Peut-être le Siam et le Lao
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toutes sjrtes de produits. Depuis Tépoque di la dynastie mongole des Youen, le Sien n'a pas cessé d'envoyer le tribut à la cour de Chine.
L'iJeniiticaiion des rois Siamois cités par les historiens de la Chine avec ceux qui nous sont connus par les annales thaï ^ n'est pas sans nous causer d'assez grands embarras : on serait tenté de croire qu'il s'agit, dans les écrits chinois, de princes régnant dans des états vassaux du Siam plutôt que des souverains du Siam proprement dits.
Le roi, dont il est question dans la notice chinoise traduite plus haut, porte le nom de Kiii-tan, nom qui doit être identifié avec celui du bouddha Gautama, appelé en Indo-Chine P^ra-Khodom. Là encore, nous nous trouvons en présence d'une énigme quelque peu transparente, mais, pour le moment, assez difficile à expliquer. Faut-il y voir une réminis-
I. On trouvera une liste des rois de Siam, extraite du P'ong sa va-.dan Mûang nûa, dans ia Grammatica hliguœ Thai de D.-J.-B. Pallegoix.
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cence des origines bouddhiques, ou bien doit-on penser que les anciens maîtres du Siam cherchaient à naturaliser dans leur pays les traditions religieuses de la grande doctrine de Çâk3'a, en adoptant des noms indiens? Cette dernière hypothèse me paraît vraisemblable, car j'ai constaté que des noms de localités de Plnde avaient été transportés en Indo-Chine, à peu près comme les Anglo-Américains ont donné des noms de villes européennes à des cités récemment édifiées dans leur nouvelle pairie. Ne nous hâtons pas cependant de nous prononcer à cet égard.
L^ambassade chinoise envoyée au Siam, en Tan 607 de noire ère, remonte à une époque où les annales thaï nous font absolument défaut. Du moins, ces annales ne prennent le caractère vraiment historique qu'à partir du xiv^ siècle, et tout ce qu'elles nous rapportent des temps aniérieurs est tellement mêlé de fables qu'il ne sera possible d y découvrir quelques faits certains que lorsque la critique moderne aura soumis ce champ vierge de
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recherches à ses doctes et prudentes investigations. En outre, les dates fort rares qu'on nous donne pour cette période semi-historique, nous paraissent assez mal fixées. S'il était possible d'accorder créance aux récits du P'ong sava:^ dan, les relations du Siam avec la Chine seraient antérieures à celles que les textes chinois nous font connaître sous le règne de Yang'ti, de la dynastie des Soui (en 607 de notre ère). Un roi célèbre de Tépoque héroïque de l'histoiie de Siam, nommé P'ra Ruang, aurait invité au v« siècle Tempereur de Chine à venir prendre part à un concile dans lequel on aurait, entre autres sujets de délibération, procédé à la réforme du calendrier bouddhique et à la constitution d'une ère nouvelle. Le monarque chinois, n'ayant pas répondu à Tappel de P'ra Ruang, celui-ci se serait rendu en Chine où l'empereur, effrayé de la puissance des armées siamoises, n^aurait rien trouvé de mieux à taire, pour se débarrasser de son audacieux voisin, que de lui donner une de ses
filles en mariage 1. Ce récit paraît absolument fabuleux et inventé de toutes pièces.
Nous ne nous y arrêterons pas davantage.
N ous avons cité plus haut, et à une date postérieure à l'ambassade de l'empereur Yang-ti, qui se rendit au Siam en 607, une mission des pays de Po-li-lo-tchah et de Lin-i qui vint à la cour de Taïtsoiing, de la dynastie des Tang, pendant Tère tching'kouang (627-649). Le Siam envoya deux missions, à l'empereur Tching" tsoung de la dynastie mongole des Youen,
en 1297 et en 1299. Une mission est mentionnée sous le règne de Taï-t^ou, de la dynastie des Ming, en 1370. Suivant le Ming-yih toung-tchi^ le roi de Siam, à cette époque, désigné par les Chinois sous le nom de Tsan'Heh-tchao-pi-ya, se retrouve, dans les chroniques siamoises, sous cqIuï de Borommaratcha, En i373, une ambassade vient de nouveau du Siam apporter le tribut à l'empereur Tai-tsou.
I. Voy., pour plus de détails sur P'ra Ruang et son expédition en Chine, mes Etudes Asiatiques, p. 175 et sv.
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A partir de celte époque, les relations du Siatn et de la Chine deviennent de plus en plus fréquentes, et les identifications des noms de rois sont moins embarrassantes et plus sûres.
Lt Kouang'toungtoung'tchi, par exemple, nous apprend que la treizième année de Père young-loh (1415), le cinquième mois, mourut le roi de Siam Ing-tchi-loti~lah. Malgré la forme défectueuse de cette transcription, je n'hésite pas à y voir le nom du célèbre In^tha: ratcha, roi de Sup'annaburi et maître d'Atyuhaya. La' date précise de la mort de ce prince, que Pallegoix ne nous a pas fait connaître, est ainsi établie par les Annales chinoises.
L'année suivante (1416), le fils de ce prince fut proclamé roi, sous le nom de Sanglai Po'lo-mo Lah'tah'ti-rai ^ Dans ce nom,
I. Pien-i tien, livr. CI, p. i 5. — Les Annales siamoises nous disent que le fils dlntharatcha, le seigneur Sam, qui ^tait roi de Tchainat, succéda à son père, comme roi de Siam, en 1418, c'est-àdire deux ans après la date indiquée par les historiens chinois. Il est vrai que ces derniers ne disent pas que San-laï était déjà proclamé roi en 1 41 6^
on reconnaît celui du roi de Siam Borommaratchathirat, et dans les signes Sanglai, vraisemblablement Iç petit nom que portait ce prince (le seigneur Sam) avant son élévation définitive au trône.
La huitième année de l'ère hiouen-teh (1433), sous le règne de l'empereur Hiôuen'tsoung, de la dynastie des Ming, les annales intitulées Ming Waï-chi nous mentionnent un roi appelé Sih-li Ma-ohlai ^, qui envoya une ambassade à la cour de Chine pour lui offrir le tribut.
La onzième année de Tère tching-toung (1446), sous le règne de l'empereur Yingtsoung, les Ming Waï-chi citent une ambassade envoyée par un roi de Siam appelé SsC'li Po-lo-ma-no-joh^tchi-lah, que j'identifie avec le roi Borommatrai, élu en
La quatrième année de l'ère king-tai (1453), l'empereur King-ti donna l'inves-
mais au contraire qu'il reçut de la Chine Tinvestiture après avoir notifié le décès de son père.
I. Voy., pour la signification de Sih //, plus haut, p. 143, n.
titure au fils adoptif du roi Pa-lo-lan-mi" sun-lahf et le reconnut souverain du Siam ^ Ici encore une incertitude, car le fils de Borommatrai, suivant les annales thaï, aurait été P'ra Ramathibodi, que nous allons retrouver tout à l'heure.
La sixième année de Père tien-chun (1462), le roi de Siam P'iah Lan-lo-tchetchih-po'tchi, qui est évidemment P'ra Ramathibodi^ envoya un ambassadeur apporter le tribut à la cour de Chine (Ming Wai'ChiJ,
La dix-huitième année de Tère tchinghoa (1482), le prince héréditaire de Siam notifia à l'empereur de Chine la mort de son père, et obtint l'investiture,
La vingtième année de l'ère wanMh (iSqS), le roi de Siam demanda à Tempereur de Chine de lui prêter son assistance pour attaquer le Japon qui venait de battre les Coréens. Ce projet ne put pas être réalisé.
J'ai dit que le Tchih-tou devait être