HAT
Les neurologistes qui ont attiré l'attention sur ces
faits ont vraisemblablement été,ainsi que Grocq l’a écrit dans son rapport au Congrès de Limoges, victimes d’une erreur de diagnostic ou d’une erreur d'interprétation ; et ils ont confondu le faux signe de Babinski (Crocq), réflexe de défense, avec le phénomène de l’extension du gros orteil.
Chez l'adulte bien portant, l'excitation légère de la plante du pied amène une flexion des orteils; c’est là le réflexe plantaire, réflexe cortical. L'excitation forte de la plante du pied amène une réaction de défense, avec flexion de la cuisse sur le bassin, de la jambe sur la cuisse, du pied sur la jambe et extension des or- ; c'est cette réaction de défense, réflexe d'ordre
médullaire, qu'on a pu observer chez les hystériques, et
teils
que Crocq appelle le faux réflexe de Babinski, souvent bien difficile à différencier du vrai signe de l’extension de l’orteil. Ajoutons, cependant, qu'il est des neurologistes, Crocq lui-même, qui admettent la possibilité de l’existence du signe de Babinski chez des personnes normales ou même chez des hystérisques.
Pourquoi, d’ailleurs, n’existerait-il pas chez l'homme normal comme vestige ou comme permanence d’un état antérieur ? On admet des stigmates congénitaux, des arrêts de développement, pourquoi n'admettrait-on pas
la possibilité, exceptionnelle il est vrai, mais réelle,
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de l'extension du gros orteil chez l'adulte, puisqu'elle existe chez le tout jeune enfant ? Le réflexe plantaire se fait normalement en extension dans le premier âge. (Martin Cohn, Schüler, Collier, Muggia, Van Epps). Léri, qui a repris la question, pense qu'après trois ans la flexion est la règle, l’extension, l'exception sans acquérir toutefois la même valeur diagnostique certaine que chez l'adulte (1).
Quoi qu'il en soit, le signe de Babinski est de première valeur dans le diagnostic des lésions du faisceau pyramidal, et il exprime la perturbation, la contracture ou l’imminence de la contracture.
Les modalités du signe dé Babinski. — Un certain nombre d'auteurs ont décrit, depuis les recherches de Babinski, des signes qui ont, avec le réflexe qu'il a trouvé, la plus grande analogie, quand ils n’en sont pas tout simplement une modalité différente.
Le signe d'Oppenheim.— Voici comment s’obtient ce réflexe. (2)
« Si l'on frotte énergiquement la peau de la surface interne de la jambe chez les individus normaux en traînant le manche du marteau à percussion de haut
en bas, il ne se produit pas de mouvement réflexe ou
(1) À. Lérr. Le réflexe des orteils chez les enfants. Revue newrologique, 1903, n° 14, 30 juillet.
(2) OPPeNHEIM. Monatsch. f. Psych., novembre et décembre 1902,