I . Waï'/an young-mao tou-hoa, 2 vol. in
des informations du genre de celles-ci :
< Les Français aiment la guerre; leur puissance militaire est considérable; leur pays, propre à la culture de toutes sortes de végétaux, est opulent. — Les Polonais forment une nation belliqueuse qui pos* sédait naguère des souverains particuliers, mais qui, à la suite de guerres malheureuses, est tombée sous la domination de la Russie. — Dans ce dernier pays, il s'est élevé jadis un homme du nom de Pe-teh" huit (Pierre-le-Grand), qui a développé à un tel degré la condition militaire de la Russie, que la puissance de cet empire est devenue incomparable à celle des au« très états européens. »
Dans un ouvrage de géographie universelle composé par un préfet du Fouh^ kien, il est dit que la France était un pays florissant sous le règne de Louis Philippe, mais que le peuple reprochait à ce roi d'aimer trop l'argent!
Je me bornerai à ces quelques citations faites seulement pour donner un aperçu des idées enfantines, mais en somme assez
CONSIDERATIONS PRELIMINAIRES g
vraies, que les écrivains de rextréme Orient ont recueillies, pour leurs livres, dans le commerce des Européens. Il est peu douteux qu'aux temps anciens ils aient procédé suivant le même système; mais tel fait, qui est insignifiant pour nous, quand il se rattache à l'histoire des pays dont nous connaissons les annales de point en point, acquiert une valeur réelle quand il se rapporte à des contrées qui ont joué un rôle important dans le développement social des régions lointaines que trop souvent nous ne connaissons guère que de nom.
Les documents fournis au gouvernement Chinois par les ambassadeurs étrangers et par les missions politiques er militaires envoyées par les Fils du Ciel en dehors des frontières de leur empire, sont devenus tellement volumineux, que les savants indigènes ont bientôt jugé opportun de les résumer pour la composition de grands ouvrages ethnographiques.
C*est ainsi qu'ont vu le jour la grande collection du Pien-itien, l'encyclopédie
lO ETHNOGRAPHIE DES CHINOIS
de Ma Touan-Un, intitulée Wen-hien toung-kaOy dont la publication originale remonte à l'année i322 \ et plusieurs autres ouvrages d'une utilité également considérable pour nos études. Ces ouvrages consistent, en général, dans la reproduction plus ou moins abrégée, mais d'ordinaire textuelle, des documents insérés dans le recueil des Historiens officiels *. D^autres livres, destinés à renseignement populaire, tels que le San-tsaï
1. M. le marquis d'Hervey de Saint-Denys a entrepris la traduction de toute la partie ethnographique de cette belle encyclopédie ; deux volumes de traduction ont déjà été publiés à Genève dans VAtume gusa de M. Fr. Turettini. (Ernest Leroux éditeur, à Paris )
2. Le recueil des historiens de la Cliine^ en tête duquel sont placés les Sse-ki, ou Mémoires du célèbre historiographe Sse-ma Tsien, comprend 24 ouvrages (jusqu'à la fin de la dynastie des Ming, 1643), qui forment un total de 3,264 volumes. Parmi ces ouvrages, les Annales des premiers Han (^Tsien Han-chouJ^ de Pan-hou et les Annales des Han postérieurs (Heou-Han ChouJ, de Fan-yeh, nous fournissent la plupart des renseignements sur lesquels reposent nos connaissances des peuples voisins de la Chine, dans les temps les plus reculés. Les Mémoires historiques de Sse-ma Tsien et les Annales des Han n'ont été traduits dans aucune langue européenne.