

NOTES

l'heure du bain, qui avait toujours lieu après les exercices du gymnase; 6° Mesembrai (Mescmbria), le midi; 1° Spondc (Spondé), l'heure des libations; 8° Lite (Lité), l'heure des prières ; 9° Acte et Cypris (Àktè kai Kupris), l'heure de la table et du plaisir; 10» enfin Dyses (Oasis), le coucher du soleil. »

(4) Typhon, géant fameux que l'on confond quelquefois à tort avec Typhée. Junon le fit naître seule en frappant la terre.

(5) Voici venir Psaumis. Nous avons préféré ce sens , qui nous parait traduire parfaitement le grec : « Psaumios gar ikei ocheôn os elaia stephanôiheitt etc. ; » littéralement : « car la pompe du char de Psaumis s'avance. Lui qui couronné de l'olivier, etc. » M. Tourlcl à traduit : ■ //* (mes chants) suivront le char de Psaumis jusque dansCamarine... » Ce ne peut être l'idée du poëte , ce n'est d'ailleurs visiblement point celle qu'expriment les mots, qui ne présentent ici aucune ambiguïté. Il nous semble en outre que le sens que nous avons adopté est plus en harmonie avec le genre lyrique , qui aime les tableaux vifs et animés.

(0) Vengea le fils de Clymine. Erginus , fils de Clymène, l'un des Argonautes, ayant trouvé dans l'ile de Lemoos Hypsiphilc occupée à honorer par des jeux et des conduis les funérailles de Thoas son père, se présenta dans la lice la tète couverte de cheveux blancs. Les femmes de Lemnos le prirent pour un vieillard et se moquèrent de lui ; mais Erginus vainquit à la course le fils môme de Horéc et reçut le prix des mainsd'IIypsiphile. Celte anecdote parait d'autant plus vraisemblable qu'elle est coufirmée par le proverbe : « Ouch' otisoi lo touErgitum sumbebéken, en neotêti polia. » (Libauius.)

(7) Souvent la jeunesse voit blanchir ses cheveux avant le temps. Ainsi les cheveux blancs ne sont pas toujours un indice de faiblesse, l'exemple d'Erginus en fait foi, et Psaumis, quoiqu'au déclin de l'âge viril , avait encore ce trait de ressemblance avec Erginus et pouvait comme lui se lit rcr avec succès aux mêmes exercices de la jeunesse.

(1) Celte ode fut chantée à Cimarina dans une chapelle de la nymplic Homonyme.

(2) L'usage des chars attelés de mules fut introduit r ar Asander ; il ne subsista pas longtemps et fut supprimé à'ia quatre-vingt-neuvième olympiade.

(3) Fille de l'Océan. Toutes les fontaines élaicnl réputées filles de l'Océan :

Tris gar mwiai efci tamuphuroi àkcanides.

{») El ces douze autels. Il paraît qu'il ne s'agit point ici d'Olympie, dont le temple ne contenait que six autels , mais de douze aulcls que Psaumis avant son départ pour la Grèce avait fait élever à Cimarina et sur lesquels , d'après ses ordres , on devait immoler un grand nombre de victimes pour lui rendre les dieux favorables.

(h) Relevée tout récemment de ses ruines. Camarina, dévastée par les Syracusains, devait en grande partie son rétablissement aux libéralités de Psaumis.

(c) Embellir par la pompe de ses fêtes. Soit par celles qu'on lui fit à son retour d'Olympie , soit par celles qu'il donna lui-même au peuple de Camarina en reconnaissance de sa victoire.

(7) 0 Pallas , protectrice des cités. Le grec porte poliaoche (de echein polin), surnom de Minerve, qui était regardée comme la divinité lutélaire des villes. Les anciens plaçaient sa statue au haut de leurs forteresses et de leurs temples :

O de», quœ retinci in summi* urbitras arecs.

(CATCI.W.)

(S) L'Oanus coulait à Camarina ; on croit que c'est le Prascolari.

(9) L'Hippanis , aujourd'hui Camarino , coulait non loin de Camarina. Son lit était si large et si profond qu'il pouvait recevoir des vaisseaux et, au moyen de canaux pratiqués pour faciliter sa jonction avec l'Oanus, les remonter dans la ville même. Il prenait sa source dans une montagne couverte d'immenses forêts, où les Camai mains coupaient des bois pour la construction de leurs édifices et les faisaient descendre le long du fleuve jusqu'à la ville.

(10) Veille sur Camarina. Le poi:le donne à entendre que la ville nouvelle avait été mise sous la protection de Jupiter.

(11) L'entre sacré de l'Ida. Il est probable qu'il existait au pied de la colline Cronium un antre idéen.

(lî) Des flûtes lydiennes. Le mode lydien était le plus doux et celui qu'on mettait en usage dans les prières.

(13) .... Tnquc 6, cul prima fre-mentetn Fudil equum, magne, tell us perçu*» t rident i.

(Vucilk.)

(i) Celte ode fut composée a Thèbes cl chantée à Slymphalc.

DES OLYMPIQUES. G4l

(2) Agésias, fils de Soslratc, Syracusain par son immolait ensuite un bélier, puis on étendait sa peau, père , Stymphalien par sa mère, était de l'illustre fa- sur laquelle on se couchait pour recevoir pendant \: mille des Jamides. sommeil la réponse du dieu.

(s) Pindare donne a Agésias la plus illustre origine et les fonctions les plus honorables que l'on pût avoir dans l'antiquité païenne. Les anciens parlent de la famille de Jamides comme en parle notre poêle. Pausanias remarque qu'à ta bataille de Manlinée, les Mantinéens avaient avec eux le devin Thrasybule Eléen , fils d'Eneûs de la race des Jamides , qui leur prédit la victoire et y contribua beaucoup par sa valeur. La grande prêtresse de l'aulel de Jupiter dans le temple d'Olympie appartenait vraisemblablement à la famille d'Agésias. Ses ancêtres avaient été revêtus de ce sacerdoce et lui l'exerçait alors. Cet autel est nommé fatidique, parce que le prêtre avant la célébration des jeux lisait dans les entrailles des victimes le sort qui attendait les athlètes. (Olympique 8, vers 3 et 4.)

(4) .Les ancêtres d'Agésias avaient été fondateurs de Syracuse.

(5) Des chants aussi sublimes. Le grec porte : « Que le fils de Sostrate sache qu'il est sur un bon pied dans cette chaussure, » c'est-à-dire que cet éloge lui convient parfaitement.

(6) Au devin Amphiaraus. Amphiaraùs, fameux devin, fils d'Oïdée , assista à la chasse du sanglier de Cal j don et, suivant Apollodore, fut un des Argonautes. Il épousa Eriphyle , sœur d'Adraste roi d'Argos, dont il eut deux fils, Alcméon et Amphiloque. Lorsque Adrasle, à la prière de Polynice, eut déclaré la guère à Thèbes, Ampbiaraiis, instruit par les dieux qu'il périrait dans nette expédition se cacha pour n'être pas obligé de prendre part à la guerre; mais Eriphyle découvrit le lieu de sa retraite à Polynice , qui récompensa sa perfidie par le don d'un collier de diamans. Amphiaraus, forcé démarcher contreThèbes, fit avant son départ promettre à son fils Alcméon de le venger en faisant mourir sa mère Eriphyle. La guerre de Thèbes fut funeste aux Argiens et Amphiaraus fut englouti sous terre en voulant sortir de la mêlée. Alcméon n'eut pas plutôt appris cette triste nouvelle qu'il poignarda sa mère. Amphiaraus reçut après sa mort les hommages divins. Les Opiens, peuple de l'Attiquc, lui bâtirent un temple près d'une fontaine regardée comme sacrée, parce qu'on croyait qu'après son apothéose il était sorti par là de dessous la terre. Les malades et ceux qui voulaient consulter le dieu avaient seuls la permission de s'y baigner -, après le bain ils jetaient une pièce d'or ou d'argent dans la fontaine. Pour être admis à interroger l'oracle, il fallait se purifier , s'abstenir de nourriture pendant vingt-quatre heures et de vin pendant huit jours : on

(?) Après que sept bûchers embrasés. Un seboliasle assure qu'il existait auprès deThèl>es un champ nommé eptapurai où furent dressés les bûchers non des sept chefs, car tous ne périrent pas dans l'expédition , mais des guerriers de leurs sept légions qui avaient succombé. [F oyez Pausanias, i, 39, et les Suppliantes d'Euripyde. )

(8) O Phintis. Pbinlis était sans doute le conducteur, l'écuycr du ebar d'Agésias.

(0) Dans le palais de Pitane. Nom d'une nymphe, fille de l'Eurotas , fleuve de la Laconie cl qu'on suppose protectrice d'une ville du même nom placée sur les bords de ce fleuve, car les poêles sont dans l'usage de donner des nymphes pour fondatrices à toutes les cités.

(10) EJalus, fils d'Arcas et de la nymphe Calislo , que Jupilcr changea en ours, eut cinq fils, parmi lesquels Épytus, époux d'Évadné, et qui régna en Arcadie.

(11) Phésane, d'après le scholiaste et tous les auteurs, est une ville sur les confins de l'Arcadie et de l'Klide.

(12) Êvadné. Ce n'est pas ta même dont il est question au sixième livre de YÊnéide.

(13) Lucine ou Ililhye (de eleuthô, Eileilhuia, parce qu'elle vient aux cris de femmes enceintes pour les délivrer) était fille de Jupiter et de Junon et présidait aux accoucbemcns. Apollon lui envoya aussi les Parques afin que chacune d'elles gratifiât cet cnfianl d'un don spécial.

(1 4) Du suc délicieux des abeilles. Le grec porte ios , qui au propre signifie un projectile quelconque (du verl e iémi, envoyer) cl par extension la liqueur lancée ou distillée de la bouche de certains animaux. En parlant des dragons, ce sera du venin; ici, le suc de l'abeille. En Grèce on clait dans l'usage de faire sucer du miel dans une éponge aux petits enfans ; de là sans doute l'origine du titre de nourrices de Jupiter que reçurent les abeilles.

(15) C'est pourquoi sa mère voulut qu'il portât à jamais l'immortel notn deJamus. Apollon retenu dans le ciel ne pouvait donner un nom à son fils. Jamus vient de apo tôn iôn (des violettes), sur lesquelles son corps reposa parmi les joncs. Les anciens, fort supesrtilieux, attachaient un présage au nom nos icn

NOTES

omen. Aussi la plupart de leurs noms élaienl-ils significalifs.

(16) Où les violettes purpurines. La violette en effet a le fond du calice d'un jaune vif et éclatant , ce qui excuse et justifie l'expression aktisi.

(i") Délos, ouvrage de ses mains. Virgile rapporte qu'Apollon fixa celle Hc qui était flottante en l'attachant à Mycone et à (iiare , deux lies voisines.

(18) Mes premiers oracles. Le grec porte opisthen (mes oracles d'en arriére), cesl-à-dire d'autrefois, ceux que j'ai rendus sur toi a l'époque de ta naissance.

(19) Le noblerejeton des Alcaîdes. Quoique Hercule fût, 3iiivant la faMe, fils de Jupiter , le poète le désigne ici par son père putatif Amphitryon , fils d'Alcée.

(20) Métope fille de Stymphale , etc. Métope , suivant la fable , était fille du Ladon , sur lequel est situé Stymphale, et de l'Asopus , fleuve thébain , qui eut pour fille la nymphe Thébé, protectrice deTbèbcs, capitale de la Béotie. C'est pour cela qu'il nomme Métope son aïeule maternelle. De cette manière il y avait parenté pour les femmes entre les Arcadiens et les Béotiens.

(21) Thébes que j'habite aujourd'hui. Le grec porte: «dont je bois l'eau.»

Virgile a dit :

Aut Ararim Parlhui bibcl aul Germania Tigrim.

(22) Énée ordonne , etc. Il est probable que cet Enée était le chorége , c'est-à-dire celui qui avait la direction des chœurs et des danses.

(23) Junon Parthénienne. Junon était adorée sur leParlhénion, montagne d'Arcadie, au nord dcTégée.

(24) Ace grossier proverbe ■. « Pourceau de Béotie-, » littéralement : « Faire connaître que nous ne méritons pas le proverbe outrageant .• Pobc béotien. «. Les habitansde la Béotie passaient pour des gens lourds et grossiers.

Platon dit dans le Banquet : « la Béotie où les esprits sontpesans et où V éloquence n'est pat ordinaire. « De là les proverbes pourceau de Béotie, conte béotien, pour exprimer des actions ou des discours grossiers, ineptes, dépourvus de sens. Celte opinion n'était point affaiblie du temps d'Horace, qui dit lui-même :

Bœoium crasso jurare* in acre naium.

C'est pourtant sous ce climat si épais que sont nés Pindare et Plutarque.

(25) Ortygie (ortux, colurnix), petite île adhérente à Syracuse. C'était la résidence royale d'Hiéron. Probablement aussi qu'Agésias l'habitait. C'était dans celle lie qu'était la fontaine Arbétuse.

(26) De Cérés aux pieds de pourpre. Cérès est ainsi appelée soit parce qu'en cherchant Proserpine sa fille, l'excès de la fatigue et de la marche lui avait rendu les pieds rouges , soit qu'en traversant les blés mûrs, la couleur dorée des épis se réfléchissait sur ses pieds. Virgile a dit aussi « rubicunda Ceres. »

(2?) Les fêtes de Proserpine. Ces fêtes se nommaient theogamia ou anthesphoria (noces des dieux), à cause des noces de Proserpine et de Pluton qu'on y célébrait.

(28) Et les pompes du puissant Jupiter jEtnéen. Uiéron joignait à la dignité de souverain celle de grand pontife de Jupiter jEtnéen.

(29) Deux ancres assurent souvent le salut. Allusion à la double patrie d'Agésias, la Sicile et l'Arcadie , Syracuse et Stymphale ou Mélope : aussi le poêle a-t-il raison d'avancer que deux ancres assurent le salut, etc. Chez les anciens, les navires avaient quelquefois deux ancres, l'une à la proue, l'autre a la poupe ; c'est ce qui a fait dire à Epictée -.'Oute naun ek mias agkuras , oute bion ek mias elpidos ormisteon. » L'expression en est devenue proverbiale et répond à celle-ci de notre langue : « Avoir plusieurs cordes A son arc. A\ était facile a Agesias de s'en appliquer le sens , car si les dissensions ou quelque autre malheur l'eussent obligé de quitter la Sicile , il pouvait chercher un asile en Arcadie.

(80) D'Amphitrite à la quenouille d'or. Cette épithète que donne Pindare à la déesse des mers est parfaitement d'accord avec ces vers où Virgile parle des nymphes qui accompagnaient une autre déesse marine :

Millesia vellera njmpha?

Ctrprbanl

.... num niais mollia pensa Devohrunt.

(1) Cette ode fut chantée à Bhodes dans la ville d'Ialyse pendant un repas. Les Athéniens la regardaient comme le chef-d'œuvre de Pindare; ils la firent graver en lettres d'or et déposer dans le temple de Minerve.

(2) Diagoras , Bhodien, fils de Démagètc, de la famille des Er.it ides , remporta un grand nombre de victoires et fui un des plus illustres athlètes. Ses cn-

DES OLY

fans furent presque aussi célèbres que lui : « Vous trouvez dans l'Allis , dit Pausanias, plusieurs athlètes de Rhodes; c'est Diagoras et toute sa famille , etc. » Ses petits-fils furent aussi couronnés aux jeux olympiques, car Euclis, fils de Callianax et deCallipalirc, eut le prix du ceste dans la classe des hommes et Pisidore l'eut dans celle des enfans. Un jour il amena avec lui ses deux fils Acusilas et Damagète; ces illustres athlètes ayant été proclamés vainqueurs, les deux fils portèrent le père sur leurs épaules au milieu d'une foule de Grecs qui jetaient des fleurs sur leur passage et admiraient la gloire et le bonheur d'un père qui avait de tels enfans et des enfans qui avaient uti tel père. Une de ses filles, Aristopbalrit, s'étant présentée pour combattre, malgré la loi qui n'admettait pas les femmes à ces luttes, obtint une exception motivée sur la gloire que son père s'était acquise et remporta la victoire.

(3) Au pugilat. Voyez la Dissertation sur les jeux olympiques.

(4) Rhodes puissante reine des mers , épouse du Soleil. Celte lie est située sur la cote de l'Asie, dans la Méditerranée. Son nom vient de rodon (rose). On dit qu'il ne se passe point de jour sans que le soleil y paraisse et que c'est pour cela que les anciens la dédièrent à cette divinité.

(6) Cet invincible athlète. Diagoras était d'une force et d'une constitution extraordinaires.

(6) Aux sources sacrées de Castalie. Il est probable que Diagoras avait été couronné aux jeux pythiques qui se célébraient à Delphes. La fontaine de Castalie coulait entre les deux sommets du Parnasse , le Nauplias et l'Hyampé; c'est sur l'une de ces pointes que Delphes était bâtie.

(7) Dont l'équité, etc. Du temps de Diagoras, Rhodes était libre; mais ses ancêtres y avaient eu la souveraineté. Déniagèle même y était encore prytanc. Cesl d'ans l'exercice de cette charge qu'il s'était concilié l'affection générale par son équité.

(8) Aux trois florissantes cités. Les anciens y comptaient trois villes considérables : Lindus, Jalisus et Camérie, ainsi nommées des trois petits-fils du Soleil qui les fondèrent. ( V 'oyez épode h). Homère nous a consacre le nom de ces trois villes :

Oi Horion amphenemoulo, diairicha kosmethenie» Lbidon, Uluston te kai arginoenta hamàron.

(9) Aon loin du promontoire où se réfugia, etc. Ce promontoire est en Lycie, vis-a-vis l'île de Rhodes. Ce fut probablement dans cet endroit que Tlépolèmc, banni d'Argos, vint débarquer avec ses compagnons.

(10) Tuer d'un coup de massue, etc. Tlépolèmc était fils d'Hercule. Ayant tué Licymnius son oncle , fils de Mars et de Ménéc, il al>andonna son pays, et après avoir erré quelque temps sur la mer, il se rendit maître de Rhodes. Homère dit que ce fut par roégarde que Tlépolème tua Licymnius , et Apollodorc observe que ce fut en voulant frapper un esclave de ce prince. Ainsi ce meurtre ne peut faire supposer à Tlépolème aucun moUf d'ambition ou de perfidie.

(1 0 Vers cette terre que la mer environne. Le poêle ne lui fait désigner par l'oracle qu'en termes ambigus et par périphrase le lieu de son exil , pour avoir occasion de remonter à l'origine de la puissance commerciale de Rhodes figurée par celle pluie d'or.

(12} Le dieu, fils dlfypérion. Hypérion fut un astronome qui , ayant décrit avec exactitude les mouvemens du soleil, de la lune et des astres, mérita d'èlre placé au nombre des dieux et supposé le père du Soleil.

(13) Et d'honorer les premiers. L'oracle avait assuré la protection de Minerve à la nation qui offrirait le premier sacrifice au moment de sa naissance.

(1 4) Sans avoir le feu sacré. Soit quo les Rhodienssc fussent servis d'un feu étranger, soit qu'ils n'eussent point fait usage de réchauds pour brûler l'encens et les victimes. La négligence était capitale surtout dans un sacrifice offert à Minerve. Le feu devait être pris aux rayous du soleil et alimenté sur di s trépieds ou réchauds ad hoc. Malgré leur oubli involontaire, les Rhodiens, n'étant coupables que de l'omission d'une formalité, ne purent èlre privés de la prérogative attachée à l'accomplissement de la condition imposée par l'oracle.

(i 5) De surpasser par leur adresse. Les Rhodiens, malgré leur supériorité dans les arts, le cédaient pourtant aux Athéniens, parce que ceux-ci avaieul offert à la déesse le premier sacrifice en règle.

(IG) A de vains artifices. Les Rhodiens avaient été accusés de se livrer à la magie.

(17) Par le serment redoutable des dieux. Ce serment est celui que les dieux faisaient par le Slyx :

.... Slugos udùr, otte megittot Orkot, delnotatot tepelei makarcui theaitl.

(UOMàkB.)

Ne dubila dabilur, Stygias juravimui Uhda*,

Quodcumque opUris

(Otidi.)

Dl cujus jurarc liment et fallcre nuroen.

(Vkgilb.)

(1 8) lolerca votix-rei Pyiwlt, Eoui el -flhoo ,

NOTES

Solis equi, quartusque Phlegon binnitibui aura* Flanunifcris impicot

( 1 9) C'est là que le chef des Tirynliens. Tlépolème avait élé roi de Tirynlhe et d'Argos.

(20) On lui offrit comme à un dieu , etc. Tlcpolème ayant élé tué au siège de Troie , les Rhodieos rapportèrent dans leur Ile ses cendres et ses os , lui érigèrent un superbe monument , lui décernèrent les honneurs divins, instituèrent des jeux dont la couronne était une branche de peuplier; ils se célébraient lous les ans, le vingt-quatrième jour du mois gor~ piœus (septembre).

(21) Et la puissante Athènes. Les fêtes qu'on célébrait dans l'A nique sont les Panathénées et les mystères d'Élcusis, pendant lesquels on célébrait des jeux solennels.

(22) Le bouclier d'airain. Le bouclier était un des insignes de Junon. Les Argiens en donnaient un pour prix au vainqueur dans les jeux hécatombéens.

(23 Que décernent l'Arcadie et Thèbes. Les jeux lycéens se célébraient en Arcadie. Les jeux béotiens, dits légitimes, se célébraient en l'honneur d'Hercule àThespies, à Platée, à Orope , à Délos, etc.

(2*) 'Six fois Êgine et Pellène, etc. Les jeux anciens se célébraient à Egine. Les Théoxénies ou fêles de Mercure se célébraient spécialement a Pellène.

(25) La colonne sur laquelle Mêgare. On célébrait h Mégare des jeux en l'honneur d'Alcolboùs , fils de Pélops.

(26) Sur les sommets de l'Atabyre. Il y avait deux montagnes de ce nom , dont l'une en Sicile ; le poêle parle ici de celle de Rhodes.

(1) Celte ode fut chantée dans un festin à Olympie.

(2) Alrimédon d'Égine, frère de Timosthène , qui avait déjà remporté le prix aux jeux néméens , fut vainqueur en la quatre-vingtième olympiade.

(3) Sanctuaire de la vérité. Parce que Jupiter y rendait des oracles par le ministère des Jamidcs , comme l'indique la suite de l'ode.

(4) Demandent aux entrailles fumantes, etc. Quelques jours avant l'ouverture des jeux, ceux qui se proposaient d'y disputer le prix faisaient des sa- « rifices pour se rendre les dieux favorables et cher-

chaient en quelque sorte à lire leur sort dans les entrailles des victimes.

(&) [Et ces couronnes. La couronne éuit portée processionnellement autour de l'Altis.

(6) Sa patrie puissante sur les mers, Êgine, etc. Éginc, lie de la mer Égée, est située entre l'Attique et l'Argolide, dans le golfe Saronique. Elle avait autrefois porté le nom d'Emone, d'OEnopie, de Myrmidonie, et elle fut ainsi appelée de la nymphe Êgine. Ayant été ravagée par la peste, elle fut repeuplée par des fourmis que Jupiter changea en hommes à la prière d'Éaque, roi de celte contrée.

(7) Et que les étrangers y trouvassent un égal apjHu. Le commerce attirant des marchands de toutes les nations, il y avait un tribunal spécial pour régler leurs intérêts (polla repei).

(8) Égine fut gouvernée par les Doriens. Après que Pélée et Télamon, fils d'Eaque, eurent tué Pbocus leur frère, Pélée s'enfuit enThcssalie et Télamon a Salamine ; en sorte qu'Eaquc étant mort , cette île restait sans roi ; mais un certain Driacon ou Tracon , qui était Dorien, conduisit une colonie h Éginc et s'en rendit maître.

(9) Trois dragons s'élancent, etc. , etc. Le poêle sous cette allégorie représente les trois sièges que soutint la ville de Troie ; elle fut saccagée au troisième.

(10) Que tes mains viennent de fortifier, 6 Éaque '. Neptune et Apollon, exilés du ciel au rapport de Virgile, construisirent les murs de Troie. Pindare y joint un mortel , Eaque , dont l'ouvrage est moins solide , ce qui s'accorde avec les paroles qu'Andromaquc adresse à Hector :

Laon de tiéton par' ertneon, eniha malitia Ambam esti polit, kai epidromon epleto Ulchos.

« Arrête te» «oklau près de ce figuier; c'esl la, n'en douic pa», que la ville e«t d'un facile accé», que no* mura peuvent «tre aiicmenl franchis. »

(11) Je vois tes fils commencer et tes arriéreneveux, elc, etc. Les premiers coups furent portés à Troie par Télamon et Pélce (première génération); la ruine fut consommée par Pyrrhus et Êpéus fabricateur du cheval (quatrième génération).

(12) Aux bords du Xanthe. Fleuve de la Troade, auprès duquel il avait laissé paître ses coursiers.

(13) Pour contempler les jeux, elc. , etc. Ce sont les jeux Isthmiques célébrés en l'honneur de Neptune à l'Isthme de Corinthc.

Mélésias, nom du maître d'exercices d'Alcimédon.

La joie qu'en ressentit son aïeul , eu. , etc. Il cite le grand-père d'Alcimédon, parce que , selon toutes les apparences , son père était mort.

( 1 6) Rajeunit ses vieux ans. Littéralement : «Lui inspire une vigueur contraire à la vieillesse.»

(17) O Ophion! etc., etc. Cesl probablement le nom du père d'Alcimédon.

US) Dis que la renommée. Angélie, fille de Mercure.

(19) Les maladies promptes et eruelles. Celte prière finale autorise à croire qu'Iphion et Callimaque auraient été enlevés par quelque maladie contagieuse, quoique le poëte ne le dise pas expressément.

(20) Puisse-t-il forcer Némésis. Némésis, divinité de l'enfer, fille de Jupiter et de la Nécessité ou de l'Océan et de la Nuit , était la déesse de la vengeance. Elle vengeait les crimes que la justice humaine laisse impunis, l'arrogance, l'oubli de soimême dans la prospérité, l'ingratitude , etc. On convient généralement que son nom signifie la forée ou le pouvoir de la fortune, et c'est probablement dans ce sens que Pindare demande à Jupiter de la forcer à ne point envier à ses béros leur félicité.

(1) Cette ode fut chantée à Oponte dans un festin qui accompagna le couronnement de l'autel d'Ajax.

(2) On ne connaît aucun détail sur la famille d'Épbarmoste ni sur ses ancêtres , d'où l'on peut inférer qu'il était d'une naissance obscure. Aussi Pindare , dans l'ode qu'il lui adresse, dit-li fort peu de chose de lui et porte-t-il tousses éloges sur Oponte sa patrie. Sa victoire à la lutte est probablement de la quatre-vingt-unième olympiade.

(3) Opunte ou Oponte, ville de» Locriens en Béotie, près du golfe de Négrepont. Elle fut bâtie, selon les uns, par Opoenles, compagnon de Patrocle, ami d'Achille, et selon les autres par Deucation , appelé aussi Opus. Elle était habitée par les Locriens Epicnémidiens.

(4) Ce triple refrain bruyant, etc. Arcbiloque, poète grec né a Paros , avait composé un hymne pour la victoire d'Hercule et d'Iolas. Hercule y porte

le nom de Kallinikos (brillant vainqueur;. C'était une ode banale chantée à Olympie seulement {phônaen Olumpia), lorsque le vainqueur n'avait point trouvé de panégyriste. Triploos indique qu'elle était divisée en trois strophes ou couplets, ou bien qu'on répétait jusqu'à trois fois le refrain Tinella!... ; et kechlados , qui est synonyme de plithuôn , signifie que la musique imitait le son plein et renflé de certains inslrumens bruyans. Le seboliaste d'Aristophane nous en a conservé les deux premiers vers :

TAw/fo! Kallinike, choir', anax ÊraUeU Auiot te kai lolaos, aich meta duà.

(5) Et des sommets de l'Élide. Olympie est gëographiquement le point le plus élevé de l'Élide ; il n'y a donc point de métaphore dans ces vers.

(fi) De Thtmis et de ta fille, c[c.Thém\s oula/uttice, fille du Gel et de la Terre. Elle régna dans la Thessalie et s'appliqua avec tant de sagesse à rendre la justice à ses peuples qu'on la regarda toujours depuis comme la déesse de la justice, dont on lui fit porter le nom. Jupiter la força de l'épouser el lui donna trois filles, l'Équité, la Loi et la Paix. Eunomie signifie la loi. Hésiode dans sa Théogonie, vers 902, fait encore Thémis mère des Heures:

Orai, ihugatcrti Themhdo* kai Ztnos anaktot Eunomie te Diké, kai Eirene polmlbe.

(7) Les sources de Casialie, c'esl-a-dire les jeux pytbiques qui se célébraient à Delphes , non loin de la fontaine de Casialie , consacrée à Apollon el aux Muses. On dit que ce dieu, poursuivant une nymphe de ce nom, la métamorphosa en cette source et lui donna la propriété de rendre poëte quiconque boirait de ses eaux.

(8) Lorsqu'il attaqua Pylos. Hercule-, ayant tué Trachinius, consulta Apollon , qui lui ordonna de se faire purifier par Nélée, fils de Neptune. Nélée refusa de le purifier ; Hercule combattit ce prince et Neptune même qui vint au secours de son fils. Pindare place ce combat près de Pylos, ville de l'Élide, où régnait Nélée.

(9) Braver Apollon. Hercule étant venu pour consulter l'oracle d'Apollon, la pythie lui répondit que le dieu était absent et qu'elle ne pouvait pas répondre. Irrite de ce refus, Hercule se saisit du trépied sacré el entraîna la prêtresse au fond du sanctuaire : « Seigneur , s'écria-l-eHe , rien ne peut vous résister. » Réponse qu'il ne manqua pas de prendre pour un oracle favorable.

(10; El rendre immobile dans la main de Pluton. Hercule descendit aux enfers, par l'ordre d'Eu-

Oit» «v.

rysthée , pour en tirer le cbien Cerbère , ce qu'il exécuta , après l'avoir lié de trois chaînes , sans que Plulon pût l'empêcher. Pindare donne ici à la baguette de ce dieu les attributs qu'il donne ailleurs au caducée de Mercure.

(1 1) Cesse donc de proférer, etc. 11 s'aperçoit que le récit d'anecdotes aussi scandaleuses pourrait compromettre 6on caractère de poète sensé et passe à l'éloge d'Oponte , qu'il appelle ville de Protogénie.

(12) Chante plutôt la cité de Protogénie. Protogénie, comme son nom l'indique assez, était la fille ainée de Deucalion et de Pyrrha , et la ville de Protogénic était Oponte.

(t3) La fable de Deucalion et Pyrrba repeuplant la terre en jetant des pierres derrière leur dos ne vient que d'une simple équivoque du mol grec laos qui signifie également pierre et peuple.

(i 4) De la terre des Épéens. Les Éléens étaient appelés Épéens à cause d'Épéus, fils d'Endymion, qui avait été leur roi.

(15) Menais, montagne d'Arcadie dédiée au dieu Pan; elle lirait son nom de Médalus, fille de Lycaon.

(ic) Il désigne les Thébains, ses compatriotes, comme faisant partie des étrangers qu'attirait à la cour d'Oponte le désir de lier connaissance avec lui pour rattacher en quelque sorte a celle ancienne hospitalité son amitié pour pharmostc.

(17) Ou régna Teuthras. Tcuthras donna son nom à une partie des côles de la Cilicie et de la Mysie.

(18) Lorsque Téléphe repoussait. Les Grecs, a leur départ d'Aulidc, ayant abordé la Mysie, qu'ils prenaient pour la Troade, en ravagèrent les campa* gnes. Télèphe fond sur eux, les met en fuite, à l'exception d'Achille et de Palroclc qui tiennent ferme et repoussent l'ennemi.

(19) Tolma est proprement la hardiesse de conceptions , de pensées ; et dunamis , la force du tyte, la force tics expressions.

(20) Lampromaque était l'ami et le compatriote d'Epharmostc ; il avait remporté plusieurs victoires aux diflérens jeux de la Grèce.

(21) Argos lui a décerné. Dans les fêles appelées Junonia.

(22) Et Athènes, celle de l'enfance. Aux Panathénées établies par Êricthon en l'honneur de Minerve. Elles se divisaient en grandes et en petites.

Les premières se célébraient tous les cinq ans, et les autres étaient annuelles , comme on le voit dans ce passage d'Harpocration : «Ditta Panathénaia êgeto Athénési : ta men kath' ekaston eniauton, ta de dia peniaetêridos, apex kai mégalo ekaloun.»

(23) A Marathon , aux fêtes d'Hercule , dont le prix était de deux vases d'argent.

(24) Aux peuples de Parrhasie, ville d'Arcadie, à l'ouest de Mégalopole ; on y célébrait des jeux en l'honneur de Jupiter Lycéen.

(25) Et à Pellène, ville d'Achaïe , où l'on célébrait , en l'honneur d'Apollon et de Mercure , des jeux appelés Théoxénics ; le prix élait un manteau. Cette ville , au rapport d'Hésychius et de Slrabon, était rénommée par ses manteaux : «Pellêné polis en Argei pellênikai chlainai : epei diapherein edokoun ai en Pellêné ginomenai chlainai , ôs kai allha lois nikôsi didosthai.

nEsti de kômé Pellêné othen kai ai Pellênikai chlainai , as kai athla elithesan en tois agosi.» (Slrab. lib. 8.)

(26) Le tombeau éTIolas , c'est-à-dire la victoire qu'il remporta aux jeux thébains , institués près du tombeau d'Iolas en mémoire d'Hercule.

(27) Et la maritime Eleusis. On célébrait dans cette ville de grands et de petits jeux sur les bord9 de la mer ; les vainqueurs y étaient couronnés d'épis de blé.

(28) L'autel de l'invincible Ajax. Dans la Locride , dont les habitans faisaient chaque année des sacrifices solennels à l'endroit où ce prince avait fait naufrage, poursuivi par la colère des dieux.

(1) Cette ode fut chantée probablement en la soixantième olympiade , dans le Prytanée , chez les Locriens Épizéphiriens. Les Locricns se divisaient en trois tribus : les Ozoles , dont le nom signifie puant , soit parce qu'ils étaient plus grossiers que les autres, soi! parce qu'il y avait dans leur pays des marais infects; les Épicnémidiens ou Orientaux, ainsi nommés du mont Cnémis dont ils étaient voisins, et les Épizéphiriens ou Orientaux, qui habitaient une autre Locride au sud de l'Ilalie , près du promontoire Zcphirium.

(2) Agésidame, fils d'Archcstrate , élait de la Locride Ëpizépbiricnne.

(3) Comment ai-je pu l'oublier? Pindare ne composa cette ode qu'assez longtemps a|»rès la victoire d' Agésidame.

(i)\Céleste Vérité. Pindare fait ici la vérité fille de Jupiter , quoique la plupart des auteurs anciens la disent fille du Temps, parce que c'est le Temps, selon Pindare même, qui la découvre aux mortels.

(6) En payant ma dette avec mure. 11 veut parler ici de la onzième ode, qui n'a qu'une strophe et qu'il regarde comme une compensation, un intérêt à celle-ci qu'U avait différée pendant longtemps.

(6) Met chante feront disparaître te blâme , comme les ondes engloutissent le caillou qu'elles roulent dans leur cours. Bœckh donne à ce passage une signification tout a fait différente; la voici littéralement : « Maintenant Cixamixoss) comment le flot, en s' écoulant, baignera le caillou qu'il roule.» D'abord il est obligé de sous-entendre skepsômeiha (examinons); puis à travers une suite de métaphores obscures il voit le suffrage du public dans psaphon (caillou), les vers du poêle dans kuma reon (le flot s'écoulaot) , et prétend que la phrase veut dire : «Maintenant il s'agit d'examiner comment nous traiterons un sujet que te public est appelé à juger...» Il nous semble vraiment que ce n'est plus expliquer un poëte, mais plutôt débrouiller une énigme à force de torturer les mots qui la cachent et l'enveloppent. Nous croyons que pour avoir le véritable sens de ce passage, il ne faut pas perdre de vue celui qui le précède : « O Muse! et toi surtout, Vérité, fille de Jupiter, repoussez d'une main équitable te reproche de' mensonge nuisible à un hâte ; car le'temps futur, survenant de loin , a rendu honteuse ma dette. Mais (nun) maintenant, (opa) de la manière dont (kuma reon) le flot qui s'écoule (katalussei) submerge psaphon eltssomenam) le caillou roulé, (opa te) et de cette manière, (timosen) nous paierons, (es charin [lou Agésidamonj) en mémoire d'Agésidame (logon) un hymne (koinon) commun (à lui et à sa patrie), (philan) tribut de notre amitié; » c'est-à-dire qu'en consacrant à Agésidame et à sa patrie un hymne digne de leur amitié, il fera disparaître ce que le retard a de blâmable, de même que le flot submerge, etc. Ce sens nous parait dérouler des expressions mêmes de Pindare , il est aussi plus naturel ; nous avons dû

(7) Car la vérité régne dans la cité de Lottes. Les Locriens furent les premiers peuples grecs qui curent des lois écrites. Atrekeia constitue tout ce qui est vrai dans un gouvernement : intégrité dans les mœurs, sagesse dans la législation , justice dans les tribunaux.

(s) Dans l'art divin de Caliope et dans les travaux de Mars. Les Locriens cultivaient les beauxarts, la poésie, cl étaient bons soldais.

(9) Jadis Hercule, etc. Cycnus, fils de Mars, attaqua Hercule près du fleuve Échédore. Ilcrculc fut d'abord contraint de fuir , parce que Mars secourut son Gis; mais.bicnlôt revenant au combat, il le tua. (Apollodore, p. 69.)]

(10) Rends des actions de grâces à Ffylas. Agésidame eut le dessous au commencement du combat ; mais son maître Hylas l'ayant frotté d'huile, il revint à la charge et remporta la victoire.

(i l) Ctéatus et Eurytus, chefs des Éléens , étaient fils d'Actor et de Molione. Étant venu au secours d'Augias contre Hercule, ils tuèrent une bonne partie des soldats de ce héros, qui bientôt les tua cuxmèmesdanslesembûches qu'il leur avait dressées près de Cléone, ville de l'Argolide. (Apol. liv. 2, p. 75 ; Paus., pag. 149.)

(12) OEonus, fils de Licymnius et cousin d'Hercule, régnait à Midée. (Paus. p. 96.)

(13) Échémus, fils d'Aëropus, régnait à Tégéc, ville d'Areadie (Paus., p. 239).Cestluiqui tua Hyllus, à sa descente dans lePéloponèse.

(l 4) Doryclus était un des compagnons d'Hercule, ainsi que Phraslor et Énicéus.

(15) Le dieu qui fait gronder son tonnerre. Lo culte de Jupiter Tonnant, dans la Locride , remonte au temps diluviens. Les indigènes de celte province, s'imaginanl que les eaux avaient été taries par ce dieu, le représentèrent sur leurs monnaies des foudres à la main, ce qui jette un grand jour sur le passage de la neuvième Olympique (vers 64), où il est question de Jupiter Tonnant.

(16) Dircé, fontaine de Thcbes. La fable dit que Dircé , femme de Lycus , princesse très-cruelle , fut changée en cette fontaine par Baccbus , en punition des maux qu'elle avait lait souffrir à Antiope.

(17) Et les Piérides. Nom donné aux Muses, soit à cause du mont Piérus en Thessalie, qui leur est consacré , soit à cause du prix de la poésie et du chant qu'elles remportèrent sur les filles de Piérus, qui avaient osé leur faire un défi et qui , en punition de leur témérité , furent changées en pies.

(ift) Avec le secours de Cyprys. Ganymède dut en effet à sa beauté d'avoir été enlevé dans l'Olympe et de n'avoir pas eu à subir les rigueurs de la mort.

(1) Celle ode fut improvisée el chantée à Olympie.

(2) Je t'ai# pour célébrer ta victoire, etc. Ce Ion

NOTES

emphatique et solennel que prend le poêle pour annoncer quelques vers qui restent encore confirme la conjecture de Bœckh , qui prétend , comme nous l'avons déjà dit , que cette ode n'est qu'un à-compte de la précédente et qu'elle lui est antérieure : Nisi hac itd intelligente estent , dit-il , quid tanto hiatu dignum poeta protulisset , quippe cùm paucissimi addantur versus?»

(.1) Ce n'est point une couronne d'or, comme l'ont prétendu certains scholiasles et traducteurs, mais une couronne plus précieuse que l'or ; et nous sommes en ce sens d'accord avec Bœckh : « Patet olivam aurcam poclicè dici, ob dignilalem et caritatera.»

(4) Fit-on jamais te lion intrépide. Nous avons «référé conserver la tournure vive et elliptique de Pindare, convaincus que nos lecteurs comprendront facilement que le poëte a voulu dire que les vertus sont naturelles aux Locriens, et qu'ils ne peuvent pas plus y renoncer que le renard à ses ruses et le lion à son courage. Le renard, emblème de la finesse, fait allusion au sentiment délicat du beau dont les Locriens étaient doués, et le lion, symbole de la force, caractérise leur naturel guerrier.

(1) Cette ode fut composée en Sicile et chantée à Himère, après le retour d'Ergolèle, dans la soixantedix-septièroe olympiade.

(2) Ergotèle, fils de Philanor, était né à Gnosse, dans l'ile de Crèle. Ayant été obligé de s'exiler à cause d'une sédition où il s'était compromis, il se réfugia chez les Uiméricns, qui lui accordèrent le droit de bourgeoisie. Cest pour cela que Pindare lui donne le titre d'Himérien.

(3) Le dolichodrome est la course du stade douze fois répétée.

(4) Après la bataille de Platée, on érigea des temples à Jupiter Libérateur dans toute l'étendue de la Grèce et on institua des jeux en son honneur.

(&) Fortune conservatrice. La Fortune était une divinité que les anciens considéraient comme l'âme de toutes les entreprises et qui distribuait , selon ses caprices , les biens , les honneurs et les maux. Les Grecs et les Romains la révéraient également sous le nom de Conservatrice. Horace, dans son ode à la Forlui e, a imité le début de Pindare :

Te piuper ambit sollicita preco Ruri» colonuSj le dominant apquorij Quicum<]uc Billiynâ laretsit Carpalhium pclagu« carinâ.

(r. Au rapport de Dtodorc de Sicile et d'Élirniie

de Bysance, Hercule, revenant d'Espagne, d'où il amenait les bœufs de Gérion , passa par la Sicile et s'arrêta près d'Himère. Ce fut là que Minerve ordonna aux Nymphes de faire sortir de terre des bains chauds où ce héros put se délasser. Voilà pourquoi, sur les médailles thermilancs cl himériennes , Hercule est représenté d'un coté, et de l'autre les Nymphes faisant sortir déterre les nains d'Himère. Ergotèle avait sa maison dans le voisinage de ces bains.

(1) Cette ode fut chanlée à Corinthe même dans une procession de Jupiter.

(2) Xénophon de Corinlhe appartenait à une famille distinguée. Ses ancêtres avaient élé couronnés plusieurs Tois aux jeux publies de la Grèce. La victoire de Xénophon est de la quatre-vingt-dix-neuvième olympiade.

(3) Corinthe , vestibule de Neptune. Corinthe élait une ville célèbre de la Grèce située sur l'isthme de ce nom, environ à 60 stades de l'une et de l'autre nier. Sisyphe en jeta les premiers fondemens l'an 1330 avant J.-C, et Corinlhus, fils de Pclops, lui donna son nom ; elle portait auparavant celui d'Éphyre. Pendant les beaux jours de la Grèce, Corinthe fut, après Athènes, la ville la plus riche , la plus polie et la plus commerçante de toute celle contrée. Elle fut presque entièrement détruite par le consul Mummius 1 46 ans avant J.-C. Jules César y envoya une colonie et fil tous ses efforts pour la relever de ses ruines.

(4) L'Insolence, mère audacieuse de la Satiété. Ce passage ferait soupçonner que Corinlhe se trouvait alors dans un élat de désorganisation politique et d'anarchie. C'est aussi le sentiment de Bœckh : « Sludiosè avertunt Insolentiam demagogorum, qui verbis violentis excitant in populo fastidium, ut sua contemnat, aliéna jura appetat. »

(J>) O valeureux enfant d'Alétèsi Les Corinthiens descendaient en général d'Alétèsqui conquit le trône de Corinthe à la tète d'une armée de Doriens. Sa postérité y régna l'espace d'un siècle, jusqu'à Bachilide.

(G) Bœckh conjecture d'après ce vers que les Heures étaient honorées d'un culte spécial à Corinlhe.

(7) Le bruyant dithyrambe. Arion de Méthymne inventa le dithyrambe, espèce de poésie bachique et licencieuse. On le chantait en formant une ronde autour d'un Ixcuf destiné à être immolé à Bacrhus. Le premier dilhyraml>e , scion Pindare , fut chanté à Corinlhe.

is) La double figure de Jupiter. Certains com-

mcnlaleurs prétendent que didumon oiônôn basilia ne peut signifier aulre chose que les deux frontispices parallèles des temples , de configuration triangulaires, et appelés aelôma à cause de leur ressemblance avec l'aigle lorsqu'il a les ailes déployées. Bœckb prétend que ce passage prouve que les anciens couronnaient d'un aigle les deux frontons de leurs temples.

(9) Le sélinum au vert feuillage. L'arhe ou sélinum, sorte de grand persil, servait à couronner les vainqueurs aux jeux istbmiques.

(10) Les jeux helloliques se célébraient en l'honneur de Minerve. On y courait en tenant des flambeaux à la main. Quant à l'étymologie du mot EU6tia, voilà ce qu'en dit le scholiasle de Piodare •• « Cognomen hoc aiunt habuisse Minervam à Palude cireà Marathonem, ubi statua illi erecla fuit. Est igitur Minertœ festum apud Corinthios .- in quo cerlamen cursus euro lampadibus celebratur. Currebant jutenes latnpadas tenentes. Hœc autem celebritas fuit inventa secundùm quosdam, cùm Bellorophontis tquum Pegasum subjugavit dea, frœnosque imposuit, et sic eum apprehendit. Aut ob hanc causant Dores, et Heraclidœ, Peloponnesiis insidiati, Corinthum, quant ceperdnt , tncenderunt. L' mulieribus excidium fugenHbus , quœdam euro Eurytione et Hellolide Minervœ templum inlrârunt , atque ità se periculum erasuras putârunt. Id ubi senserunt Dores, iis ignem injecerunt. Et aliœ quidem effugerunt; Eurytione autem, et Hellotis in loco conftagràrunt. Ninc ortd pestilentid, morbum, non ante cessurum dea respondit, quam virginum animas plaçassent, et Hellotidis Minertœ templum œdificassent, fest unique JJellotiorum instituissent.

(11) Que Neptune environne , etc. Horace a dit: Bimarisve Corinthus.

(12) Les noms de Terpsias , etc. Selon les scholiastes, Terpsias était frère de Ptœodore et par conséquent oncle de Tbessalus ; Éritimus était ou le fils ou le neveu de Terpsias. Certaines éditions ont écrit ce passage : « Therpsies ih' epsonl' eritimoi,» ce qui est embarrassant. Nous avons préféré le texte de M. Boissonade ; mais à la place du futur epsontai , nous avons substitué l'aoriste epsonto , qui rend la phrase plus claire.

(13) Mais chaque chose a ses bornes. Horace a dit:

Est modus m rébus, «uni cerli denique fines Quoa ullrà cilràquc Dcsril consister? rectum.

{Art poétique.)

(M) En chantant la victoire d'un seul , etc. (Egô de, idios en koinô staleis). La brièveté de ce

passage le rend difficile; voici le commentaire de Boîckh : « Ego qui modo pritatus laudes, datd operd, tractavi in pubiied causâ, nunc, ubi ad ipsas publicas laudes urbis redeo , non minus verè et accuraté de Corintho dicam. » Il célèbre un particulier (idios); mais son éloge est comme national {en koinô).

(15) Glaucus venu de Lycie. Glaucus était petitfils de Bellérophon. Homère raconte l'histoire de cette famille au 6e chant de l'Iliade , vers 1 60 et suivans.

(1 6) Pirène était une fontaine qui coulait dans l'Acro-Corinlhe. {Voyez Pausanias, l , 5, i, et Slrabon, 8, 6.)

(17) Bellérophon descendait d'Kole.

(18) Le porte au fils de Car anus. Ce fils d e Cœranus était Polyidias , illustre devin de la noble famille argienne de Mélampe.

(19) // accable de ses traits les Amazones. Homère raconte les guerres de Bellérophon dans le 6* chant de Y Iliade, vers 179 et suivans.

(20) Et défait les Solymes. Les Solymes étaient des peuples barbares originaires de Crète. Chassés de celte Ile par Minos, ils vinrent s'établir en Asie , dans la contrée appelée Mylias, plus tard la Lycie. (Herod. liv. 1, chap. 173).

(21) Je ne parlerai point de la mort de Bellérophon. Bellérophon ayant eu la témérité de tenter d'escalader le ciel, Jupiter envoya un taon qui irrita tellement Pégase, sur lequel il était monté, qu'il fut précipité sur la terre et mourut bientôt après. Le poète ne veut rien dire de celte mort, parce qu'elle est humiliante pour Bellérophon.

(22) La victoire des Oligéthides. Tribu de Coriothe à laquelle appartenait Xénophon.

(23) Sur les sommets du Parnasse , c'est-à-dire aux jeux pylhiens à Delphes. A Argos et à Thébes. (Voir les notes de l'Olympique septième).

(24) Combien de couronnes ne lui a pas décernées l'Arcadie aux jeux lycéens. (Voir les notes de l'Olympique septième.)

(7b)Pelléne. (Voir les notes de l'Olympique septième.)

(26) On célébrait à Sicyone, de cinq ans en cinq ans, des jeux pylhiens en l'honneur d'Apollon, cl on y donnait pour prix une coupe d'argent.

(27) Mégare était une ville très-ancienne de l'A-

NOTES DES OLY.MPIQI ES.

chaïe ; elle était située à vingt milles d'Athènes. On y célébrait des jeux appelés Viocléens. (Voir les notes de l'Olympique septième.)

(28) Le bois sacré des OE acides. Dans l'île d'Égine on célébroit , en l'honneur des QEacides , des jeux appelés de leur nom OEaciens.

(29) Les cités florissantes, elc. Syracuse, Catane et autres villes de la Sicile, où l'on célébrait des jeux appelés Isihmiquescl Néméens, à l'instar de ceux institués à l'Isthme de Corinlhe et dans la forêt de Némée.

(30) L'Eubée. On célébrait dans l'Ile d'Eubée, aujourd'hui Nègre pont, des jeux appelés G&estiens, de Géreste, qui les avait institués en l'honneur de Neptune, parce que ce dieu l'avait sauvé d'une tempête.

(31) Fais que mon héros achève, etc. Voici la construction et le mot à mot de cette phrase : « Zeu telei (auton) ekneusai posin kouphoisin, kai didoi (autû) aidô kai tuchan glukeian tcrpnôn.— 0 Jupiter ! fais qu'il surnage avec des pieds légers, et donne-lui la modestie et la fortune agréable de choses heureuses. » On ne trouve absolument rien dans cette phrase qui puisse excuser le sens que M. Tourkt et autres lui ont donné « « Permets, à Jupiter! que je détourne mes pas d'un champ aussi vaste. Perpétue la gloire de mes hymnes, assure à leurs charmes le doux bonheur de plaire. » Peut-on supposer que Pindare , en terminant son ode , ait ainsi brusquement quitté celui qui est l'objet de ses chants, pour se louer lui-même î N'esl-il pas naturel de le voir finir par des vœux pour Xénophon , et cela avec d'autant plus de raison que cette famille avait couru de grands dangers dans une émeute du peuple de Corinlhe.

(i) Cette ode fut chantée à Orchomènc pendant la

procession des Grâces , en la soixante-seizième olympiade.

(2) La famille d'Asopicbus n'est pas connue. Il était d'Orcbomène, ville de Béotie, qui tirait son nom d'Orcboméous, fils de Minyas , roi de cette cité. Les peuples qui l'habitaient s'appelaient Orcboméniens Myniens, surnom qui les distinguait des Orcboméniens d'Arcadie (Pausanias, p. 310).

(3) Les trois Grâces étaient filles de Jupiter et de Vénus. Ce fut Étbéocle, roi d'Orcbomène , qui établit leur culte dans cette ville et leur éleva un autel sur les bords du Cépbise. Le poëte Pamphus composa le premier des vers en leur honneur. Voici les noms allégoriques des trois Grâces : Aglaé (la splendeur), Euphrosint (les sages conseils) , Thalie (la galté).

(4) De la fertile Or chômé ne. Le texte porte lipards , par allusion à ses plants d'olivier ou à l'huile dont on frottait les lutteurs.

(5) Et si quelque homme a en partage. Cest pour cela sans doute que Socrate recommandait si souvent à ses disciples de sacrifier aux Grdces (Thue tais Charisin).

(6) Les Grâces décentes. Horace a dit de même :

Juoclcque Nymphu Gratis décentes.

AJlcrno terram qualiunl pede.

(Llv. i, ode «.)

(7) Qui vole d'une aile légère : « Est, incedenteni levi pede, alacri motu, qualis est in leviori et pueris aplatâ sallatione. » (Bœckh).

(8) Je suis venu chanter sur le mode lydien. Le texte porte encore en meletais (avec méditation, avec étude), c'est-à-dire avec des chants travaillés. Le mode lydien était tendre et mélancolique; le dorien, grave et pompeux -, Yéolien , vague et romantique.

Page 1