‹ Les Petits Poèmes grecsChapitre 385 sur 395 · SLR LES IDYLLES DE MON · texte numérisé non relu

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l'honneur duquel furent insinuées les fêtes nuptiales dites Ilyménées, les autres un bel adolescent athénien qui, pris un jour par des corsaires avec beaucoup de Ibesmophoriazuscs athéniennes parmi lesquelles il s'était glissé à la faveur d'un déguisement féminin pourvoir celle qu'il aimait, se mil à leur tète pour tuer les pirates pendant la nuit et y parvint. Les Athéniens, ravis de revoir leurs filles, leurs sœurs et leurs épouses, lui permirent de prendre pour femme la riche jeune fille qu'il avait distinguée et qui jusque-là lui avait été refusée. Toutes ces aventures relatives à des mariages donnèrent lieu, disent les évbémérisles, à) la création du dieu Hymen. Pour nous il est clair que ces événemens vrais ou imaginés ne furent ajoutés qu'après coup à la conception primordiale du dieu. On sait au reste ce qu'en anatomie humaine veut dire hymen. Il n'est point impossible que la rupture de celle membrane ait eu son symbole dans la mort tragique du jeune marié qu'écrase le jour de ses noces la ruine de sa maison.

Hymen est décrit par les poêles comme environné de fleurs, surtout de marjolaine, ayant un flammeum (ou voile jaune de flamme) sur la tète et un flambeau à la main ; son brodequin aussi est jaune. Chez d'autres c'est un jeune homme blond, ceint de roses , enveloppé dans une robe brodée de fleurs et portant un flambeau et unarrosoir. [Biogr. unie, partiemyibol., au mol Umu.j

Dans Bion,le dieu Hymcnéeest représenté avec un flambeau éteint et une couronne brisée , parce que l'on croyait qu'il n'assistait qu'aux mariages heureux et commencées sous de favorables augures.

(9) Moutonnet-Clairfons et Gail présentent ici dans leur traduction un contre-sens évident ; ils ont lu Moirai au lieu de Aloisai; ils ont supposé que les Parque» pleuraient Adonis et le rappelaient par leurs chants. Ce dernier membre de phrase aurait dû avertir les deux traducteurs et leur faire reconnaître que c'étaient les Muses et non les Parques qui pleuraient Adonis et le rappelaient par leurs chants. M. Boissonade a rétabli ce passage dans son édition des poètes grecs.

Girodet s'esl servi, à ce qu'il parait, de la traduction de Moutonnel-Clairfons, el il a mis les Parques en scène , mais il ne les a pas fait chanter,- il les a représentées implorant Proserpine en faveur d'Adonis. Ce n'est pas la pensée du poëte grec, mais elle est digne de lui.

(10) Non qu'il ne veuille entendre. Je crois que c'est ainsi qu'il faut expliquer cet endroit, quoique la plupart l'aient traduit : « at ille non exaudit , non sane, neque vult, » sens qui ne me paraît s'accorder ni avec la raison, ni avec tes mots. En effet , quand il serait vrai qu'Adonis, sensible à la nouvelle passion de Proserpine, ce qui est contraire à la fable et a ta

vraisemblance, quand il scrail vrai, dis-je, qu'il n'aurait pas voulu revivre, il serait cependant ridicule de le dire sévèrement à Vénus dans un discours qui n'est fait que pour la consoler. Mais pour l'entendre de cette manière, il faut même faire quelque violence aux mots, car il faut mettre après ou man une virgule qui n'est point dans le grec ; et ainsi, il est bien plus naturel de traduire : « Non quidem non vult, » d'autant plus quo le de qui est après le chôra qui commence la phrase suivante est une particule qui marque ordinairement de l'opposition entre la phrase où elle se trouve et celle qui la précède, opposition qui ne peut subsister ici, en Iraduisant de la manière contraire à celle dont j'ai traduit. Cependant ceux qui ne voudront pas souscrire à mon sentiment, pourront lire :

Eti vain . it n'entend pu et ne veut pas entendre, Et Proserpine eoBn refuse do le rendre.

Malgré l'autorité de Boissonade, nous suivons le premir sens adopté par Longepicrre.

(i i)Moutonnct-Clairfons, Gail.etHeskinavanteux, sont tombés dans une étrange méprise : ils ont supposé que le poëte disait à Vénus : « Fuis dans ce jouîtes plaisirs, » selon Gail; tes festins, d'après Mouton net-Clairfons, conforme sous ce rapport à Heskin , qui a traduit la phrase grecque par ces mots : « Et hodieabstineà conviviis, » sans s'apercevoir que ce conseil était tout à fait hors de vraisemblance el qu'il y avait évidemment altération dans le texte. En effet, M. Boissonade, en rétablissant Kommôn, au lieu de Xdmôn, donne à la phrase un sens plus raisonnable, et c'est cette leçon que j'ai suivie.

(12) Le grec dit : « Quandvous serez parvenu à la mesure d'homme, » expression qui se trouve souvent dans Homère. (Voyez V Iliade, ch. 1 1, v. 225 ; VOdyssée, ch. il, v. 317, ch. 18, v. 217.— Théocrite, idylle 18, v. i&.)

Cette pièce de Bion se trouve imitée en vers français dans les Œuvres de Jean Godard (lome ;, p. loi). Elle a été traduite en beaux vers latins anacréonUquespar lepèreSanadon (Carminum, p. 87), et dans \e&DeUciœpoe4. gall., Monerii, Epig. t. i, page C03.

(i 3) Il y a dans te grec : « Pan avait trouvé le plagiaulos,» c'est-à-dire la flûte oblique, la flûte courbe, qu'on nommait ainsi par rapport à sa forme, el qui élait opposécà la flûte droite. Suivant Pollux (4 , io), le plagiaulos fut inventé par les Lydiens ; il élait en lotos. Athénée ( 4 , 23) parte aussi" du plagiaulos , qu'il appelle pholin, cl dit que les Égyptiens en at-

KOTES SLR LES IDYLLES DE BION.

Ii ibuent l'invenlion a Osiris. Nous ne rapporterons pas un plus grand nombre d'au loti lés pour un sens ou pour l'aulre; ou voit qu'il est difficile sur ce point de savoir à quoi s'en tenir.

La flûte appelée aulos était faite d'un seul roseau percé en plusieurs endroits ; c'était avec les doigts et non point avec la bouche , comme dans la fistula, que l'on dirigeait les sonset les modes. (Voyez Achillcs Talius, Erôtike , liv. 8, page 477 , édit. Salmas.) Dans son hymne b; Callimaque attribue aussi à Minerve l'invention de Vaulos, quoique les monumens historiques donnent au Phrygien liyagnis l'honneur de celle découverte. Il y a mol à mol dans Collimaque (édit. de la Porte du Theil, page 138) : « On n'avait pas encore percé le» os des faons, ouvrage de Minerve, funeste au cerf. » Nous savons par là que les anciens, dans les premiers temps, faisaient leurs Utiles avec les os des jambes de faons; c'est pourquoi ils les appelaient, ces (lûtes, kebreioi auloi. Arislophan. Acharn. v. 02-3. (C.)

Mercure fit la Chelys d'une écaille de tortue qu'il rencontra. Homère, dans l'hymne à Mercure , raconte celte histoire fort au long. [Voyez l'éditiontraduction de M. Dugas-Montbcl, page 235 etsuiv.)

Celte idylle a été traduite en vers latins anacréontiquesparlepèreSanadon (Carminum pag. 89), imitée en vers français par Marot et traduite par La Monnoye (t. i« de ses Œuvres choisies, p. 170).

(t4) Les deux premiers vers de celte idylle se trouvent diversement dans les divers exemplaires. Il y en a où on les lit ainsi :

Toi moi$al ion Erota ton agrion * phobeoniai, E'ftinumo phiUontl.

« Les Muses, en secret, craignent le fier Amour, ou l'aiment, et, suivant ses pas, lui font la cour. - Henri Esliennc même, et Grolius, dans son Slobée, ont lu et traduit ainsi; et quoiqu'il semble d'abord que de cette façon il y ait quelque contrariété dans la flûte, celle difficulté s'évanouit en examinant la chose de plus près, fitoo dit que les Muscs, ou craignent ou chérissent l'Amour, et que le suivant en tous lieux, soit par crainte, soit par tendresse pour lui elles ne veulent rien faire qui le puisse offenser. Ce seus est fort bon ; mais cependant celui que j'ai suivi me parait plus naturel :

Les Muscs, loin de craindre Amour, le traître Amour, L'aimcal, et le suivant partout lui font la cour.

Dans son édition , Schwebel soutient le sens que Longepicrre adopte de préférence, et m encore nous nous rangeons volontiers de leur côté plutôt que de celui de M. Boissonadc. (C.)

Il y a des exemplaires qui portent aèidê (canat), ri d'aulres opédé (sequatur). Ces deux mott revien-

nent au même sens, cl la traduction convient à l'un et à l'autre.

(16) Ce n'est ici qu'un fragment, el le dernier vers n'est pas même achevé. Dans Slobée, qui le rapporte, il est précédé immédiatement d'un vers détaché qui pourrait bien èlre de la même pierc , au moins ne m'en parait-il pas forl éloigné pour le sens. Le voici :

Oukoid', oud' epcoiken, a m<* mmlwmtn poneistluù. Je l'ignore, el l'on doit s'épargner l'embarras De suer en cherchant ce que l'on ne sait pas.

Nous nous contentons de placer ce vers ici plutôt que de le mettre , comme fait M. Boissonadc , à la téle de la pièce; nous ne voyons guère ce qu'il y signifie.

Il y a dans les différentes éditions et même dans celle de M. Boissooade ôpase Moira (que m'a donnés la Parque) ; nous aimerions mieux avec Longepicrre lire Moisa (la Muse). Toulefois, comme le fait remarquer le même commentateur, la première leçon pourrait èlre défendue. Horace a dit ( ode 2 ,

Spirilum ferai a; lenuem camcn.T , Parca non mendax dédit.

(IC) Un air sicilien, c'est-à-dire un ait bucolique el champêtre. On appelait ces sortes de poésies siciliennes , parce qu'elles avaient commencé en Sicile : « Sikelikai Moisai, » dansMoschus. Virgile a dit aussi : « Sicelidcs Musa , syracosioversu; w mais le docte Servius croit que ce poêle n'a parlé ainsi que parce qu'il imitait Théocnle , qui était de Sicile et Syracusien.

( 1 7) Voyez sur les amours de Polyphèmc el de ( ialaléc les idylles de Théocnle, 6 cl 11.

(18) Dans Longepicrre, Schwebel, etc., celle pièce est rangée parmi celles de Moschus.

IDYLLE XVII

(19) Il y a eu plus d'une Vénus. Cicéron, dans le 3» livre de la Nature des dieux , en compte jusqu'à quatre ; mais ce que dit ici Bion est assez singulier. Il appelle Vénus fille de la Mer et de Jupiter ; cela ne s'accorde pas avec l'opinion commune. La Vénus fille de Jupiter eut Dioné pour mère , el la Vénus fille de la Mer devait sa naissance à l'infortune du Ciel , que l'avare ambition de Saturne venait de mellrc hors d'élaldc pouvoir jamais être lier©.

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