‹ Les peuples orientaux connus des anciens ChinoisChapitre 6 sur 87 · II vient de me tomber sous le> yeux un nouvel ou · texte numérisé non relu

II vient de me tomber sous le> yeux un nouvel ou

CONSIDÉRATIONS PRELIMINAlUES I 5

ment et simplement un pays fabuleuxet imaginaire, comme le célèbre Pong- /aï des anciens Chinois, comme le pays de Lilliput, dans les voyages de Gulliver.

Pour ne pas être accusé, cependant, de répondre par une fin de non recevoir aux efforts si laborieux des savants qui veulent à toute force que les Chinois aient connu l'Amérique bien des siècles avant Christophe Colomb, je dirai que, parmi les arguments soulevés en faveur de cette thèse retentissante, le plus important est celui qui repose sur la distance qui sépare dans la direction de l'est la Chine du pays de FoU'Sang» Or, d'une part, je crois être à même, d'établir que les anciens Chinois ont fait les plus énormes erreurs dans leurs évaluations des distances ; qu'ils ne

vrage relatif à la question du Fou-sang et qui a pour titre An inglorious Columbus iNew-York, 188'» ; un vol. in 8'). L'auteur, M. Edward P. Vining, a fait une œuvre d érudition qui dénote un excellent esprit de recherche. Son livre sera souvent consulté, même par ceux qui, comme moi, se refusent d'adhérer à ses conclusions-

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posssédaient d'ailleurs pas les données scientifiques nécessaires pour être exacts; que le religieux auquel on attribue la découverte de rAmérique n'avait eu aucun moyen de savoir à quoi s'en tenir sur Tétendue des régions qu'il prétendait avoir visitées ; et que quand bien même son voyage ne serait pas absolument légendaire, on resterait dans l'impossibilité absolue de savoir où était placé le Fou-sang.

J'ajouterai enfin qu'on s'est étrangement mépris au sujet de la longueur de la // ou mesure itinéraire des Chinois; que cette mesure était à certaines époques beaucoup plus petite qu'elle ne Test aujourd'hui, qu'elle a fréquemment varié d'étendue; et qu'en tenant compte des indications les moins vagues que renferment les auteurs indigènes sur les évaluations linéaires, on arrive à des chiffres qui affaiblissent terriblement les beaux calculs à l'aide desquels on a transporté Hoeï-chin au delà de l'Océan Pacifique.

J'aurai l'occasion de fournir plus loin quelques renseignements sur la valeur

CONSIDÉRATIONS PRÉUUINAIRES ty

du li extraits de documents originaux, et je me propose de discuter plus tard cet important problème dans un travail spécial.

LES AINO OU KURU

LES peuples situés à l'est de la Chine sont ceux dont l'identification onomastique a présenté le moins de difficulté, par ce fait très simple qu'ils sont relativement peu nombreux et que, par leur situation maritime, ils ont été les premiers connus des voyageurs européens.

Sous le nom générique de toung-i ^ a Barbares de PEst », les auteurs chinois ne désignent pas toujours les mêmes peuples. Tantôt cette expression embrasse toutes les nations qui habitent sur la rive

ETHNOGRAPHIli: DES CHINOIS

orientale de la mer Bleue, et parfois même de la mer de Chine; tantôt elle désigne spécialement les Atno, dont les divers rameaux se sont répandus non-seulement dans la grande île de Nippon, à Yézo et aux îles Kouriles, mais encore sur la zone maritime continentale de la côte de Tartarie.

Le mot aîno n'est pas , à proprement parler, un nom de peuple : dans la langue des insulaires de l'archipel situé au nord du Japon, il signifie • des hommes », tout comme le mot kuru, d'oti est tiré le nom des îles Kouriles ^

On emploie également, pour désigner les Aïno, surtout ceux de Yézo, les noms de H ta- i « Barbares à crevettes », et de Hoeh-fouh « les Hommes vêtus pour la chasse ». Comme ces peuples sont extré* mement velus, on les a nommés aussi mao'jin * « hommes à poils ». Leur pays.

1. Une foule de peuples, tant de l'ancien que du nouveau continent, n'ont jamais eu d'autre nom pour se désigner eux-mêmes qu'un mot signifiant « hommes ».

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