‹ Les peuples orientaux connus des anciens ChinoisChapitre 11 sur 87 · Wa-Kan San-sai dti-ye, loc, cit · texte numérisé non relu

Wa-Kan San-sai dti-ye, loc, cit

LES JAPONAIS 3l

Wenhien-toung'kao et à peu près au complet dans le recueil intitulé Kou-kintou'Chou, ils ont fourni la substance de toutes les notices consacrées aux Japonais, dans les géographies de la Chine.

Complétés à l'aide de données recueillies à des époques plus modernes, ils ont également servi de hase aux monographies que les Chinois ont composées sur l'archipel de TExtrême-Orient, notamment à l'ouvrage intitulé Jihpeti'kao « Examen du Japon » ^ dont il existe un exemplaire à la Bibliothèque Nationale de Paris.

Ces documents, recueillis pour la plupart au moment où des ambassades japonaises se présentaient à la cour de Chine, ne sont pas seulement intéressants parce qu'ils nous font connaître les idées que

I. Le Jih-pen kao est divisé en quatre kiouen. Le troisième traite du syllabaire japonais dont il donne la forme c\XTs\\iQ Jiira-kana); il reproduit ensuite un certain nombre de poésies ou uta avec une explication chinoise. Le quatrième volume renferme un Vocabulaire Japonais- Cliinois, par ordre de matières.

possédaient les Chinois au sujet de leurs voisins de T Asie orientale; ils sont en outre précieux, en ce sens qu'ils nous permettent de discuter certains faits obscurs des anciennes annales écrites du Japon.

On sait que ces annales ont été détruites dans un incendie en l'an 645 de notre ère ^ et qu'elles furent reconstituées postérieurement d'après les souvenirs d'une personne qui les avait apprises de la bouche de l'empereur Ten-bu, Aussi les savants japonais eux-mêmes sont-ils quelquefois obligés de recourir aux indications qui ont été conservées dans les écrivains de la Chine.

L'exposé détaillé de tous les anciens documents chinois relatifs au Japon motiverait à lui seul la publication d'un ouvrage étendu. Il ne saurait être entrepris dans le présent travail. Je me bornerai à examiner ici quelques faits consignés dans ces documents et qui se rattachent intimement aux questions relatives aux origines historiques et religieuses des insulaires du Nippon.

Le plus ancien document chinois, où il soit traité du Japon d^une façon quelque peu détaillée, se trouve dans le Heou^ Han chou ou Annales de la dynastie des Han-Postérieurs. Ces annales sont divisées en trois sections et en cent vingthuit livres; elles comprennent le récit des événements survenus entre les années 25 et 220 de notre ère. La première et la troisième section, celles qui nous intéressent particulièrement et portent le titre de Lieh-tchoueriy sont composées par l'historiographe Fan-ye qui ne put achever son œuvre, un édit l'ayant condamné à mort pour crime de lèsemajesté.

La seule notice chinoise ancienne que Ton connaisse jusqu'à présent en Europe sur le Japon est celle de Ma Touan-lin quia été traduite en français par M. le marquis d'Hervey de Sain t-Denys ^ Celte notice est très intéressante. C'est d'ailleurs une copie

I. Dans son Ethnographie des peuples étrangers à la Chine, t. I, p. 49.

ETHNOGRAPHIK DIS CHINOIS

servile des textes renfermés dans les grandes annales de la Chine, textes dont elle ne saurait cependant tenir lieu, d'abord parce qu'ils n*ont été reproduits que d'une façon abrégée, ensuite parce qu'ils ne mentionnent point les sources et que l'absence de cette mention peut entraîner dans de regrettables anachronismes. Je recourrai donc de préférence à la version même des grandes annales pour les observations que j'ai cru devoir consigner au sujet de l'empire japonais.

Le Pien-i-tien nous parle d'abord de la plus ancienne ambassade que le Japon ait envoyée en Chine, et qui arriva dans ce pays en l'an 57 de notre ère. Le Heou- Han chou mentionne cet événement en ces termes : a Sous le règne de Chi-tsou, la deuxième année de Tère tchoungyouen^ au printemps, premier mois, le roi du pays des Wo nou « esclaves de Wo », pays compris parmi ceux des Barbares Orientaux (Toungi), envoya une ambassade apporter des présents. »

Le Japon, comme je Tai dit, était déjà en

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relation avec le con-iineat asiatique depuis près d^un siècle, puisque la première ambassade étrangère qui soit venue dans cet empire, celle de l'état de Mimana, avait été reçue par le mikado Mi maki iribiko Imijre en l'an 33 avant notre ère. Ces rapports de la Chine avec le Japon, à cette époque, sont d'ailleurs mentionnés par les auteurs chinois eux-mêmes.

Le Japon, dit le Toungi lieh-tchouen, comprenait à cette date plus de cent koueh, mot qu^il ne faut pas traduire ici , comme on le fait habituellement, par a royaumes », mais par « principautés » ou « territoires féodaux »; et, depuis la conquête de la Corée par Pempereur Wou ti, des Han (io8 avant notre ère\ une trentaine de ces principautés avait engagé des relations avec la Chine.

Au dessus des princes féodaux, il y avait, au Japon, un roi suprême, le « Grand Roi de Wo y> (Ta Wo-wang) qui habitait le Ya-ma-taï, c'est-à-dire le Yamato, et non le Ye-yen-taï^ comme on Va écrit à tort dans les éditions du Wen-hien toitng^

(Fig I.) (D'api tî U Hoang-Uing Icliih-kouag-tou .)

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kao dont on possède des exemplaires en Europe ^

Suivant cette relation, les Japonais de cette e'poque avaient Thabitude de se tatouer. Ils se faisaient sur le visage des marques appelés king, c^est-à-dire des stigmates analogues à ceux des condamnés, et ils se couvraient le corps de dessins-, Leyz/z-^en/raoqui,àrinstarderœuvre de Ma Touan-lin, néglige d'indiquer les époques auxquelles se rapportent les renseignements qu'il a recueillis, donne cette pratique comme une des coutumes caractéristiques de la nation japonaise :

« Les hommes de ce pays, dit-il, se séparent les cheveux en deux touffes pour les réunir en chignon ^; ils se font des mar-

: Ces princes portaient le nom de Wang « roi *. C'est évidemment ce qui a fait dire aux historiens Chinois que le nom de famille des souverains du Japon était Wang. (Voy., pour l'élucidation de ce fait, que je n'ai pas la place nécessaire pour discuter ici, le Pien-i-tien, livr. xxxiii, p. i5 et pass.)

2. Les femmes se tatouaient également le corps {Pien-i" tien, libr. cit , p. 17).

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