‹ Les petits poèmes grecsChapitre 333 sur 358 · OLYMPIQUE VIII · texte numérisé non relu

OLYMPIQUE VIII

(1) Cette ode fut chantée dans un festin à Olympie.

(2) Alcimédon d'Égine, frère de Timoslhène , qui pvait déjà remporté le prix aux jeux néméens , fut vainqueur en la quatre-vingtième olympiade.

(3) Sanctuaire de la vérité. Parce que Jupiter y rendait des oracles par le ministère des Jamides , comme l'indique la suite de l'ode.

(4) Demandent aux entrailles fumantes, etc. Quelques jours avant l'ouverture des jeux, ceux qui su proposaient d'y disputer le prix faisaient des sacrifices pour se rendre les dieux favorables et cher-

chaient en quelque sorte à lire leur sort dans tes entrailles des victimes.

(5) \Et ces couronnes. La couronne était portée processionnellement autour de l'Altis.

(6) Sa patrie puissante sur les mers, Egine, etc. Égine, île de la mer Egée, est située entre l'Attique et l'Argolide, dans le golfe Saronique. Elle avait autrefois porté le nom d'Emone , d'OEnopie , de Myrraidonie, et elle fut ainsi appelée de la nymphe Egine. Ayant été ravagée par la peste, elle fut repeuplée par des fourmis que Jupiter changea en hommes à la prière d'Eaque, roi de cette contrée.

(7) Et que les étrangers y trouvassent un égal appui. Le commerce attirant des marchands de toutes les nations, il y avait un tribunal spécial pour régler leurs intérêts (polla repei).

(8) Égine fut gouvernée par les Doriens. Après que Pelée et Télamon, fils d'Eaque, eurent tué Phocus leur frère , Pelée s'enfuit^ en Thessalie et Télamon à Salamine; en sorte qu'Eaque étant mort, cette île restait sans roi ; mais un certain Driacon ou Tracon , qui était Dorien , conduisit une colonie à Égine et s'en rendit maître.

(9) Trois dragons s'élancent, etc. , etc. Le poëte sous cette allégorie représente les trois sièges que soutint la ville de Troie ; elle fut saccagée au troisième.

(1 0) Que tes mains viennent de fortifier, o Éaque ! Neptune et Apollon, exilés du ciel au rapport de Virgile, construisirent les murs de Troie. Pindare y joint immortel, Éaque, dont l'ouvrage est moins solide, ce qui s'accorde avec les paroles qu'Andromaque adresse à Hector :

Laon de sléson par' erineon, entha malista AmbcHos esii polis, kai epidromon epleto teichos.

« Arrête tes soldats près de ce figuier; c'est là, n'en doute pas, que la ville est d'un facile accès, que nos murs peuvent être aisément franchis. »

(il) Je vois tes fils commencer et tes arrièreneveux, etc., etc. Les premiers coups furent portés à Troie par Télamon et Pelée (première génération); la ruine fut consommée par Pyrrhus etÉpéus fabricateur du cheval (quatrième génération).

(12) Aux bords du Xanthe. Fleuve de la Troade , auprès duquel il avait laissé paître ses

(13) Pour contempler les jeux, etc., etc. Ce sont les jeux Isthmiques célébrés en l'honneur de Neptune à l'Isthme de Coiinthe.

DES OLYMPIQUES

(14) Mélésias , nom du maître d'exercices cimédon.

'Al-

(15) La joie qu'en ressentit son aïeul, etc. , etc. Il cite le grand-père d'Alcimédon, parce que , selon toutes les apparences , son père était mort.

(16) Rajeunit ses vieux ans. Littéralement : «Lui inspire une vigueur contraire à la vieillesse.»

(17) O Ophion! etc., etc. C'est probablement le nom du père d'Alcimédon.

(18) Dès que la renommée. Angélie Mercure.

fille de

(19) Les maladies promptes et eruelles. Cette prière finale autorise à croire qu'Iphion et Callimaque auraient été enlevés par quelque maladie contagieuse, quoique le poëte ne le dise pas expressément.

(20) Puisse-t-il forcer Némésis. Némésis , divinité de l'enfer, fille de Jupiter et de la Nécessité ou de l'Océan et de la Nuit, était la déesse de la vengeance. Elle vengeait les crimes que la justice humaine laisse impunis , l'arrogance , l'oubli de soimême dans la prospérité, l'ingratitude , etc. On convient généralement que son nom signifie la force ou le pouvoir de la fortune, et c'est probablement dans ce sens que Pindare demande à Jupiter de la forcer à ne point envier à ses héros leur félicité.

OLYMPIQUE IX

[i) Cette ode fut chantée à Oponte dans un festin qui accompagna le couronnement de l'autel d'Ajax.

(2) On ne connaît aucun détail sur la famille d'Epharmoste ni sur ses ancêtres , d'où l'on peut inférer qu'il était d'une naissance obscure. Aussi Pindare , dans l'ode qu'il lui adresse, dit-li fort peu de chose de lui et porte-t-il tous ses éloges sur Oponte sa patrie. Sa victoire à la lutte est probablement de la quatre-vingt-unième olympiade.

(3) Opunte ou Oponte, ville des Locriens en Béolie, près du golfe de Négrepont. Elle fut bâtie, selon les uns, par Opoenles, compagnon de Patrocle, ami d'Achille, et selon les autres par Deucalion , appelé aussi Opus. Elle était habitée par les Locriens Épicnémidiens.

(4) Ce triple refrain bruyant, etc. Archiloque, pcëte grec né à Paros , avait composé un hymne pour la victoire d'Hercule et d'Iolas Hercule y porte

le nom de Kallinikos (brillant vainqueur). C'était une ode banale chantée à Olympie seu\emznl(phônaen Olumpia), lorsque le vainqueur n'avait point trouvé de panégyriste. Triploos indique qu'elle était divisée en trois strophes ou coupleis, ou bien qu'on repétait jusqu'à trois fois le refrain Tênellal... ; etkechlados , qui est synonyme de plêthuôn , signifie que la musique imitait le son plein et renflé de certains instrumens bruyans. Le scholiaste d'Aristophane nous en a conservé les deux premiers vers : *

Tênellal Kallinike, chair', anax Êrakleis Autos te kai Iolaos, aich mêla duô.

(5) Et des sommets de l'Élide. Olympie est géographiquement le point le plus élevé de l'Élide ; il n'y a donc point de métaphore dans ces vers.

(6) De Thémis et de sa fille, etc.Thém\s oula/«stice, fille du Ciel et de la Terre. Elle régna dans la ïhessalie et s'appliqua avec tant de sagesse à rendre la justice à ses peuples qu'on la regarda toujours depuis comme la déesse de la justice, dont on lui fit porterie nom. Jupiter la força de l'épouser et lui donna trois filles-, l'Équité, la Loi et la Paix. Eunomie signifie la loi. Hésiode dans sa Théogonie, vers 902, fait encore Thémis mère des Heures:

Or ai, thugaieres Themidos kai Zénos anaklos Eunomié le Dikê, kai Eirénê poluolbê.

(7) Les sources de Castalie , c'est-à-dire les jeux pythiques qui se célébraient à Delphes , non loin de la fontaine de Castalie , consacrée à Apollon et aux Muses. On dit que ce dieu, poursuivant une nymphe de ce nom , la métamorphosa en cette source et lui donna la propriété de rendre poète quiconque boirait de ses eaux.

(8) Lorsqu'il attaqua Pylos. Hercule, ayant tué Trachinius, consulta Apollon , qui lui ordonna de se faire purifier par Nélée, fils de Neptune. Nélée refusa de le purifier ; Hercule combattit ce prince et Neptune même qui vint au secours de son fils. Pindare place ce combat près de Pylos, ville de l'Elide, où régnait Nélée.

(9) Braver Apollon. Hercule étant venu pour consulter l'oracle d'Apollon, la pythie lui répondit que le dieu était absent et qu'elle ne pouvait pas répondre. Irrité de ce refus, Hercule se saisit du trépied sacré et entraîna la prêtresse au fond du sanctuaire •. « Seigneur , s'écria-t-elle , rien ne peut vous résister. » Réponse qu'il ne manqua pas de prendre pour un oracle favorable.

(10) El rendre immobile dans la main de Pluton. Hercule descendit aux enfers, par l'ordre d'Eu-

NOTES

rysthée , pour en tirer le chien Cerbère , ce qu'il exécuta , après l'avoir lié de trois chaînes , sans que Pluton pût l'empêcher. Pindare donne ici à la baguette de ce dieu les attributs qu'il donne ailleurs au caducée de Mercure.

(il) Cesse donc de proférer, etc. Il s'aperçoit que le récit d'anecdotes aussi scandaleuses pourrait compromettre son caractère de poète sensé et passe à l'éloge d'Oponte , qu'il appelle ville de Protogénie.

(12) Chante plutôt la cité de Protogénie. Protogénie, comme son nom l'indique assez, était la fille ainée de Deucalion et de Pyrrha, et la ville de Protogénie était Oponte.

(13) La fable de Deucalion et Pyrrha repeuplant la terre en jetant des pierres derrière leur dos ne vient que d'une simple équivoque du mot grec laos qui Signifie également pierre et peuple.

(14) De la terre des Épéens. Les Eléens étaient appelés Épéens à cause d'Épéus, fils d'Endymion, qui avait été leur roi.

15) Ménale, montagne d'Arcaaie dédiée au dieu Pan ; elle tirait son nom de Médalus , fille de Lycaon.

(16) Il désigne les Thébains, ses compatriotes, comme faisant partie des étrangers qu'attirait à la cour d'Oponte le désir de lier connaissance avec lui pour rattacher en quelque sorte à cette ancienne hospitalité son amitié pour pharmoste.

(17) Où régna Teuthras. Teuthras donna son nom à une partie des côtes de la Cilicie et de la Mysie.

(18) Lorsque Télèphe repoussait. Les Grecs, à leur départ d'Aulide, ayant abordé la Mysie, qu'ils prenaient pour la Troade , en ravagèrent les campagnes. Télèphe fond sur eux, les met en fuite, à l'exception d'Achille et de Patrocle qui tiennent ferme et repoussent l'ennemi.

(19) Tolma est proprement la hardiesse de conceptions , de pensées ; et dunamis , la force du tyle, la force des expressions.

(20) Lampromaque était l'ami et le compatriote d'Épharmoste ; il avait remporté plusieurs victoires aux différens jeux de la Grèce

(21) Argos lui a décerné. Dans les fêtes appelées Junonia.

(22) Et Athènes, celle de l'enfance. Aux Panathénées établies par Ericthon en l'honneur de Minerve. Elles se divisaient en grandes et en petites.

Les premières se célébraient tous les cinq ans, et les autres étaient annuelles , comme on le voit dans ce passage d'Harpocration : «Ditta Panathênaia êgeto Athênêsi .- ta men kath' ekaston eniauton , ta de dia pentaetêridos, aper kai megala ekaloun.»

(23) A Marathon, aux fêtes d'Hercule , dont le prix était de deux vases d'argent.

(24) Aux peuples de Parrhasie, ville d'Arcadie, à l'ouest de Mégalopolis ; on y célébrait des jeux en l'honneur de Jupiter Lycéen.

(25) Et à Pelléne, ville d'Achaïe , où l'on célébrait , en l'honneur d'Apollon et de Mercure , des jeux appelés Théoxénies ; le prix était un manteau. Cette ville , au rapport d'Hésychius et de Strabon, était rénommée par ses manteaux : «Pellênê polis en Argei pellênikai chlainai •. epei diapherein edokoun ai en Pellênê ginomenai chlainai , os kai atlha lois nikôsi didosthai.

»Esti de kômê Pellênê othen kai ai Pellênikai chlainai , as kai athla etithesan en tois agosi.» (Strab. lib. 8.)

(26) Le tombeau d'Iolas , c'est-à-dire la victoire qu'il remporta aux jeux thébains , institués près du tombeau d'Iolas en mémoire d'Hercule.

(27) Et la maritime Eleusis. On célébrait dans cette ville de grands et de petits jeux sur les bords de la mer ; les vainqueurs y étaient couronnés d'épis de blé.

(28) L'autel de l'invincible Ajax. Dans la Locride , dont les habitans faisaient chaque année des sacrifices solennels à l'endroit où ce prince avait fait naufrage, poursuivi par la colère des dieux.

OLYMPIQUE X

(1) Cette ode fut chantée probablement en la soixantième olympiade , dans le Prytanée , chez les Locriens Épizéphiriens. Les Locriens se divisaient en trois tribus : les Ozoles , dont le nom signifie puans , soit parce qu'ils étaient plus grossiers que les autres, soit parce qu'il y avait dans leur pays des marais infects ; les Épicnémidiens ou Orientaux , ainsi nommés du mont Cnémis dont ils étaient voisins, et les Épizéphiriens ou Orientaux, qui habitaient une autre Locride au sud de l'Italie , près du promontoire Zéphirium.

(2) Agésidame, fils d'Archestrate , était de la Locride Epizéphirienne.

(3) Comment ai-je pu l'oublier? Pindare ne composa cette ode qu'assez longtemps après la victoire d' Agésidame.

DES OLYMPIQUES

(4) Céleste Vérité. Pindare fait ici la vérité fille de Jupiter , quoique la plupart des auteurs anciens la disent fille du Temps, parce que c'est le Temps, selon Pindare même, qui la découvre aux mortels.

(5) En payant ma dette avec usure. Il veut parler ici de la onzième ode, qui n'a qu'une strophe et qu'il regarde comme une compensation, un intérêt à celle-ci qu'il avait différée pendant longtemps.

(6) Mes chants feront disparaître le blâme, comme les ondes engloutissent le caillou qu'elles roulent dans leur cours. Bœckh donne à ce passage une signification tout à fait différente ; la voici littéralement : « Maintenant f examinons) comment le flot, en s' écoulant, baignera le caillou qu'il roule.» D'abord il est obligé de sous-entendre skepsômetha (examinons); puis à travers une suite de métaphores obscures il voit le suffrage du public fans psaphon (caillou), les vers du poëte dans kuma reon (le flot s'écoulant) , et prétend que la phrase veut dire : ((Maintenant il s'agit d'examiner comment nous traiterons un sujet que le public est appelé à juger...» Il nous semble vraiment que ce n'est plus expliquer un poëte, mais plutôt débrouiller une énigme à force de torturer les mots qui la cachent et l'enveloppent. Nous croyons que pour avoir le véritable sens de ce passage, il ne faut pas perdre de vue celui qui le précède : « 0 Muse! et toi surtout, Vérité, fille de Jupiter, repoussez d'une main équitable le reproche de' mensonge nuisible à un hâte -, car le temps futur, survenant de loin , a rendu honteuse ma dette. Mais (nun) maintenant, (opa) de la manière dont (kuma reon) le flot qui s'écoule (katalussei) submerge psaphon elissomecam) le caillou roulé, (opa te) et de cette manière, (timosen) nous paierons, (es charin [tou Agésidamon]) en mémoire d'Agésidame (logon) un hymne (koinon) commun (à lui et à sa patrie), (philan) tribut de notre amitié;» c'est-à-dire qu'en consacrant à Agésidame et à sa pairie un hymne digne de leur amitié, il fera disparaître ce que le relard a de blâmable, de même que le flot submerge, etc. Ce sens nous paraît découler des expressions mêmes de Pindare , il est aussi plus naturel ; nous avons dû l'adopter.

(7) Car la venté règne dans la cité 'de Locres. Les Locriens furent les premiers peuples grecs qui eurent des lois écrites. Atrékeia constitue tout ce qui est vrai dans .un gouvernement : intégrité dans les mœurs , sagesse dans la législation , justice dans les tribunaux.

(8) Dans l'art divin de Caliope et dans les travaux de Mars. Les Locriens cultivaient les beauxarts, la poésie, et étaient bons soldats.

(9) Jadis Hercule, etc. Cycnus, fils de Mars, attaqua Hercule près du fleuve jÉchédore. Hercule fut d'abord contraint de fuir , parce que Mars secourut son fils; mais bientôt revenant au combat, il le tua. (Apollodore, p. 69.

(10) Rends des actions de grâces à Hylas. Agésidame eut le dessous au commencement du combat; mais son maître Hylas l'ayant frotté d'huile, il revint à la charge et remporta la victoire.

(1 1) Ctéatus et Eurytus, chefs des Eléens , étaient fils d'Actor et de Molione. Étant venu au secours d'Augias contre Hercule, ils tuèrent une bonne partie des soldats de ce héros , qui bientôt les tua euxmêmes dans les embûches qu'il leur avait dressées près de Cléone, ville de l'Argolide. (Apol. liv. 2, p. 75 ; Paus., pag. 149.)

(12) OEonus, fils de Licymnius et cousin d'Hercule, régnait à Midée„ (Paus. p. 96.)

(13) Échémus, fils d'Aëropus, régnait à Tégée, ville d'Arcadie (Paus., p. 239). C'est lui qui tua Hyllus, à sa descente dans lePéloponèse.

(14) Doryclus était un des compagnons d'Hercule, ainsi que Phrastor et Énicéus.

(15) Le dieu qui fait gronder son tonnerre. Le culte de Jupiter Tonnant , dans la Locride , remonte au temps diluviens. Les indigènes de cette province, s'imaginant que les eaux avaient été taries par ce dieu, le représentèrent sur leurs monnaies des foudres à la main, ce qui jette un grand jour sur le passage de la neuvième Olympique (vers 64), où il est question de Jupiter Tonnant.

(i6) Dircé, fontaine de Thèbes. La fable dit que Dircé , femme de Lycus , princesse très-cruelle , fut changée en cette fontaine par Bacchus , en punition des maux qu'elle avait fait souffrir à Antiope.

(17) Et les Piérides. Nom donné aux Muses, soit à cause du mont Piérus en Thessalie, qui leur est consacré , soit à cause du prix de la poésie et du chant qu'elles remportèrent sur les filles de Piérus, qui avaient osé leur faire un défi et qui , en punition de leur témérité , furent changées en pies.

(18) Avec le secours de Cyprys. Ganymède dut en effet à sa beauté d'avoir été enlevé dans l'Olympe et de n'avoir pas eu à subir les rigueurs de la mort.

OLYMPIQUE XL

(1) Celte ode fut improvisée et chantée à Olym-

pie.

(2) Je vais pour célébrer la victoire, etc. Ce ton

NOTES

emphatique et solennel que prend le poêle pour annoncer quelques vers qui restent encore confirme la conjecture de Bœckh , qui prétend , comme nous l'avons déjà dit , que cette ode n'est qu'un à-compte de la précédente et qu'elle lui est antérieure : « JSisi hœc itâ intelligenda essent , dit-il , quid lanto hiatudignum poêla prolulisset , quippe cùm paucissimi addantur versus?»

(3) Ce n'est point une couronne d'or, comme l'ont prétendu certains scholiastes et traducteurs, mais une couronne plus précieuse que l'or ; et nous sommes en ce sens d'accord avec Bœckh : « Patet olivam auream poeticè dici, ob dignitatem et caritatem.»

(4) Fit-on jamais le lion intrépide. Nous avons préféré conserver la tournure vive et elliptique de Pindare, convaincus que nos lecteurs comprendront facilement que le poëte a voulu dire que les vertus sont naturelles aux Locriens, et qu'ils ne peuvent pas plus y renoncer que le renard à ses ruses et le lion à son courage. Le renard, emblème de la finesse , fait allusion au sentiment délicat du beau dont les Locriens étaient doués, et le lion, symbole de la force, caractérise leur naturel guerrier.

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