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3. Ainsi que l'a supposé avec raison M. le marquis d'Hervey, c'est à tort qu'il est fait mention des chifires 54 ou 6+ dans l'Ethnographie de Ma Touan-lin. Le texte original, dont ce dernier auteur a donné une copie textuelle , porte simplement « soixante-quatre générations » Pien-itien, livr. xxxiii, f» 27).
de Tao-jen, lequel nous en a conservé une liste intéressante à comparer avec celles qui ont été adoptées par les historiens japonais.
En tête de cette liste, figurent les souverains célestes et terrestres des âges mythologiques, et tout d'abord le Dieu appelé en chinois Tien-yu-tchoung-tchou, dénomination qui répond à celle du Naka^ nusi des Japonais ^.
Ce Naka-misi est, à mes yeux, le Dieu Suprême de Tantique religion des Japonais, religion qui devait être primitivenîient monothéiste et qui n'est devenue un polythéisme qu'à la suite d'altérations dans ses principes fondamentaux. J'ai signalé ailleurs l'identité de Naka-nusi avec V Ame no kami « le Dieu du Ciel », au-
I. Quelques auteurs japonais soutiennent que le premier mikado n'était pas Tempereur Zin-mu, et qu'avant lui soixante-treize princes ont régné sur le Japon, à partir d'Ugaya-fuki-awasesu-no mikoto. Un savant du pays, M. Kira Yosi-kazé assure que vingt-six tombeaux de ces souverains ont été retrouvés (Vye-tufumi seô-yeki, t. I, piélimin., p. 2).
ETHNOGRAPHIK DES CHINOIS
quel les autres dieux du panthéon secondaire de Yamato sont absolument subordonnés. Lorsque les deux rei, créateurs des mondes et de tous les êtres terrestres, le divin I:{a'nagi et la divine ^a-nami n'obtinrent, au début de leur œuvre, que des créatures défectueuses, c'est à ce Dieu Suprême qu'ils vinrent adresser leur supplique et solliciter des instructions pour aboutir à des résultats meilleurs; et lorsque les créations d'Iza-nagi furent terminées, c'est également à ce maître de Tunivers qu'il alla rendre compte de la c mission » qui lui avait été confiée.
Cependant le dieu Naka-nusi qui avait été placé au début du /îTo-çz A:/, « Relation des choses anciennes » ^ le premier des
I. J'ai inséré, avec une traduction française et un commentaire, les chapitres du Ko-^i Ari relatifs à Naka-nusi et aux grands dieux primitifs du panthéon japonais, dans les Mélanges Orientaux publiés par les professeurs de TEcole spéciale des Langues Orientales à l'occasion du VII* Congrès international des Orientalistes. Depuis lors, M Hall Chamberlain a fait paraître une traduction complète du KO'ii ki, dans le X» volume des Transactions of the Asiatic Society o/Japan.
Livres sacrés du Japon, ne fut point maintenu à cette place suprême lorsque, quel • ques années après la publication de cet ouvrage, les Japonais voulurent en donner une recension nouvelle, d'une lecture plus intéressante et d'un style plus conforme au goût de Tépoque, sous le titre de Yamato bumi ou Ni-hon Syo-ki « la Bible du Japon ». Un autre personnage, appelé Kuni-toko'tati-no mikoto, figure dans ce dernier livre, comme le dieu primitif de la religion siiitauïste; et depuis lors, le dieu Naka-nusi n'apparaît plus qu'exceptionnellement à la place qui lui appartient dans les ouvrages religieux et populaires des îles de l'extrême Orient.
Le KO':{i ki est de huit années plus ancien que le Yamato bumi. Bien que ces deux livres puissent être considérés comme des livres contemporains, les circonstances qui ont motivé la composition du second, les variantes qu'il reproduit consciencieusement, mais qui n'empêchent pas qu'on reconnaît par le texte principal
la doctrine que le rédacteur a considérée comme la plus orthodoxe, pourraient faire croire que, pour des motifs qui nous sont inconnus, Pidée de placer au rang suprême et primordial le dieu Naka-nusi sl été bientôt abandonnée dans les sphères gouvernementales oîi s'accomplissait le travail de restauration des anciens livres sacrés du Japon. Le Rapport du bonze Tao-jen nous prouve qu'il n'en est rien, et que, plus de deux siècles après la mise au jour du Yàmato bumi, la doctrine religieuse qui place à l'origine du monde le Dieu Suprême Naka-nusi était encore en vigueur dans le pays de Yamato.
Par suite de la transposition des noms de Naka-nusi et de Kuni-toko-tati-no mikoto, Tordre de succession des dieux primitifs du Japon n'est pas le même dans les différents textes originaux de la religion sintauïste. Cette succession, également modifiée dans la liste de Tao-jen, mériterait d'être Tobjet d*une étude spéciale que je me propose d'entreprendre lorsque j'aurai achevé la publication fran-
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çaise du Yamato bumi ^ Je me bornerai donc à présenter ici quelques remarques à ce sujet, et je m'occuperai ensuite de Pexamen de la liste des empereurs qui me paraît susceptible d'observations dont les japonistes apprécieront peut être l'opportunité.
Le quatrième nom de divinité que nous cite le Rapport de Tao-jen est celui du dieu Tien-mi-wen-tsun. Ce nom a été omis dans la compilation de Ma Touanlin 2. On trouve d'autres erreurs assez graves dans cet ouvrage : le 5® dieu est écrit Tien-jin-tsun, au lieu de Tien-jinchin^'tsun 3; le 8« Li-tsaL-hoen-tsurij au
1 . Kami-yo-no maki. Histoire des Dynasties divines, publiée en japonais^ traduite pour la première fois sur le texte original, accompagnée d'une glose inédite composée en chinois et d'un commentaire perpétuel rédigé en français, par Léon de Rosny Paris, Ern Leroux éditeur, 1S84, 4>r. in-8». — Partie I, la Genèse; partie Jl, le Règjie du Soleil, (Couronné par l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.)
2. Traduction de M. le marquis d'Hervey de Saint-Denys (Ethnographie des peuples étrangers, p. 98).