‹ Les petits poèmes grecsChapitre 331 sur 358 · OLYMPIQUE III · texte numérisé non relu

OLYMPIQUE III

(1) Bœckh prétend que cette ode fut chantée à Agrigente à peu près dans le même temps que la précédente et pour la même victoire. ïhéron était occupé à célébrer les Théoxénies lorsque ses chevaux revinrent couverts de branches d'olivier. Pindare en prend occasion de raconter comment Hercule obtint l'olivier sauvage des Hyperboréens quand il alla sur les bords du Danube chasser la biche aux cornes d'or i

Les Théoxénies étaient des fêtes que les Grecs célébraient en mémoire des dieux qui autrefois avaient eie leurs hôtes. Le schohaste de Pindare en attribue i origine à Castor et Pollux :« Kai outoi aph' eautôn metenoêsan Panêgurin , Theoxenia : para to dokein tote xenizein tous Theous.» C'est pour cela que les sacrifices qu'on faisait aux fils de Léda s'appelaient Xenismoi.

(2) Les fils de Tyndare. Castor et Pollux , fils de Tyndare, roi de Sparte et de Léda, suivirent Jason à la conquête de la ïoison-d'Or et devinrent tous deux célèbres, Pollux à la lutte et Castor dans l'art de dompter les chevaux. Après leur mort on leur rendit les honneurs divins sous le nom de Dioscures (Dios de Jupiter, et kouroi fils). Us furent même comptés par plusieurs villes au nombre des grands dieux de la Grèce. Agrigente les honorait d'un culte particulier, et voilà pourquoi , entre autres raisons , le poëte dédie son ode à eux plutôt qu'à Jupiter.

(3) Un citoyen d'Etolie. Hercule nomma Oxyllus, Étolien, juge des luttes olympiques. Depuis ce temps les Étoliens ou Eléens, habitans de i'Elide, pour les distinguer des Aehéens , habitans de l'Achaïe, demeurèrent en possession du droit de choisir

les juges ; d'abord un seul , ensuite deux , enfin jusqu'à neuf : trois pour les courses des chars, trois pour les cinq autres genres de combat, trois pour la distribution des prix. Arislodème, roi de Lacédémone, en ajouta un dixième qui était comme le président. Ces juges prêtaient serment déjuger avec équité.

(4) Qui le premier apporta cet arbre. Pindare attribue ici à l'Hercule grec ce qui, selon Pausanias, appartient à l'Hercule idéen ou de Crète.

(5) Près des sources ombragées de l'Ister. L'Ister, maintenant le Danube, un des plus grands fleuves de l'Europe et qui prend sa source dans la forêt Noire.

(6) Des peuples hyperboréens. C'est ainsi que les Grecs nommaient tous les peuples septentrionaux par rapport à eux, tant de l'Europe que de l'Asie, ce qui comprend la Scythie, laTarlarie européenne et asiatique, les monts Riphées,le pays des Abiens qu'Homère nomme les plus justes des hommes, pays alors couverts de forêts. Il serait trop long de raconter toutes les fables qu'ils ont débitées sur ces peuples; je ne citerai que Pline le naturaliste : « Près des monts Riphées , dit-il, au delà de l'aquilon, habite un peuple heureux, si nous les en croyons, qu'ils nomment Hyperboréens ; ils vivent longtemps et sont célèbres par de fabuleuses merveilles. C'est là qu'on croit que sont placés les pôles sur lesquels roule l'axe du monde : c'est l'extrémité de la terre, le terme de la course des astres. Le soleil est pour ces peuples pendant six mois sous l'horizon : ils n'ont qu'un seul jour d'un semestre entier , non comme disent les ignorans depuis l'équinoxe du printemps jusqu'à celui d'automne, mais un seul solstice éclairé du soleil pendant six mois, remplacé pendant six mois par une nuit profonde, température douce et heureuse. Les souffles impétueux des passions ne troublent pas le repos de ces nations exemptes de crimes; les bois, les antres des forêts leur servent de maisons ; ils rendent aux dieux en public et en particulier un culte religieux; la discorde et les maladies de toute nature leur sont inconnues; la mort ne les atteint que lorsque , rassasiés de la vie, de repas, de fêtes, les vieillards se précipitent d'eux-mêmes d'une roche élevée dans la mer, genre de mort qu'ils regardent comme la plus heureuse. — Ponè eos montes, (Ripheos) ultra aquilonem, gens felix, si credimus, quas Ifyperforeos appellavêre, annoso degit œvo,fabulosis celebrata miraculis. Ibi creduntur esse cardines mundi, extremique siderum ambilus, semestri luce, et unâ die solis aversi ; non ut imperili dixére , ab equinoxio verno in autumnum ,■ semel in anno solstitio oriuntur eis soles, brumdque semel occi-dunt : regio aprica , felici temperie , animi afjlatu noxis car eus. Domus iis ncmora , lucique et deorum cultus viritim, gregatimque ; discordia

ignota et œgriiudo omnis-, mors non nisi satielale vitœ, epulis delibulisque senibus luœw, ex rupe quâdam in mare salientibus-, hoc genus sepulturœ bealissimum. » (Pline, liv. 4, ch. 12.) Vossius établit savamment que la région qu'ils habitent doit être située dans l'occident méridional , par exemple en Portugal, où la douceur du climat favorise la culture de l'olivier. Ce qui n'a pas empêché Heyne de taxer PindaFe d'une grossière ignorance.

(7) Fidèles adorateurs d 'Apollon. « Ces peuples, dit le même Pline, adoraient le soleil et envoyaient tous les ans par de jeunes filles leurs offrandes au temple de ce dieu, à Délos. »

(8) Du Cronium. Colline au pied de laquelle était bâti le stade.

(9) Les ordres d'Furysthée. Jupiter ou , selon d'autres, Thémis ayant prédit qu'il naîtrait bientôt un enfant qui commanderait un jour à tous les hommes, Junon, qui préside aux enfantemens, relarda l'accouchement d'Alcmène et avança celui d'Archippe, femme de Sthénélus roi de Mycènes; de sorte qu'Euryslhée vit le jour avant Hercule et que celuici lui fut assujetti : de là sont venus les douze travaux d'Hercule, si fameux chez les poêles :

« Oie gar Éraklês emelle gennasihai , Zeus en theois ephê, ton apo Perseôs gennêthêsomenon tote basileuein Ulukènôn : êra de dia ton zêlon Fileithuianepeisen, ton men Aïkmênês tokonepischein, Furusthea de ton Stenelou pareskeuase gennelhênai eptamêniaion onla. » (Apollod., lib. 3.)

« En effet Hercule étant prêt à voir le jour, Jupiter dit en présence des dieux que celui qui allait naître de la race de Persée régnerait à Mycènes. Junon par jalousie engagea Lucine à retarder l'accouchement d'Alcmène et à faire naître sur-le-champ Eurysthée, fils de Sthénélus, quoiqu'il n'eût que sept mois. »

(10) Que Taygète avait, etc. Taygète, fille d'Atlas et de Pleïone , poursuivie par Jupiter, fut changée en biche par Diane, qui lui rendit sa première forme quand le péril fut passé. Cette nymphe, en reconnaissance , consacra à la déesse une biche dont elle fit dorer les cornes et qu'elle ornait de bandelettes. C'est cette biche qu'Hercule rauporta à Eurvslhée et qui fait l'un de ses travaux.

(\\)Diane V Orthosienne. Diane était ainsi appelée du mont Orlhosius , en Arcadie , où elle chassait. C'est la Diane à qui l'on immolait des victimes humaines.

(\2jQue Borée ne tourmenta jamais, etc. Le texte \>or\e pnoias opithen Borea (en arrière du souffle de lioréej .Si cette contrée est en arrière., c'est-à-dire/^w.s

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loin que le souffle de Borée, elle en est donc à l'abri.

(13) Où douze contours égaux. Voyez la Dissertation sur les jeux olympiques.

(14) Il ne s'agit point ici des jeux olympiques, mais des fêles Théoxénies, que Théron célébrait alors dans le temple de Castor et Pollux.

(15) Les Emménides. La tribu des Emménides, à Agrigente, remontait à Télémacus qui, ayant tué le tyran Phalaris, s'empara du trône; il eut pour fils Emménides, duquel est issu OEnésidame, père de Théron.

(16) Jusqu'aux colonnes d'Hercule, Expression figurée pour marquer que Théron était, au comble de la gloire. Ce mot est devenu proverbial comme le sidéra ferrie d'Horace. Mais ici , le sujet même de l'ode en grande partie consacrée à Hercule donne à à cetle formule une application particulière.

OLYMPIQUE IV

(1) Camarina , ville de Sicile fondée par les Syracusains l'an 135 de la fondation de Syracuse. Elle était voisine d'un lac du même nom dont il est parlé ode 5e.

Celte ode fut chantée à Olympie , comme le prouvent les vers 4, 5 et 6 , en la qualre-vingt-deuxièrne olympiade. Psaumis était un riche citoyen de Syracuse; on pense qu'il était lié avec Pindare.

(2) Ce titre est défectueux, à ce que Bocckh prétend, et il le prouve par l'emploi que fait le poêle dans la suite de l'ode du mot ochos, qui signifie proprement un char attelé à deux mules. Il est cerlain que les médailles frappées en mémoire de cet événement représentaient des mules au lieu de chevaux. Heyne et M. Boissonade maintiennent cependant la leçon ippois que nous avons aussi cru devoir conserver.

Apênê exprime proprement la course des chars attelés de mulets.

(3) Les Heures, tes filles. Les Heures , filles de Jupiter et de Thémis, étaient chargées d'ouvrir et de fermer les portes du jour. On les représentait ordinairement avec des ailes de papillon. Hygin (fable 1 83e) nous a conservé les noms des déesses qui piésidaienl aux heures du jour; il dit en effet : « Alix auctore» tradunt decem his nominibus .- i° Auge (Auge)., l'aurore ou le point du jour ; 2° Anatole (Anatole) 7 le lever du soleil; 3° Musœa (Mouseià)}, l'heure des- Muses, c'est-à-dire celle des études; 4° Gyrrinasi» (Gumnasia) , l'heure du gymnase ou des exercices, elle suivait immédiatement celle des Muses ; 5° Nympha (Numphai), l'heure des Naïades , e'est-à-d»re

NOTES

l'heure du bain, qui avait toujours lieu après les exercices du gymnase; 6° Mesembrai [Mesémbria), le midi; 7° Sponde (Spondê), l'heure des libations; 8° Lite (Litê), l'heure des prières ; 9° Acte et Cypris {Aktê kai Kupris), l'heure de la table et du plaisir; 10° enfin Dyses (Dusis), le coucher du soleil. »

(4) Typhon, géant fameux que l'on confond quelquefois à tort avec Typhée. Junon le fit naître seule en frappant la terre.

(5) Voici venir Psaumis. Nous avons préféré ce sens , qui nous paraît traduire parfaitement le grec : « Psaumios gar ikei ocheôn .- os elaia stephanôtheis, etc. ; » littéralement : « car la pompe du char de Psaumis s'avance. Lui qui couronné de l'olivier, etc. » M. Tourlet à traduit: « Ils (mes chants) suivront le char de Psaumis jusque dans Camarine... » Ce ne peut être l'idée du poète, ce n'est d'ailleurs visiblement point celle qu'expriment les mots, qui ne présentent ici aucune ambiguïté. Il nous semble en outre que le sens que nous avons adopté est plus en harmonie avec le genre lyrique , qui aime les tableaux vifs et animés.

(6) Vengea le fils de Clymène. Erginus, fils de Clymène , l'un des Argonautes , ayant trouvé dans l'ile de Lemnos Hypsiphile occupée à honorer par des jeux et des combats les funérailles de Thoas son père, se présenta dans la lice la tête couverte de cheveux blancs. Les femmes de Lemnos le prirent pour un vieillard et se moquèrent de lui; mais Erginus vainquit à la course le fils même de Borée et reçut le prix des mains d'Hypsiphile. Cette anecdote paraît d'autant plus vraisemblable qu'elle est confirmée par le proverbe : « Ouch' oti soi to ton Erginou sumbebêken, en neotêti polia. » (Libanius.)

(7) Souvent la jeunesse voit blanchir ses cheveux avant le temps. Ainsi les cheveux blancs ne sont pas toujours un indice de faiblesse, l'exemple d'Erginus en fait foi, et Psaumis, quoiqu'au déclin de l'âge viril, avait encore ce trait de ressemblance avec Erginus et pouvait comme lui se livrer avec succès aux mêmes exercices de la jeunesse.

OLYMPIQUE V

(1) Cette ode fut chantée à Camarina dans une chapelle de la nymphe Homonyme.

(2) L'usage des chars attelés de mules fut introduit par Asander ; il ne subsista pas longtemps et fut supprimé a la quatre-vingt-neuvième olympiade.

(3) Fille de l'Océan. Toutes les fontaines étaient réputées filles de l'Océan :

Tris aar muriai eisi lamisplutroi àkeanides.

(4) Et ces douze autels. Il paraît qu'il ne s'agit point ici d'Olympie, dont le temple ne contenait que six autels , mais de douze autels que Psaumis avant son départ pour la Grèce avait fait élever à Camarina et sur lesquels , d'après ses ordres , on devait immoler un grand nombre de victimes pour lui rendre les dieux favorables.

(5) Relevée tout récemment de ses ruines. Camarina, dévastée par les Syracusains, devait en grande partie son rétablissement aux libéralités de Psaumis.

(6) Embellir par la pompe de ses fêtes. Soit par celles qu'on lui fit à son retour d'Olympie , soit par celles qu'il donna lui-même au oeuole de Camarina en reconnaissance de sa victoire

(7) O Pallas ^protectrice des cités. Le grec porte poliaoche (de echein polin), surnom de Minerve, qui était regardée comme la divinité tutélaire des villes. Les anciens plaçaient sa statue au haut de leurs forteresses et de leurs temples :

0 dea, quœ rétines in summis urbibus arces.

(Catulle.)

(8) L'Oanus coulait à Camarina; on croit que c'est le Prascolari.

(9) L'Hippanis , aujourd'hui Camarino , coulait non loin de Camarina. Son lit était si large et si profond qu'il pouvait recevoir des vaisseaux et, au moyen de canaux pratiqués pour faciliter sa jonction avec l'Oanus, les remonter dans la ville môme. Il prenait sa source dans une montagne couverte d'immenses forêts, où les Camaiïnains coupaient des bois pour la construction de leurs édifices et les faisaient descendre le long du fleuve jusqu'à la ville.

(10) Veille sur Camarina. Le poêle donne à entendre que la ville nouvelle avait été mise sous ia protection de Jupiter.

(11) L'Antre sacré de l'Ida. U est probable qu'il existait au pied de la colline Cronium un antre idéen.

(12) Des flûtes lydiennes. Le mode lydien était le plus doux et celui qu'on mettait en usage dans les prières.

(13) .... Tuque ô, cui prima frementem Fudit equurri, magno tellus percussa tridenli.

(Virgile.)

OLYMPIQUE VI

(l) Cette ode fut composée à Thèbes et chantée à Stymphale.

DES OLYMPIQUES

(2) Agésias, fils de Sostrate, Syracusain par son père , Styraphalien par sa mère , était de l'illustre, famille des Jamides.

(3) Pindare donne à Agésias la plus illustre origine et les fonctions les plus honorables que l'on pût avoir dans l'antiquité païenne. Les anciens parlent de la famille de Jamides comme en parle notre poëte. Pausanias remarque qu'à la bataille de Mantinée, les Mantinéens avaient avec eux le devin Thrasybule Eléen , fils d'Eneùs de la race des Jamides , qui leur prédit la victoire et y contribua beaucoup par sa valeur. La grande prêtresse de l'autel de Jupiter dans le temple d'Olympie appartenait vraisemblablement à la famille d'Agésias. Ses ancêtres avaient été revêtus de ce sacerdoce et lui l'exerçait alors. Cet autel est nommé fatidique, parce que le prêtre avant la célébration des jeux lisait dans les entrailles des victimes le sort qui attendait les athlètes. (Olympique 8, vers 3 et 4.)

(4) Les ancêtres d'Agésias avaient été fondateurs de Syracuse.

(5) Des chants aussi sublimes. Le grec porte : « Que le fils de Sostrate sache qu'il est sur un bon pied dans cette chaussure, » c'est-à-dire que cet éloge lui convient parfaitement.

(6) Au devin Amphiaraûs. Amphiaraùs, fameux devin, fils d'Oïclée, assista à la chasse du sanglier de Calydon et, suivant Apollodore, fut un des Argonautes. Il épousa Eriphyle , sœur d'Adraste roi d'Argos, dont il eut deux fils, Alcméon etAmphilorjue. Lorsque Adraste , à la prière de Polynice , eut déclaré la guère à Thèbes, Amphiaraûs, instruit par les dieux qu'il périrait dans cette expédition se cacha pour n'être pas obligé de prendre part à la guerre; mais Eriphyle découvrit le lieu de sa retraite à Polynice , qui récompensa sa perfidie par le don d'un collier de diamans .Amphiaraûs, forcé de marcher contreThèbes, fit avant son départ promettre à son fils Alcméon de le venger en faisant mourir sa mère Eriphyle. La guerre de Thèbes fut funeste aux Argiens et Amphiaraûs fut englouti sous terre en voulant sortir de la mêlée. Alcméon n'eut pas plutôt appris cette triste nouvelle qu'il poignarda sa mère. Amphiaraûs reçut après sa mort les hommages divins. Les Opiens, peuple de l'Attique, lui bâtirent un temple près d'une fontaine regardée comme sacrée, parce qu'on croyait qu'après son apothéose il était sorti par là de dessous la terre. Les malades et ceux qui voulaient consulter le dieu avaient seuls la permission de s'y baigner; après le bain ils jetaient une pièce d'or ou d'argent dans la fontaine. Pour être admis à interroger l'oracie, il fallait se purifier, s'abstenir de nourriture pendant vingt-quatre heures et devin pendant huit jours : on

immolait ensuite un bélier, puis on étendait sa peau, sur laquelle on se couchait pour recevoir pendant la sommeil la réponse du dieu.

(7) Après que sept bûchers embrasés. Un seholiasle assure qu'il existait auprès de Thèbes un champ nommé eptapurai où furent dressés les bûchers non des sept chefs, car tous ne périrent pas dans l'expédition , mais des guerriers de leurs sept légions qui avaient succombé. {Voyez Pausanias, 1, 39, et les Suppliantes d'Euripyde.)

(8) 0 Phintis. Phintis était sans doute le conducteur , l'écuyer du char d'Agésias.

(9) Dans le palais de Pitane. Nom d'une nymphe, fille de l'Eurotas , fleuve de la Laconie et qu'on suppose protectrice d'une ville du même nom placée sur les bords de ce fleuve, car les poètes sont dans l'usage de donner des nymphes pour fondatrices à toutes les cités.

(10) Élatus, fils d'Arcaset de la nymphe Calislo, que Jupiter changea en ours, eut cinq fils, parmi lesquels Epytus, époux d'Évadné , et qui régna en Arcadie.

(11) Phésane, d'après le scholiaste et tous les auteurs, est une ville sur les confins de l'Arcadie et de l'Élide.

(12) Évadné. Ce n'est pas la même dont il est question au sixième livre de YÉnéide.

-(13) Lucine ou Ililhye (de eleuthô , Eileithuia, parce qu'elle vient aux cris de femmes enceintes pour les délivrer) était fille de Jupiter et de Junon et présidait aux accouchemens. Apollon lui envoya aussi les Parques afin que chacune d'elles gratifiât cet enfiant d'un don spécial.

(14) Du suc délicieux des abeilles. Le grec porte ios , qui au propre signifie un projectile quelconque (du verbe iêmi, envoyer) et par extension la liqueur lancée ou distillée de la bouche de certains animaux. En parlant des dragons, ce sera du venin ; ici, le suc de l'abeille. En Grèce on était dans l'usage de faire sucer du miel dans une éponge aux petits enfans; de là sans doute l'origine du titre de nourrices de Jupiter que reçurent les abeilles.

(15) C'est pourquoi sa mère voulut qu'il portât à jamais l'immortel nom deJamus. Apollon rele.au dans le ciel ne pouvait donner un nom à son fils. Jamus vient de apo tôniôn(des violettes), surlesque'les son corps reposa parmi les joncs. Les anciens, 'ort supesititieux, attachaient un présage au nom nomen

NOTES

omen. Aussi la plupart de leurs noms étaient-ils significatifs.

(16) Où les violettes purpurines. La violette en effet a le fond du calice d'un jaune vif et éclatant , ce qui excuse et justifie l'expression àktisi,

(17) Vélos , ouvrage de ses mains. Virgile rapporte qu'Apollon fixa cette île qui était flottante en l'attachant à Mycone et à Giare , deux îles voisines.

(1 8) Mes premiers oracles. Le grec porte opisthen (mes oracles d'en arrière), c'est-à-dire d'autrefois, ceux que j'ai rendus sur toi à l'époque de ta naissance.

(19) Le noble rejeton des Alcaides. Quoique Hercule fût, suivant la fable, fils de Jupiter, le poète le désigne ici par son père putatif Amphitryon , fils d'Alcée.

(20) Métope fille de Stymphale , etc. Métope, suivant la fable , était fille du Ladon , sur lequel est situé Stymphale, et de l'Asopus , fleuve thébain , qui eut pour fille la nymphe Thébé, protectrice de Thèbes, capitale de la Béotie. C'est pour cela qu'il nomme Métope son aïeule maternelle. De cette manière il y avait parenté pour les femmes entre les Arcadiens et les Béotiens.

(21) Thèbes que j'habite aujourd'hui. Le grec porte: ((dont je bois l'eau.»

Virgile a dit :

Aut Ararim Parthus bibet aut Germania Tigrim.

(22) Énée ordonne y etc. Il est probable que cet Énée était le chorége , c'est-à-dire celui qui avait la direction des chœurs et des danses.

(23) Junon Parthénienne. Junon était adorée sur le Parthénion, montagne d'Arcadie, au nord deTégée.

(24) A ce grossier proverbe •. « Pourceau de Béotie-, » littéralement : « Faire connaître que nous ne méritons pas le proverbe outrageant : Porc béotien. » Les habitans de laBéolie passaient pour des gens lourds et grossiers.

Platon dit dans le Banquet : « la Béotie où les esprits sontpesans et où V éloquence n'est pas ordinaire. » De là les proverbes pourceau de Béotie , conte béotien, pour exprimer des actions ou des discours grossiers, ineptes, dépourvus de sens. Cette opinion n'était point affaiblie du temps d'Horace, qui dit lui-même :

Bœotum crasso jurares in aère natum.

C'est pourtant sous ce climat si épais que sont nés Pindare et Plutarque.

(25) Ortygie (ortux, coturnix), petite île adhérente à Syracuse. C'était la résidence royale d'Hiéron. Probablement aussi qu'Agésias l'habitait. C'était dans cette île qu'était la fontaine Arhétuse.

(26) De Cérès aux pieds de pourpre. Cérès est ainsi appelée soit parce qu'en cherchant Proserpine sa fille, l'excès de la fatigue et de la marche lui avait rendu les pieds rouges , soit qu'en traversantes blés mûrs, la couleur dorée des épis se réfléchissait sur ses pieds. Virgile a dit aussi « rubicunda Ceres. »

(27) Les fêtes de Proserpine. Ces fêtes se nommaient theogamia ou anthesphoria (noces des dieux), à cause des noces de Proserpine et de Pluton qu'on y célébrait

(28) Et les pompes du puissant Jupiter JEtnéen. Hiéron joignait à la dignité de souverain celle de grand pontife de Jupiter iEtnéen.

(29) Deux ancres assurent souvent le salut. Allusion à la double patrie d'Agésias , la Sicile et l'Arcadie, Syracuse et Stymphale ou Métope : aussi le poëte a-t-il raison d'avancer que deux ancres assurent le salut, etc. Chez les anciens, les navires avaient quelquefois deux ancres, l'une à la proue, l'autre à la poupe; c'est ce qui a fait dire à Epictée .((Oute naun eh mias agkuras , oute bion ek mias elpidos ormisteon. «L'expression en est devenue proverbiale et répond à celle-ci de notre langue : « Avoir plusieurs cordes à son arc. »H était facile à Agésias de s'en appliquer le sens , car si les dissensions ou quelque autre malheur l'eussent obligé de quitter la Sicile , il pouvait chercher un asile en Arcadie.

(30) D'Amphitrite à la quenouille d'or. Cette épithète que donne Pindare à la déesse des mers est parfaitement d'accord avec ces vers où Virgile parle des nymphes qui accompagnaient une autre déesse marine :

Millesia vellera nymphœ

Carpebant.

Dum fusis mollia pensa

Devolvunt.

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