‹ Les peuples orientaux connus des anciens ChinoisChapitre 5 sur 87 · CONSIDERATIONS PRELIMINAIRES I I · texte numérisé non relu

CONSIDERATIONS PRELIMINAIRES I I

tou-hoeï\ dont nous connaissons surtout en Europe, sous le nom de grande encyclopédie Japonaise, l'édition publiée en 17 14, par Sima Rau-an, avec d'intéressantes additions, nous offrent la condensation, en quelques pages, de ces documents, ou, en d'autres termes, la reproduction des faits les plus saillants qu'ils renferment.

On pourrait supposer, par ce qui précède, que Tethnographie de l'Asie Orientale peut être aisément élucidée par la traduction de quelques-uns des ouvrages dont nous venons de parler. Il en serait ainsi, sans doute, si nous possédions déjà la synonymie des noms historiques, géographiques et ethnographiques chinois avec les noms sous lesquels nous sommes habitués à désigner les peuples de l'Orient ; si, enjfin, nous connaissions dès l'abord l'habitat des hordes, tribus et nations qui sont mentionnées dans les livres de la Chine. Ce travail de synonymie, de localisation, présente des difficultés sérieuses, et il est temps qu'il soit entrepris d'une

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façon méthodique et continue. Klaproth, Abel-Rémusat, Stanislas Julien, et quelques autres sinologues, ont déjà apporté à ces recherches le concours de leurs lu> mières et de leur érudition. Je crois avoir trouvé, dans le cours des études que j^ai entreprises, depuis une dizaine d^années, pour la composition d'une Histoire de la race Jaune, quelques identifications nouvelles, de nature à intéresser les ethnographes et les sinologues. Je les soumettrai, dans ce Mémoire, au jugement éclairé des uns et des autres.

Les limites extrêmes du monde contiu des Chinois, au moyen âge, me paraissent . être :

Au nord, la Sibérie méridionale et le Kamtchatka:

A l'est, les îles Kouriles, le Japon, Tarchipel Loutchouan et celui des Philippines;

Au sud-est, Bornéo et les Célèbes;

Au sud, Java, Sumatra et Ceylan ;

A l'ouest, TArabie, la Perse et les populations riveraines de la mer Caspienne.

CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES l3

En dehors de ces limites, quelques érudits ont cru reconnaître, parmi les pays connus des anciens Chinois, Tempire Romain, identifié avec un certain royaume de Ta-tsin \ et l'Amérique, qu'un religieux chaman aurait découverte au v« siècle de notre ère et appelé Fou-sang '.

Ce mémoire étant exclusivement consacré à rétudedes données chinoises relatives aiix royaumes situés à Test et au sudest de la Chine, je n'ai pas à m'occuper ici du Ta tsin. Mais il semblerait naturel que j'admette dans le cadre de mes recherches la question de Fou-sang. Cette question, soulevée tout d'abord par Deguignes, paraissait abandonnée de Térudition, lorsque dans ces derniers temps plusieurs savants ont jugé opportun de la ress,usciter. D'énormes écrits ont paru dans le but de prouver que, dès le V- siècle, les Chinois avaient eu connaissance

de FAmérique. Je ne saurais trouver ici la place nécessaire pour les discuter. Ailleurs', j'ai euToccasion de piésenter quelques-uns des motifs qui me laissaient sceptique au point de vue des identifications merveilleuses qu'on a voulu faire de certains pays vaguement indiqués dans les historiens de la Chine avec le Nou* veau-Monde en général, ei même avec le Mexique en particulier. Ces motifs, il m'eût été facile de les donner avec un plus grand développement, mais je ne crois pas que le problème qu'on a soulevé à l'occasion de ce fameux Fou-sang mérite les énormes frais d'érudition qu'on a déjà faits en son honneur. Dans ma pensée, le Fou-sang ne doit pasétre identifié plutôt avec le Japon, comme l'a voulu Klaproth, qu'avec l'Amérique, comme le pensent de Deguignes, M. le marquis d'Hervey de Saint DenySjM, Leland, etc 2. C'est pure-

1 , Dans les Archives de la Société Américaine de France, seconde sérient. NI, p. igi ; dans le:. Mémoires de la Société des études Japonaises, t. IV, p. 234; etc.

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