‹ Les Petits Poèmes grecsChapitre 381 sur 395 · I.c loup cherche l'agneau, l'agneau des prés fleuris · texte numérisé non relu

I.c loup cherche l'agneau, l'agneau des prés fleuris

Chaque être a son penchant, le mien c'est Lycoris. (a, 63. )

Si toujours dans les bois J'ai des succès nouveaux, J'élève ton image en marbre de Par™. (7, 31 .)

IDYLLLE XI.

L'idylle du Cyclope lient un des premiers rangs parmi celles de Théocrite ; elle est vantée par M. de Chateaubriand dans son Génie du Christianisme, et Fonlenelle lui-même , ce détracteur des anciens, la trouve belle. On voit par les imitations de Virgile l'estime qu'en faisait ce grand poêle. Ovide l'a imitée bien plus encore ; mais la passion respire dans Polyphème de Théocrite : celui d'Ovide n'a qu'un esprit redondant et fastidieux. Nous allons citer la traduction de ce passage d'Ovide par de Saint-Ange =

Commeot ne pas l'aimer, Calatée est si bélier La feuille du troène a moins de blancheur qu'elle. Quel éclat sur son teint! Les prés n'ont pas sa fleur, I* cristal son brillant, la pomme sa couleur ; Ses doigts ont le poli de la plus dure écaille ; L'aune est moins élancé, moins souple que sa taille ; Une chèvre est moins vive; et l'ombre dans l'été, Le soleil dans l'hiver plan moins que sa beauté. Moins doux est au loucher le plumage du rygne,

NOTES

Moins doux est i cueillir le (rail mûr de la vigne ;

Plus riante cent foi» dans ses rians dédains

Ouf les trésors fleuris des plus rians Jardins.

Mais trop Ingrate, hélas ! l'aimable Galalèe

A d'un taureau fougueux la rudesse indomptée ; [peurs;

Vu vieux ebenc est moins dur, les flots ion! moins trora-

l'Ius qu'un roc immobile elle est sourde a mes pleurs;

Plus qu'un paon dtfaigneux d'un vain orgueil remplie,

Plus souple que )'o«er qui plie et se replie,

Elle insulte, elle échappe A nos soins superflus.

Les chardons sont piquans, elle blesse encore plus.

Dans son antre aux chasseurs l'ours est moins redoutable;

Un serpent que l'on foule est moins impitoyable ;

El ce qui me désole et me nuit plus encor,

Plus légère qu'un cerf effrajé par le cor,

Plu» prompte que l'oiseau je I* vois disparaître.

Nicias, célèbre médecin de Milct, ami de Théocrite.

PRINCIPAUX TRAITS IMITES PAR VIRGILE

De mille agneaux pourtant une troupe docile

S'égare dans mes pré* sur les monts de Sicile;

Riche en toute saison, un laitage argenté

lluisselle entre mes doigts et l'hiver et l'été.

Ces chants que l'Arac jnthe i jamais te rappelle,

Quand le triste Amphyon de sa lyre immortelle

Rappelait ses troupeaux ravis de l'écouter;

Oui, ces divins accords, je puis les rt-péter.

Mes traits n'ont rien d'affreux, penché sur le rivage,

Dans les tranquilles flots j'ai suivi mon image;

El je vous prends pour juge entre Dapbnis et moi

Si l'onde offre une image asses digne de foi.

Oh : seulement un jour, que mon burable retraite,

Le spectacle des champs, la chasse vous arrête !

Régnez lur mes chevreaux, ce jeune peuple est doux.

Tenez d'un bois léger les chasser devant vous. (Eglo. 3, 1 1.)

Accours, viens Calalée a la voix qui l'appelle ! Quel charme a donc pour toi l'onde qui te recèle? Ici, powr l'arrêter, si tu chéris les eaux. Le* fleurs courooncronl nos limpides ruisseaux. Kci;arde ce palmier, vois la vigne sauvage , Autour de celle grotte abaisser leur feuillage ; Viens trouver prés de nous le calme el la fraîcheur, El laisse entre eux les flots s'agiter en fureur. (9, 39.)

Approchez, belle enfant, vojex combien de lis, En corbeille, eo lalsceau, les nymphes ont cueillis : La brillante Nais pour vous unit en gerbes l<a douce violette et les pavots superbes , L'btacinlhc au narcisse ; et le feu du souci Près du vaciat en deuil brille plus adouci. (2, ii.)

IDYLLE XIL

Amycléem, habitans d'une ville de Laconie.

Dioclèi , banni d'Albènes, se réfugia chez les Mégariens et s'y distingua par son attachement pour les jeunes garçons. Il fut tué dans une bataille en combattant près de son ami et en s'efforcanl de parer les coups qu'on lui portait. La féte que le peuple de Mégare établit en son honneur a échauffé l'imagination du Guarini et lui a fourni une scène charmante au second acte du Pastor fido.

IDYLLE XIII

Les tles Cyanées étaient deux rochers situés à l'entrée du Pont-Etixin, fun du côté de l'Asie, l'autre du côté de l'Europe, à environ une demi-lieue de distance l'un de l'autre. Il était écrit au livre des destins qu'ils se réuniraient au premier vaisseau qui échapperait à leur fureur et seraient désormais immobiles. Le navire Argo eut ce bonheur, grâce à la protection de Minerve, et depuis ce moment ces rochers cessèrent d'errer sur les mers.

Butome, sorte d'herbe de marais dont la feuille est tranchante.

Cypère, sorte de jonc anguleux.

Les Scythes excellaient tellement à tirer de l'arc qu'on donnait souvent l'épilhète de scythe à l'arc ou au carquois.

Théocrite donne au Phase , fleuve célèbre de la Colchide , l'épilhète d'inhospitalier, sans doute à cause des féroces habitans du Caucase, les Allanes, que nous appelons Alains.

Malheureux Migarien. Allusion a un oracle de Delphes qui, après avoir classé les villes de la Grèce selon l'ordre de prééminence qui semblait leur appartenir, réduisait les Mégariens à n'être pas même comptés après les autres.

Le rat a goûté de la poix. Ancien adage grec pour désigner la situation de ceux qui sont empêtrés dans une mauvaise affaire dont ils ne peuvent se débarrasser.

Tbéomte joue sur le nom de Lycos, qui en grec veut dire loup et qui est en même temps le nom <tc l'amant de Cynisca. Lorsqu'une personne avait perdu la voix ou était enrhumée, on disait qu'elle avait ru le loup, ou, chez les K ornai us, qu'elle avait été vue par le loup. Cette expression proverbiale est encore usitée dans la Provence.

« Cette idylle, dit Geoffroi , est tout à la fois une satire des femmes de Syracuse, un éloge magnifique de Ptolémée Pbiladelphe et d'Arsinoé, sa femme el sa sœur, el une description poétique de la fête d'Adonis telle qu'on la célébrait a Alexandrie , au palais de Ptolémée. Le poëte suppose que des femmes de Syracuse ont fait exprès le voyage d'Alexandrie pour jouir du spectacle d'une si belle fêle ; il a peint au

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