OLYMPIQUE VIL
(1) Cette ode fut chantée à Bhodes dans la ville d'Ialyse pendant un repas. Les Athéniens la regardaient comme le chef-d'œuvre de Pindare; ils la firent graver en lettres d'or et déposer dans le temple de Minerve,
(2) Diagoras , Bhodien, fils de Démagète, de la famille des Ératides , remporta un grand nombre de victoires et fut un des plus illustres athlètes. Ses en-
DES OLYMPIQUES
{ans furent presque aussi célèbres que lui : « Vous trouvez dans l'Altis , dit Pausanias, plusieurs athlètes de Rhodes; c'est Diagoras et toute sa famille , etc. » Ses petits-fils furent aussi couronnés aux jeux olympiques, car Euclis, fils de Callianax et de Callipatire, eut le prix du ceste dans la classe des hommes et Pisidore l'eut dans celle des enfans. Un jour il amena avec lui ses deux fils Acusilas et Damagète ; ces illustres athlètes ayant été proclamés vainqueurs, les deux fils portèrent le père sur leurs épaules au milieu d'une foule de Grecs qui jetaient des fleurs sur leur passage et admiraient la gloire et le bonheur d'un père qui avait de tels enfans et des enfans qui avaient un tel père. Une de ses filles, Aristophatrie, s'étant présentée pour combattre , malgré la loi qui n'admettait pas les femmes à ces luttes, obtint une exception motivée sur la gloire que son père s'était acquise et remporta la victoire.
(3) Au pugilat. Voyez la Dissertation sur les jeux olympiques.
(4) Rhodes puissante reine des mers , épouse du Soleil. Cette île est située sur la côte de l'Asie, dans la Méditerranée. Son nom vient de rodon (rose). On dit qu'il ne se passe point de jour sans que le soleil y paraisse et que c'est pour cela que les anciens la dédièrent à cette divinité.
(5) Cet invincible athlète. Diagoras était d'une force et d'une constitution extraordinaires.
(6) Aux sources sacrées de Castalie.W est probable que Diagoras avait été couronné aux jeux pythiques qui se célébraient à Delphes. La fontaine de Castalie coulait entre les deux sommets du Parnasse , le Nauplias et l'Hyampé; c'est sur l'une de ces pointes que Delphes était bâtie.
(l)Dont l'équité, etc. Du temps de Diagoras, Rhodes était libre-; mais ses ancêtres y avaient eu la souveraineté. Démagète même y était encore prytane. C'est d'ans l'exercice de cette charge qu'il s'était concilié l'affection générale par son équité.
8) Aux trois florissantes cités. Les anciens y comptaient trois villes considérables : Lindus, Jalisus et Camérie, ainsi nommées des trois petits-fils du Soleil qui les fondèrent. (Voyez épode i). Homère nous a consacré le nom de ces trois villes :
Oi Rodon amphenemonto, diatrlcha kosmélhentes Lindon, lélusion te kai arginoenta Kameiron.
9) Non loin du promontoire où se réfugia, etc. Ce promontoire est enLycie, vis-à-vis l'île (Je Rhodes. Ce fut probablement dans cet endroit que Tlépolème, banni d'Argos , vint débarquer avec ses compagnons.
(10) Tuer d'un coup de massue, etc. Tlépolème était fils d'Hercule. Ayant tué Licymnius son oncle , fils de Mars et de Menée, il abandonna son pays, et après avoir erré quelque temps sur la mer, il se rendit maître de Rhodes. Homère dit que ce fut par mégarde que Tlépolème tua Licymnius, et Apollodore observe que ce fut en voulant frapper un esclave de ce prince. Ainsi ce meurtre ne peut faire supposer à Tlépolème aucun motif d'ambition ou de perfidie.
(il) Fers cette terre que la mer environne. Le poète ne lui fait désigner par l'oracle qu'en termes ambigus et par périphrase le lieu de son exil , pour avoir occasion de remonter à l'origine de la puissance commerciale de Rhodes figurée par cette pluie d'or.
(12) Le dieu, fils d'Hypérion. Hypérion fut un astronome qui , ayant décrit avec exactitude les mouvemens du soleil , de la lune et des astres , mérita d'être placé au nombre des dieux et supposé le père du Soleil.
(13) Et d'honorer les premiers. L'oracle avail assuré la protection de Minerve à la nation qui offrirait le premier sacrifice au moment de sa naissance.
(14) Sans avoir le feu sacré. Soit que les Rhodiens se fussent servis d'un feu étranger , soit qu'ils n'eussent point fait usage de réchauds, pour brûler l'encens et les victimes. La négligence était capitale surtout dans un sacrifice offert à Minerve. Le feu devait être pris aux rayons du soleil et alimenté sur des trépieds ou réchauds ad hoc. Malgré leur oubli involontaire , les Rhodiens, n'étant coupables que de Pomissiond'une formalité, ne purent être privés de la prérogative attachée à l'accomplissement de la condition imposée par l'oracle.
(1 5) De surpasser par leur adresse. Les Rhodiens, malgré leur supériorité dans les arts, le cédaient pourtant aux Athéniens , parce que ceux-ci avaient offert à la déesse le premier sacrifice en règle.
(16) A de vains artifices. Les Rhodiens avaient été accusés de se livrer à la magie.
(17) Par le serment redoutable des dieux. Ce serment est celui q.ue les dieux faisaient par le Styx :
.... Stugos udôr, osle megistos kos, deinolaios lepelei makaressi theoisi. (Homère.)
Ne dubita dabitur, Stygias juravimus irtidas.
Quodcumque optaris
(Ovide.)
Dî cujus jurare liment et fallere numen.
(Virgile )
(1 8) interna valucrexPiroceïs, Eous et £uion ,
NOTES
Solis equi. quartusque Phlegon hinnitibus auras
Flammiferis implent
(Ovide.)
(l 9) C'est laque le chef des Tiryntiens. Tlépolème avait été roi de Tirynthe et d'Argos.
(20) On lui offrit comme à un dieu , etc. Tlépolème ayant été tué au siège de Troie , les Rhodiens rapportèrent dans leur île ses cendres et ses os , lui érigèrent un superbe monument, lui décernèrent les honneurs divins, instituèrent des jeux dont la couronne était une branche de peuplier; ils se célébraient tous les ans , le vingt-quatrième jour du mois gorpiœus (septembre) .
(21) Et la puissante Athènes. Les fêtes qu'on célébrait dans l'Attique sont les Panathénées et les mystères d'Eleusis, pendant lesquels on célébrait des jeux solennels.
(22) Le bouclier d'airain. Le bouclier était un des insignes de Junon. Les Argiens en donnaient un pour prix au vainqueur dans les jeux hécatombéens.
(23 Que décernent V Arcadie et Thèbes. Les jeux lycéens se célébraient en Arcadie. Les jeux béotiens , dits légitimes , se célébraient en l'honneur d'Hercule à Thespies, à Platée, à Orope , à Délos, etc.
(24) Six fois Égine et Pellène, etc. Les jeux anciens se célébraient à Egine. Les Théoxénies ou fêtes de Mercure se célébraient spécialement à Pellène.
(25) La colonne sur laquelle Mégare. On célébrait à Mégare des jeux en l'honneur d'Alcothoùs , fils de Pélops.
(26) Sur les sommets de l'Atabyre. Il y avait deux montagnes de ce nom, dont l'une en Sicile; le poëte parle ici de celle de Rhodes,