Ouvrage cité, p
quelque part du côté du territoire de TAlaska ou au beau milieu de l'Océan Pacifique! Il y a évidemment là une erreur ou même une contradiction formidable entre deux passages du même document chinois.
Si maintenant on admet que le // dont il est parlé dans le texte reproduit par Ma Touan-lin est infiniment plus petit que le // actuel, on arrive à une solution moins radicale; mais la contradiction signalée n'en subsiste pas moins. Ce // extrêmement petit serait peut être celui auquel on fait allusion quand on raconte que l'arbre /m du Fou-sang (la prétendue Amérique de quelques savants et amis du merveilleux), avait un tronc de 3oo // *.
On a probablement entendu par là, que cet arbre avait 3o lieues de hauteur ; je me trompe : on a voulu dire une sottise, et on Ta dite. Il en a été de même dans une foule d'anciennes notices chinoises
I. Voy. le savant ouvrage de M. Edward P. Vining, An inglorious Columbus, p. 66b.
sur les pays lointains et peu connus. Ces notices peuvent fournir, et fournissent certainement, des faits du plus haut in* térêt pour l'érudition ; mais il ne faut les lire qu'avec de grandes réserves, et se méfier surtout des évaluations de distance qui y sont données.
J'ajouterai à cette courte étude sur la valeur du // dans les anciens auteurs chinois, étude qu'il me serait facile de donner avec beaucoup plus d'exemples et de détails, quelques mots sur la signification du mot /ang « carré », dans les évaluations, non plus des distances, mais des superficies territoriales.
Le mot fang, suivant le Dictionnaire de Basile, signifie « carré, angle, lieu, pays,... côté ». Sous sa forme primitive, donnée par les étymologistes indigènes, il désigne « deux barques réunies », et s'em ploie également dans le sens de « voie ».
Avec la signification de ^ carré », il est employé pour exprimer des superficies agraires; mais il ne doit pas toujours être traduit de la même façon, s'il précède ou
SUR LA VALEUR DU Ll 87
s'il suit le chiffre auquel il se rapporte.
M. le marquis d'Hervey, dans sa belle et savante traduction de Ma Touan-lin, s'exprime ainsi qu'il suit ' à propos de la superficie du territoire coréen des trois Han : « Je traduis 4 000 // en carré, et non pas 4 000 // carrés (ce qui serait une manière de compter inusitée à la Chine).
Cette expression reviendra fréquemment; il est bon d'en préciser le sens, la première fois qu'elle se présente. Par une fiction qui se rattache au mode de diviser les domaines féodaux dans Paniiquité, le territoire dont il s'agit d'évaluer approximativement la superficie est supposé ramassé en quelque sorte, de manière à former un carré (fang), et le chiffre donné représente la somme totale de ses quatre côtés.
La version mandchoue des œuvres de Meng-tsze, où l'expression fang est souvent employée, rend cette expression par chou\deme « in circuitu ».
Je crois que le mot fang^ dans les an-