‹ Les petits poèmes grecsChapitre 335 sur 358 · OLYMPIQUE XIII · texte numérisé non relu

OLYMPIQUE XIII

(1) Cette ode fut chantée à Corinthe même dans une procession de Jupiter

(2) Xénophon de Corinthe appartenait à une famille distinguée. Ses ancêtres avaient été couronnés plusieurs fois aux jeux publics delà Grèce. La victoire de Xénophon est de la quatre-vingt-dix-neuvième olympiade.

(3) Corinthe , vestibule de Neptune. Corinthe était une ville célèbre de la Grèce située sur l'isthme de ce nom, environ à 60 stades de l'une et de l'autre mer. Sisyphe en jeta les premiers fondemens l'an 1330 avant J.-C, et Corinthus, fils de Pélops, lui donna son nom ; elle portait auparavant celui d'Ephyre. Pendant les beaux jours de la Grèce, Corinthe fut, après Athènes, la ville la plus riche , la plus polie et la plus commerçante de toute cette contrée. Elle fut presque entièrement détruite par le consul Mummius 146 ans avant J.-C. Jules César y envoya une colonie et fit tous ses efforts pour la relever de ses ruines.

(4) L'Insolence, mère audacieuse de la Satiété. Ce passage ferait soupçonner que Corinthe se trouvait alors dans un état de désorganisation politique et d'anarchie. C'est aussi le sentiment de Bœckh : « Sludiosè avertunt Insolentiam demagogorum, qui verbis violentis excitant in populo fastidium, ut sua contemnat, aliéna jura appelât. »

(5) O valeureux enfans d'Aléièsl Les Corinthiens descendaient en général d'Alétès qui conquit le trône de Corinthe à la tête d'une armée de Doriens. Sa postérité y régna l'espace d'un siècle, jusqu'à Bachilide.

(6) Bœckh conjecture d'après ce vers que les Heures étaient honorées d'un culte spécial à Corinthe.

(7) Le bruyant dithyrambe. Arion de Méthymne inventa le dithyrambe, espèce de poésie bachique et licencieuse. On le chantait en formant une ronde autour d'un bœuf destiné à être immolé à Bacchus, Le premier dithyrambe , selon Pindare , fut chanté à Corinthe.

(8) La double figure de Jupiter. Certains com-

DES OLYMPIQUES

mentateurs prétendent que didumon oiônôn basilêa ne peut signifier autre chose que les deux frontispices parallèles des temples , de configuration triangulaires, et appelés aetôma à cause de leur ressemblance avec l'aigle lorsqu'il a les ailes déployées. Bœckh prétend que ce passage prouve que les anciens couronnaient d'un aigle les deux frontons de leurs temples.

passage le rend difficile; voici le commentaire de Bœckh : « Ego qui modo privatus laudes, data operâ, tractavi in publicâ causa, nunc, ubi ad ipsas publicas laudes urbis redeo , non minus verè et accuratè de Corintho dicam. » Il célèbre un

particulier (idios); nal (enkoinô).

mais son éloge est comme natio-

i (15) Glaucus venu de Lycie. Glaucus était petit- (9) Le sélinum au vert feuillage. L'ache ou se- | fils de Bellérophon. Homère raconte l'histoire de

linum, sorte de grand persil, servait à couronner vainqueurs aux jeux isthmiques

les

(10) Les jeux hellotiques se célébraient en l'honneur de Minerve. On y courait en tenant des flambeaux à la main. Quant à l'étymologie du mot Ellôtia, voilà ce qu'en dit le scholiaste de Pindare : « Cognomen hoc aiunt habuisse Minervam à Palude circà Marathonem, ubi statua illi erecta fuit. Est igitur Minervœ festum apud Corinthios .• in qui certamen cursus cum lampadibus celebratur Currebant juvenes lampadas ienentes. Hœc autem celebritas fuit inventa secundùm quosdam, cum Bellorophontis equum Pegasum subjugavit dea, frœnosque imposuit, et sic eum appréhendât. Aut ob hanc causam Dores, et Heraclidœ, Peloponnesiis insidiati, Corinthum, quam ceperant , incenderunt. E mulieribus excidium fugenlibus , quœdam cum Eurytione et Hellolide Minervœ templum intrârunt , atque ità se periculum evasuras putârunt. Id ubi senserunl Dores, Us ignem injecerunt. Et aliœ quidem effugerunt; Eurytione autem, et Hellotis in loco confia grârunt. Hinc ortâpestilentiâ, morbum, nouante cessurumdea respondit, quam virginum animas plaçassent, et Hellotidis Minervœ templum œdificassent, festumque Hellotiorum instituissent.

(il) Que Neptune environne , etc. Horace a dit: Bimarisve Corinthus.

(12) Les noms de Terpsias , etc. Selon les scholiastes, Terpsias était frère de Ptœodore et par conséquent oncle de Thessalus ; Eritimus était ou le fils ou le neveu de Terpsias. Certaines éditions ont écrit ce passage : « TTierpsies th' epsoni' eritimoi,» ce qui est embarrassant. Nous avons préféré le texte de M. Boissonade ; mais à la place du futur epsontai , nous avons substitué l'aoriste epsonto, qui rend la phrase plus claire.

(13) dit:

Mais chaque chose a ses bornes. Horace a

Est modus in rébus, sunt certi denique fines Quos ultra cilràque nescil consistere rectum. {Art poétique.)

(14) En chantant ta victoire d'un seul, etc. [Ego de> idios en hoinô slaleis). La brièveté de ce

cette famille au 6e chant de l'Iliade , vers 1 50 et suivans.

(16) Pirène était une fontaine qui coulait dans l'Acro-Corinthe. {Voyez. Pausanias, 1, 5, 1, et Strabon, 8, 6.)

(17) Bellérophon descendait d'Éole.

(18) Le porte au fils de Cœranus. Ce fils de Cœranus était Polyidias , illustre devin de la noble famille argienne de Mélampe.

(19) // accable de ses traits les Amazones. Homère raconte les guerres de Bellérophon dans le 6e chant de X Iliade, vers 179 et suivans.

(20) Et défait les Solymes. Les Solymes étaient des peuples barbares originaires de Crète. Chassés de cette île par Minos, ils vinrent s'établir en Asie , dans la contrée appelée Mylias, plus tard la Lycie. (Herod. liv. 1, chap. 173).

(21) Je ne parlerai point de la mort de Bellérophon. Bellérophon ayant eu la témérité de tenter d'escalader le ciel, Jupiter envoya un taon qui irrita tellement Pégase, sur lequel il était monté, qu'il fut précipité sur la terre et mourut bientôt après. Le poëte ne veut rien dire de cette mort, parce qu'elle est humiliante pour Bellérophon.

(22) La victoire des Oligéthides. Tribu de Corinthe à laquelle appartenait Xénophon.

(23) Sur les sommets du Parnasse , c'est-à-dire aux jeux pythiens à Delphes. A Argos et à Thèbes. (Voir les notes de l'Olympique septième).

(24) Combien de couronnes ne lui a pas décernées l'Arcadie aux jeux lycéens. (Voir les notes de l'Olympique septième.)

(2b)Pelléne. (Voir les notes de l'Olympique septième.)

(26) On célébrait à Sicyone, de cinq ans en cinq ans, des jeux pythiens en l'honneur d'Apollon, et en y donnait pour prix une coupe d'argent.

(27) Mégare était une ville très-ancienne de TA-

NOTES DES OLYMPIQUES

cha'ie ; elle était située à vingt milles d'Athènes. On y célébrait des jeux appelés Diocléens. (Voir les notes de l'Olympique septième.)

(28) Le bois sacré des OEacides. Dans l'île d'Égine on célébroit , en l'honneur des OEacides , des jeux appelés de leur nom OEaciens.

(29) Les cités florissantes , etc. Syracus?, Calane et autres villes de la Sicile, où l'on célébrait des jeux appelés Isthmiques et Néméens , à l'instar de ceux institués à l'Isthme do Corinlhe et dans la forêt de Némée.

(30) L'Eubée. Oh célébrait dans l'île d'Eubée, aujourd'hui Négrepont, des jeux appelés Gérestiens, de Géreste, qui les avait institués en l'honneur de Neptune, parce que ce dieu l'avait sauvé d'une tempête.

(31) Fais que mon héros achève , etc. Voici la construction et le mot à mot de cette phrase : « Zeu telei (auton) ekneusai posin kouphoisin, liai didoi (auto) aidé hai tuchan glukeian terpnôn. — 0 Jupiter ! fais qu'il surnage avec des pieds légers, et donne-lui la modestie et la fortune agréable de choses heureuses. » On ne trouve absolument rien dans cette phrase qui puisse excuser le sens que M. Tourlet et autres lui ont donné : « Permets , ô Jupiter ! que je détourne mes pas d'un champ aussi vaste. Perpétue la gloire de mes hymnes , assure à leurs charmes le doux bonheur de plaire. » Peut-on supposer que Pindare , en ter-minant ' son ode , ait ainsi brusquement quitté celui qui est l'objet de ses chants, pour se louer lui-même! N'est-il pas naturel de le voir finir par des vœux pour Xénophon , et cela avec d'autant plus de raison que cette famille avait couru de grands dangers dans une émeute du peuple de Corinthe.

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