‹ Les petits poèmes grecsChapitre 249 sur 358 · LA QUENOUILLE · texte numérisé non relu

LA QUENOUILLE

Théocrite, près de s'embarquer pour Milet, destine à Théugénide, femme de son ami Nieias, une quenouille d'ivoire, et accompagne ce présent d'une Idylle où il fait l'éloge de cette laborieuse mère de famille.

O Quenouille ! don précieux de la sage Mi-

nerve , toi qui te plais dans la main de la fileuse, qui inspires le travail et l'économie aux respectables mères de famille , suis-moi avec confiance dans la riante ville de Nilée, près de cette grotte ombragée de tendres roseaux et consacrée à la belle Vénus.

Puisse Jupiter m'accorder une heureuse navigation ! Puissé-je bientôt serrer dans mes bras mon ami Nieias, être pressé sur son cœur, Nieias, le modèle des hôtes, le favori des Muses !

Toi qu'embellit un ivoire artistement travaillé , ô quenouille ! tu seras offerte à l'épouse de Nieias. Dans ses laborieuses mains, tu prépareras ces superbes tissus dont les hommes se couvrent , ces robes ondoyantes dont se parent les femmes. Que deux fois l'année, les brebis, au sein de gras pâturages, se dépouillent de leur douce toison en faveur de la belle Théugénide , car elle a cet amour du travail qui dans les femmes est le caractère de la vertu.

Je n'ai point voulu te conduire dans le séjour de l'indolence et deFoisiveté, toi qui naquis dans ma patrie , dans cette ville fameuse , Forgueil de la Sicile , si féconde en héros et que fonda jadis Archias d'Éphyre.

La demeure que je te réserve est* celle d'un sage dont ia science profonde sait éloigner des humains les tristes maladies. Tu habiteras dans

amies de Théugénide admireront son élégante quenouille , et sans cesse tu rappelleras à sa mémoire le souvenir de l'hôte qui fut l'ami des Nymphes du Parnasse.

Qu'en te voyant , chacun dise : «Le présent est petit , mais qu'il a de prix ! Les dons de Famitié sont toujours précieux. »

XXIXe IDYLLE.

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