‹ Les peuples orientaux connus des anciens ChinoisChapitre 69 sur 87 · Année ^07 de notre ère · texte numérisé non relu

Année ^07 de notre ère

2o6 ETHNOGIUPHIK DES CHINOIS

tchou-sse Wang Kiun-tching offriient à l'empereur de se rendre en ambassade au Siam. L'empereur en éprouva une grande joie. Il donna à Tchang-tsun, et à chaque personnage de sa mission, cent pièces de soie, et lui envoya cinq mille cadeaux pour le roi de Siam.

c Cette même année, le dixième mois, Tsun s'embarqua avec sa suite au Nari' haï'kiun. Après êire resté sur mer deux décades (20 jours et nuits), et avoir joui d'un vent favorable, il arriva à Tsiaochih'Chan; puis il passa au sud-est et toucha à l'ouest de l'île de Ling-ka-pok-pahtOj qui fait face au pays de Lin-i, Sur la hauteur, il y a un temple.

« De là, naviguant dans la directioa sud, il arriva à Sse-ts^e-chi 1, et rencontra ensuite des îlots très rapprochés les uns des autres.

« Puis il poursuivit sa route pendant deux ou trois jours, et aperçut vers l'ouest

t Ou plus exactement Singha-cîld, d'après une variante qui m'est fournie par le Koitang-toun'^ Touiig-tchi

(Fig 12.) SIAMOIS

208 ETHNOGRAPHIK DKS CHINOIS

les montagnes du royaume de Lang-yasiu. Sur ce, il contourna, au midi, l'île de Ki-loung, et atteignit aux frontières de Siam

« Le roi de Siam envoya le brahmane Kumâra avec trente barques à sa rencontre. On sonna de la conque et on battit du tambour, pour témoigner à Tarnbassadeur de Chine des sentiments de joie.

Puis on apporta une chaîne d'or pour amarer le navire de Tchang-isun. Au bout d'un mois, celui-ci arriva à la capitale. Le roi de Siam envoya son fils le Na-ya-ka * recevoir Tchang-tsun et le complimenter. Des gens vinrent tout d'abord lui offrir des plais d'or, des fleurs parfumées, des miroirs, des aiguilles de tète, de Thuile aromatique, huit vases d'or, de l'eau odorante, quatre pièces d e-

I Nous avons vu plu-s haut que N*a-ya-ha était le titre d'un fonctionnaire publip établi dans chaque ville du Siam. 11 n'y a pas à douter cependant qu'il s'agisse ici du fils du roi de 'l'chih-tou, et je pourrais citer, au besoin, plusieurs auteurs chinois très autorisés qui viendraient appuyer cette atïïrmation

toffe blanche pour servir à la toilette des ambassadeurs.

■ Ce même jour, à deux heures, le Naya-ka vint, en outre, a la rencontre de l'ambassade avec deux éléphants el des parasols en plumes de paon. Puis il envoya des vases d'or ornementés, pour recevoir les missives de P Empereur de Chine. Des hommes et des femmes, au nombre de cent, jouaient dj la conque et du tambour. Deux Brahmanes servirent de guides à la mission jusqu'au palais du Roi.

« Tchang-tsun et sa suite présentèrent avec respect la missive impériale à Testrade où siégeait le Roi, et au bas de laquelle tout le monde s^agenouilla.

« Quand la lecture des lettres impériales fut terminée, on introduisit Tchangtsun et SM suite qui s'assirent. Puis on joua de la musique indienne. La cérémonie terminée, l'ambassadeur chinois retourna à son hôtel. Le Roi lui envoya des brahmanes pour lui préparer sa résidence et lui offrir de la nourriture. La

2IO KTHNOGRAPHIK DKS CHINOIS

vaisselle était fabriquée avec des feuilles de plantes.

« Le Grand-prétre, à cette occasion, dit à Tchang-isun :

Aujourd'hui nous sommes les sujets d'un i;rand Rovaume; nous ne sommes plus [les hommes de la Terre- Rouge '.

Bien que ce repas soit frugal, je désire qu'il y soit pris part à la pensée du Grand Rovaume 2 ».

« Quelques jours après, Tchang tsun fut invité à un banquet. Suivant l'étiquette, on lui donna une escorte d'honneur pour l'accompagner, et on lui témoigna comme auparavant, toutes sorles d'égards. On établit, en face du Roi, deux sofas, sur le devant dt;squels on plaça un plateau fait en feuilles de plantes et d'une

1. On a vu plus haut que « Terre-Rouge » en chinois Tchili-tou, était la désignation primitive du Siam. Dans la pensée du Grand-Prêtre, cette désignation rappelait l'époque durant laquelle le Siam, qui ne s'était pas encore trouvé en relations avec la C'iine, n'avait pas acquis, par ce fait. Ij rang de grande nation civilisée.

Page 1