‹ Les Petits Signes de la ContractureChapitre 14 sur 27 · JU · texte numérisé non relu

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il y a apparition de flexion des orteils. Par contre, ce réflexe se produit en sens contraire dans les affections du cerveau et de la moelle épinière qui s’accompagnent du syndrome spastique, c'est-à-dire dans lesquelles existe une lésion du faisceau pyramidal ; l'excitation de la peau de la jambe décrite ci-dessus, amène une extension des orteils et du pied. Au mouvement réflexe participe presque toujours l’extenseur du gros orteil.»

Evidemment, le signe d'Oppenheim n'est autre que le signe de Babinski ; la différence qui les sépare est dans la façon de les rechercher (Cassurer, Pierre Marie et A. Léri).

Le réflexe antagoniste de Schaefer. — Lorsqu'on presse énergiquement le tendon d'Achille dans son tiers moyen ou dans son tiers supérieur entre le pouce et l'index, on provoque, chez l'individu sain, une sensation de douleur légère en même temps que l'on observe une très faible extension du pied et parfois aussi une flexion des orteils. Chez les hémiplégiques, la même manœuvre donne la flexion du pied avec extension des orteils. Schaefer a donné à ce réflexe le nom de réflexe antagoniste parce que l'excitation du groupe fléchisseur amène, au cas de lésion pyramidale, une

réaction dans le groupe extenseur. (1)

(1) Scnagrer. Newrolog. Centralb., 1899, n° 22.

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Babinski a démontré que le pincement de la peau dans la même région donne tout aussi bien que la pression tendineuse l'extension des orteils (1).

Le signe de Babinski s'obtient encore par la percussion du tendon de l’extenseur propre du gros orteil (Rossolimo (2), Throckmorton) (3).

Le réflexe du dos du pied. — Kürt-Mendel a décrit ce phénomène réflexe (4). Quand on percute la partie latérale du dos du pied, dans sa moitié proximale, on constate, dans un certain nombre d’affections nerveuses organiques, en particulier dans l’hémiplégie, une flexion des orteils, du 2° au 5°, avec extension du gros orteil. Bechterew a décrit ce même phénomène sous le nom de réflexe tarso-phalangien (5).

Le réflexe paradoxal de Gordon. — Gordon, de Philadelphie, a attiré l'attention sur ce signe. Voici comment l’auteur recommande de chercher ce réflexe : « Le malade est couché sur Le dos ou mieux encore assis, les pieds sur un tabouret. La jambe est légèrement tournée en dehors, car, dans cette position, les

(1) Bagnsxr. Sur le prétendu réflexe antagoniste de Schaefer. Société de newrologie, 11 janvier 1900.

(2) Rossozno. Journal (russe) de Neurol. et de Psychiâtrie 1907 p. 582.

(3) Trockmorron. T'he Journal of the American medical association n° 18, 6 mai 1911.

(4) Kurr-Menpez. Neurol. Centralb., n° 5, 1er mars 1904,

(5) BecutTeREw. Revue russe de psychiâtrie, de neurologie et de psychologie expérimentale, 1904, n° 6.

or

muscles sont entièrement relàchés. L'opérateur se place toujours du côté externe de la jambe, la partie saillante de la main étant placée sur la face antérieure du tibia; ses doigts exercent une pression assez forte sur le milieu du mollet. Si le réflexe est présent on observe une extension du gros orteil (1) ». Gordon appelle ce réflexe paradoxal parce que l'excitation des fléchisseurs produit l'extension des orteils.

Le signe de Gordon rappelle celui de Schaefer, et par conséquent ne paraît pas être autre chose que le signe de Babinski, Cependant il n’en serait pas tout à fait ainsi. Gordon a rapporté plusieurs observations où

le signe de Babinski n'existait pas et où le réflexe paradoxal existait. Un jeune homme de 23 ans présente,

à la suite d’un coup reçu sur la tête, de l’aphasie motrice avec légère impotence motrice droite ; on met en évidence le réflexe paradoxal mais non le signe de Babinski. Après l'intervention, on vit disparaître le réflexe paradoxal du sixième au douzième jour. Il s'agissait d'une esquille qui avait donné lieu à une petite hémorragie sous-dure-mérienne, Dans un autre cas de traumatisme, chez un malade qui présentait une exagération bilatérale des deux réflexes patellaires

avec réflexe paradoxal net des deux côtés, mais plus

(1) Gornon. Réflexe paradoxal des fléchisseurs, leurs relations avec le réflexe patellaire et le phénomène de Babinski. Revue neurologique, 1904, n° 21, 15 novembre,

marqué à gauche, après l'intervention, on vit disparaître le signe de Gordon qui fut remplacé par le signe de Babinski. L'opérateur avait trépané le crâne du côté

droit et avait enlevé un gros caillot ainsi qu’une petite quantité de tissu cérébral ramolli.

Gordon conclut de ces faits que ces deux réflexes s’obtiennent dans des conditions différentes ; Le réflexe paradoxal serait l'indice d’une irritation, le signe de Babinski d’une lésion constituée des voies pyramidales. Le signe de Gordon ne s’observerait pas chez l'homme normal ni chez les hystériques (1).

L'extension continue du gros orteil. — M. Sicard a fait, à la société de neurologie (15 juillet 1911) une communication, qui fit le sujet d’un mémoire original (2), sur l'extension continue du gros orteil, signe de réaction pyramidale. £

« À côté du signe de Babinski, se superposant à lui mais pouvant s'en montrer indépendant, nous avons eu l'occasion de rencontrer, dans un grand nombre de cas où le faisceau pyramidal était intéressé, un phénomène de même ordre, mais immédiatement objectif : c'est l'extension continue du gros orteil ».

M. Sicard a rencontré cette extension continue, avec

(1) Gorpon. Valeur diagnostique du réflexe paradoxal. Nouvelles

preuves anatomiques de son importance pratique. The Journal of the american medical association, n° 11, 18 mars 1911.

(2) Sicarp. Revue Neurologique n° 11, 15 octobre 1911.

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tous les degrés possibles, dans la période comateuse, comme dans la période spasmodique ultérieure, au cours des hémiplégies organiques. Il l’a retrouvée dans la paraplégie spasmodique, la maladie de Friedreich.

Dans un important travail, paru en 1903, sur le phénomène des orteils, le professeur Marinesco signale, chez nombre de malades atteints de lésion organique du système pyramidal, une contraction plus ou moins apparente du gros orteil. « On voit aussi, chez ces malades, une rétraction permanente du gros orteil, état qui s'exaspère parfois par l'effort ».

Au XIIe Congrès de médecins aliénistes et neurologistes de France et de pays de langue française, tenu à Grenoble en août 1902, M. Pailhas, d’Albi, fit une communication sur l'extension durable ou prolongée du gros orteil associée au signe de Babinski.

Homburger, dans un mémoire paru en 1901, attirait déjà l'attention sur la contracture en extension permanente du gros orteil, et il en donnait comme explication que cet état est le résultat d'une action réflexe permanente produite par la marche ou la station debout (4).

L'abduction des orteils. — Ce signe a été décrit par Babinski (2) :

(1) Homeurcer. Neurol. Centralb., n° 15, ler août 1901. (2) Basinskr. De l’abduction des orteils. Société de neurologie, 2 juillet 1903.

Meurisse 3

Note

« L'excitation de la plante du pied provoque parfois, entre autres mouvements réflexes, une abduction plus ou moins marquée d'un ou de plusieurs orteils qui a déjà été incidemment signalée par certains auteurs, sans qu'ils y aient attaché une valeur séméiologique quelconque.

Mon attention a été attirée, aussi, depuis assez longtemps, sur ce phénomène que j'ai observé à l'état normal ainsi qu'à l’état pathologique. Mais chez les sujets sains il est rare, et quand il existe, il est peu prononcé, tandis que chez les malades atteints d'une perturbation du système pyramidal, il est bien plus commun, sans l'être toutefois autant que l'extension du gros orteil, et il est parfois très marqué. Il m'a paru surtout très développé dans les paralysies spasmodiques congénitales accompagnées d'athétose, qui consiste d’ailleurs en partie, en des mouvements d'abduction des orteils. J'ajoute à cela que chez le nouveau-né, dont le système pyramidal n’est pas encore constitué, le chatouillement de la plante du pied donne lieu généralement à une abduction des orteils en même temps qu'à une extension du gros orteil ».

« Ce fait seul qu'il peut exister à l’état normal

m'empêche d'attribuer à ce phénomène l'importance

. fondamentale qui appartient à l'extension du gros

orteil, caractéristique d’une perturbation du système

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pyramidal ; néanmoins, quand il est très accentué, il me paraît avoir une certaine signification ».

M. Babinski, dans un cas de paraplégie crurale, consécutive à un traumatisme ayant motivé une expertise médico-légale et n'ayant pas donné de signe objectif classique d'affection organique, sur le seul fait de l'abduction des orteils a pu réfuter Le diagnostic d'hystérie posé par les experts.

Le signe de léventail. — À côté de l’abduction réflexe provoquée par l'excitation de la plante du pied, M. Babinski a décrit l'abduction associée des orteils (1).

Le sujet étant couché sur le dos, Les bras croisés sur la poitrine, on lui commande d'exécuter des mouvements alteruatifs de flexion et d'extension du tronc sur le bassin comme pour la recherche du « mouvement combiné de flexion du tronc et de la cuisse ». Pendant cette manœuvre on peut voir, dans l'hémiplégie organique par exemple, les orteils s'écarter les uns des autres. M, Dupré a proposé de donner à ce signe, qu'il soit, du reste, d'origine réflexe ou qu'il ne soit que la manifestation d'un mouvement associé, le nom de signe de l'éventail, Peut-être est-il préférable de garder cette dénomination au seul mouvement associé.

(1) Bagwsxr. De l’abduction des orteils (Signe de l’éventail). Société de neurologie, 3 déc. 1993.

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Babinski a noté le signe de l'éventail plus fréquemment dans l'hémiplégie infantile que dans celle de l'adulte ; et, à propos d'un cas de spasme fonctionnel du membre supérieur droit, qui se manifestait en particulier par une crampe des écrivains, le même auteur pense que le spasme fonctionnel peut être sous la dépendance d’une perturbation du système pyramidal,. lorsqu'on observe, comme dans le cas cidessus, le signe de l'éventail, ou d’autres signes comme le mouvement de flexion combinée de la cuisse et du tronc, qui existait aussi chez la même malade.

| Cependant, Crocq dans son travail sur l'Etude de la réflectivité dans l'hystérie, mentionne le signe de l'éventail dans 5 cas de paralysies et contractures sur 26 malades observés (1), Chadzynski a cité un cas d'hémiplégie hystérique avec signe de l'éventail (2).

Le réflexe adducteur du pied. — Marinesco, dans son mémoire sur le réflexe des orteils (3) signale l’adduction réflexe du pied par excilation de son bord

interne. Hirschberg a donné une étude détaillée de:

(1) CrocQ. Loco citato.

(2) Cnanzvnsxr. Des réflexes tendineux et cutanés et de leur disso-

ciation (antagonisme dans les maladies du système nerveux). Thèse de: Paris, 1902.

(3) Marinesco. Loco citato.

AR CR ER CET PS D ir t. 234 A

ce réflexe (1). Si l'on.frotte avec l'ongle le hordin terne du pied, dans le voisinage du gros orteil, il se pro duit un mouvement plus ou moins accusé d’adduction de tout le pied. Quand l’état spasmodique est très prononcé, il se produit, en même temps que l’adduction du pied, un mouvement d’adduction de la cuisse.

Hirschberg et Rose ont recherché ce signe chez 52 malades observés dans le service du professeur Raymond, à la Salpêtrière. Tandis que le signe de Babinski était positif 38 fois, l'adduction du pied s’observait 34 fois (2); dans 8 cas le réflexe adducteur était nettement positif, alors que le phénomène des orteils n'existait pas ou était peu net. Il s'agissait de malades contracturés : 12 scléroses en plaque, 3 scléroses latérales amyotrophiques, 1 sclérose combinée, 15 hémiplégies anciennes, 10 hémiplégies infantiles, 9 paraplégies spasmodiques, 1 pachyméningite cervicale, 1 quadriplégie spasmodique.

Le réflexe plantaire contra-latéral. — Dans un travail publié en 1899, MM. C. Parhon et M. Goldstein insistèrent les premiers sur le réflexe plantaire contra-latéral (3).

(1) Hirscugerc. Note sur un réflexe adducteur du pied. Revue neurologique, n° 15 1903. À

(2) Hirscnserc et Rose. Contribution à l’étude du réflexe adducteur du pied. Société de neurologie, T janvier 1904.

(3) C. Parxon et Gozpsrein. Sur quelques troubles vaso-moteurs

dans l’hémiplégie. Roumanie médicale, 899, n°3.

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D'autres cliniciens avaient déjà fait des constatations analogues à celles de ces derniers auteurs chez leurs malades hémiplégiques ou paraplégiques, mais sans y avoir insisté particulièrement.

Frankel, (1) à l'examen d'un paraplégique notait, à l'excitation de la plante du pied droit ou gauche, un mouvement de flexion dorsale tant du pied dont on excitait la plante que de celui du côté opposé

Ganault avait déjà observé des réactions plantaires contra-latérales. « Chez un hémiplégique droit, chez lequel le réflexe des orteils se faisait en extension à droite et en flexion à gauche, lorsqu'on excitait la plante du pied ‘gauche, les orteils droits se fléchissaient ». Chez un autre hémiplégique, paralysé du côté gauche, et ataxique, Ganault avait encore remarqué que « chaque fois qu'on excite la plante du pied droit, les orteils se fléchissent et le tenseur du fascia lata fdroit se contracte, mais en même temps les orteils gauches se fléchissent également ». Chez un troisième malade, hémiplégique droit, Ganault fit des constatations analogues à celles qu’il avait faites pour le premier cas que nous rapportons.

Sur un total de soixante cas, Ganault n’a observé

de réflexe plantaire contra-latéral que trois fois, l’au-

(1) Cité d’après ParnoN et GoLnsrein. Sur le réflexe contra-latéral. Journal de neurologie. Bruxelles, 1902, n° 8.

ane

teur a enregistré ce phénomène, sans y attacher, sans doute, une importance telle qu’il l’ait recherché, systématiquement, chez tous ses malades.

Glorieux (1), dans un cas d'hémiplégie gauche ancienne avec contracture, remarquait à l'excitation de la plante du pied droit, la flexion des orteils du côté droit et du côté gauche.

Ce fut à propos d'une malade atteinte d'hémiplégie droite, et qui présentait, lorsqu'on excitait la plante du pied gauche, un mouvement brusque de flexion dorsale du pied, d'extension des orteils et la flexion des orteils du côté gauche, que Parhon et Goldstein eurent l’idée d'examiner les réflexes plantaires chez cinquante hémiplégiques de l'hôpital Pantélimon à Bucarest (2). Chez vingt-deux malades, outre la réation homo-latérale, ils observèrent, en excitant la plante du pied normal, un mouvement de flexion des orteils du côté malade. Dans cinq cas, ils notèrent la flexion des orteils du côté normal après excitation de la plante du côté malade. ls proposèrent alors, pour le phénomène qu'ils avaient constaté, « le nom de réflexe contra-latéral plantaire, à l'exemple de Pierre Marie, qui à désigné

sous le nom de réflexe contra-latéral des adduc-

(1) Grorreux. Le phénomène des orteils ou réflexe de Babinski. Annales de la Socièté belge de Neurologie, 1898, p. 178. (2) Parxon et GoLpsreIN. Loco citato.

Le

teurs, le mouvement d’adduction de la cuisse déterminé par la percussion du tendon rotulien du côté opposé ».

Sano, a rapporté, à son tour, deux observations détaillées d'hémiplégiques qui présentaient le réflexe plantaire contra-latéral (1). Dans un premier cas (hémiplégie gauche) on trouvait, à l'excitation du pied

malade, un réflexe d'extension dans le pied normal;

l'excitation du pied normal n’était suivie d'aucune réac-.

tion de la part du pied malade. Dans un deuxième

cas (hémiplégie droite), l'excitation du pied normal

amenait une réaction normale du membre et la flexion

des orteils du pied malade, y compris le gros orteil. Sano insiste sur le fait qu'il n'a pas observé de réflexe normal dans le membre sain, après excitation du membre paralysé, mais un réflexe pathologique, contrairement aux cinq observations de Parhon et Goldstein.

À la suite de la communication de ce mémoire à la

Société belge de neurologie et de la discussion qui s'en

suivit au sujet du mécanisme de ce réflexe, Parhon et Goldstein reprirent la question (2). Ils en firent

l'objet d'une minutieuse étude, qui complète leurs

(1) Sano. Contribution à l'étude du réflexe cutané du pied. Journal de neurologie, 20 octobre 1901, n° 21.

(2) PaRnoN et GoLpsreIn. Sur le réflexe plantaire contra-latéral. Journal de Neurologie, 1902, n° 8.

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