SUR LES IDYLLES DE TÏIÉOCRITE
naturel leur humeur hautaine et impérieuse, leur mépris pour leur mari, leur curiosité, leur pétulance, l'excessive volubilité de leur babil et ce mélange singulier de hardiesse et de timidité qu'on remarque dans les femmes : c'est une véritable scène comique on il y a beaucoup de mouvement et de variété, un dialogue extrêmement vif et naturel ; l'auteur n'y a pas ménagé les proverbes. Les sa vans pensent que c'est une imitation de quelque mime de Sapbron. C'est de toutes les pièces de Théocrile celle où il a mis le plus de locutions familières, de ces petits agrémens de la conversation, de ces finesses du langage qui préparent des tortures aux traducteurs et qu'il faut rendre par des équivalons. »
Les fêtes d'Adonis étaient les fêles du soleil au renouvellement de l'année.
Il parait que Praxinoé avait été volée en arrivant à Alexandrie antérieurement à l'époque où Ptolémée avait placé Lagus , son père , au rang des dieux ; peut-être encore avait-elle été trompée sur quelques achats aux approches des fêtes d'Adonis, qui attiraient un grand concours d'étrangers à Alexandrie, ce qui lui donnait de l'humeur. On entrevoit aussi dans ses invectives le mépris que les Grecs avaient en général pour les autres nations, quoiqu'ils dussent eux-mêmes primitivement leur instruction aux Egyptiens. {F. D.)
Sperchit, nom d'un poëte, ou, suivant d'autres, d'un Lacédémonien qui s'était livré à Xerxès pour le salut de sa patrie.
Golgm, ville de Cypre , ainsi appelée de Golgus, fils de Vénus et d'Adonis.
Théocrite dit les vingt fils d'Hécube ; Homère ne lui en donne que dix-neuf.
Eumée , appelé dans le grec gardien de pourceaux , était premier conseiller et premier ministre d'Llysje.
Éphyre, ancien nom de Corinthe, dont une colonie fonda Syracuse.
Lysimêle, marais ou lac voisin do Syracuse.
Etéocle, fils de l'inceste d'OEdipc et de Jocaste et roi de Thèbes , fut, dit la fable , le premier qui sacrifia aux Grâces, à Orcbomène, ville de Déolie, où on leur avait élevé un temple magnifique.
Orgilus, roi d'Orchomène, ruina la ville de Thèbes et rendit ses habitans tributaires pour venger la mort de son père Clymènc, tué par les Tbéhain* : de
là celte haine que ces derniers portaient a la ville d'Orchomène.
IDYLLE XVII
« Théocrite , dit M. Firmin Didot , dans celte idylle ou plutôt dans cet hymne en l'honneur de Ptolémée Philadelphe, s'élève au style le plus noble : c'est un grand poéie qui loue un grand roi. Si Ploléméc Pbiladelphe fut illustre dans la paix et dans la guerre ; si ce prince, honorant les dieux et les auteurs de ses jour», hàlit des temples magnifiques ornés de leurs statues d'or et d'ivoire ; s'il accueillit à sa cour des poètes et des artistes, s'il leur donna des récompenses , s'il fonda richement la fameuse bibliothèque d'Alexandrie, s'il fit enfin d'Alexandrie même la capitale du mou de savant , Théocrile à son tour par cet bymne sut payer les faveurs de Ploléinée. »
Le nom des villes soumises à Ptolémée n'est pas une chimère poétique ; on peut en lire la preuve dans le discours de M. Ameilhon sur le commerce et la navigation des anciens.
« Ce petit madrigal , dit GeoJTroi , quoique attribué par tous les savans à Théocrile et inséré dans toutes les éditions de ses ouvrages, parait tenir beaucoup plus de la manière de Dion ou de son disciple Moscbus : quel qu'en soit l'auteur, l'idée en est infiniment agréable et ingénieuse. » De quelque poids que soit pour nous l'opinion de Geofiroi, nous ne la partageons pas ; nous croyons au contraire que ce petit poème est bien de notre poëte, œuvre de sa jeunesse , alors qu'il préludait a la Magicienne , à F Kpithalame d'Hélène , aux Gémeaux , etc. : « Théocrite, ajoute M™" Dacier, si riche de son propre fonds , n'a pas dédaigne d'imiter l'ode d'Anacréon , que les anciens trouvaient fort belle. » Et celle pièce est si peu importante par sa longueur que le poëte de Syracuse a pu fort bien dire (Inscription 1 &) que jamais il ne s'était paré des dépouilles d'autrui.
Nos lecteurs nous sauront gré sans doute de leur donner ici l'oded'Anacréon traduite en vers français :
l'aMOLE PIQt'B PAU UJII ABEILLE.
nain une roue une abeille dormait ; Dans le rosier, l'Amour qui butinait Xe la voit point, par malheur la réveille, El tout a coup est piqué par l'abeille. Il fait un cri, tord sa petfte main.
Frappe du pied, puis d'une aile légère Ver* Cvihérec il s'envole soudain :
« Je suis perdu, c'est Tait de moi, je meurs » Vois d'un serpent les atteintes mortelles : » Il est petit, au dos il a des ailes ; » C'est une abeille, au dire des paMcur*. - Vénus repond : - Si la faible plqflre