‹ Les petits poèmes grecsChapitre 349 sur 358 · SUR LES IDYLLES DE BION · texte numérisé non relu

SUR LES IDYLLES DE BION

Tbonneur duquel furent instituées les fêtes nuptiales dites Hyménées; les autres un bel adolescent athénien qui, pris un jour par des corsaires avec beaucoup de thesmophoriazuses athéniennes parmi lesquelles il s'était glissé à la faveur d'un déguisement féminin pour voir celle qu'il aimait, se mit à leur tète pour tuer les pirates pendant la nuit et y parvint. Les Athéniens, ravis de revoir leurs filles, leurs sœurs et leurs épouses, lui permirent de prendre pour femme la riche jeune fille qu'il avait distinguée et qui jusque-là lui avait été refusée. Toutes ces aventures relatives à des mariages donnèrent lieu, disent les évhémérisles, à la création du dieu Hymen. Pour nous il est clair que ces événemens vrais ou imaginés ne furent ajoutés qu'après coup à la conception primordiale du dieu. On sait au reste ce qu'en anatomie humaine veut dire hymen. Il n'est point impossible que la rupture de cette membrane ait eu son symbole dans la mort tragique du jeune marié qu'écrase le jour de ses noces la ruine de sa maison.

Hymen est décrit par les poètes comme environné de fleurs, surtout de marjolaine, ayant un flammeum (ou voile jaune de flamme) sur la tête et un flambeau à la main ; son brodequin aussi est jaune. Chez d'autres c'est un jeune homme blond, ceint de roses , enveloppé dans une robe brodée de fleurs et portant un flambeau et un arrosoir. (Biogr. univ., partie mythol., au mot Hymen.)

Dans Bion,le dieu Hyménée est représenté avec un flambeau éteint et une couronne brisée , parce que l'on croyait qu'il n'assistait qu'aux mariages heureux et commencées sous de favorables augures.

(9) Moutonnet-Clairfons et Gail présentent ici dans leur traduction un contre-sens évident ; ils ont lu Moirai au lieu de Moisai; ils ont supposé que les Parques 'pleuraient Adonis et le rappelaient par leurs chants. Ce dernier membre de phrase aurait dû avertir les deux traducteurs et leur faire reconnaître que c'étaient les Muses et non les Parques qui pleuraient Adonis et le rappelaient par leurs chants. M. Boissonade a rétabli ce passage dans son édition des poètes grecs.

Girodet s'est servi, à ce qu'il parait, de la traduction de Moutonnet-Clairfons , et il a mis les Parques en scène, mais il ne les a pas fait chanter ; il les a Teprésentées implorant Proserpine en faveur d'Adonis. Ce n'est pas la pensée du poëte grec, mais elle est digne de lui.

(10) Non qu'il ne veuille entendre. Je crois que c'est ainsi qu'il faut expliquer cet endroit, quoique la | plupart l'aient traduit : « at illenon ex audit , non sane, neque vult, » sens qui ne me paraît s'accorder ni avec la raison, ni avec les mots. En effet , quand il serait vrai qu'Adonis, sensible à la nouvelle passion de Proserpine, ce qui est contraire à la fable et à la

vraisemblance, quand il serait vrai, dis-je, qu'il n'aurait pas voulu revivre, il serait cependant ridicule de le dire sévèrement à Vénus dans un discours qui n'est fait que pour la consoler. Mais pour l'entendre de .cette manière, il faut même faire quelque violence aux mots, car il faut mettre après ou man une virgule qui n'est point dans le grec ; et ainsi, il est bien plus naturel de traduire : « Non quidem non vult, » d'autant plus que le de qui est après le chôra qui commence la phrase suivante est une particule qui marque ordinairement de l'opposition entre la phrase où elle se trouve et celle qui la précède, opposition qui ne peut subsister ici, en traduisant de la manière contraire à celle dont j'ai traduit. Cependant ceux qui ne voudront pas souscrire à mon sentiment, pourront lire:

En vain : il n'entend pas et ne veut pas entendre, Et Proserpine enfin refuse de le rendre.

Malgré l'autorité de Boissonade , nous suivons le premir sens adopté par Longepierre.

(1 1) Moutonnet-Clairfons, Gail,etHeskinavanteux, sont tombés dans une étrange méprise : ils ont supposé que le poëte disait à Vénus : « Fuis dans ce jour \esplaisirs, «selon Gail; les festins, d'après Moutonnet-Clairfons, conforme sous ce rapport à Heskin , qui a traduit la phrase grecque par ces mots : « Et hodieabstineà conviviis, » sans s'apercevoir que ce conseil était tout à fait hors de vraisemblance et qu'il y avait évidemment altération dans le texte. En effet, M. Boissonade , .en rétablissant Kommôn, au lieu de Kômôn, donne à la phrase un sens plus raisonnable, et c'est celte leçon que j'ai suivie.

IDYLLE IL

(12) Le grec dit : « Quandvous serez parvenu à la mesure d'homme, » expression qui se trouve souvent dans Homère. (Voyez Ylliade, ch. il, v. 225; l'Odyssée, ch. il, v. 317; ch. 18, v. 217. — Théocrite, idylle 18, v. 15.)

Cette pièce de Bion se trouve imitée en vers français dans les OFuvres de Jean Godard (tome 1, p. 101). Elle a été traduite en beaux vers latins anacréonliquespar le pèreSanadon (Carminum, p. 87), et dans hsDeliciœpoet. gall., Monerii, Epig. t. 1, page 603.

IDYLLE III

(1 3) Il y a dans le grec : « Pan avait trouvé leplagiaulos,» c'est-à-dire la flûte oblique, la flûte courbe, qu'on nommait ainsi par rapporta sa forme, et qui était opposéeà la flûte droite. Suivant Polinx (4, 10), le plagiaulos fut inventé par les Lydiens ; il était en lotos. Athénée (4, 23) parle aussi du plagiaulos , qu'il appelle photin, et dit que lesEgypîieus in at-

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